Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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ASCENSION 2010


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  • 14 mai 2010

Hérode le grand vu par Théophile Lybaert (1848-1927) - 1883
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En préparant cette homélie, j’ai sous les yeux la figure du Saint Curé d’Ars, Jean-Marie VIANNEY. Plus précisément la statue dite du «  monument de la rencontre » où l’on voit un jeune garçon –un berger- qui, le 13 février 1818 rencontra son nouveau curé, Jean-Marie Vianney qui arrivait à Ars, village de 230 habitants dans les Dombes en suivant une carriole contenant ses quelques affaires. Sans doute connaissez-vous la célèbre réponse du Curé d’Ars au jeune Antoine Givre qui venait de lui indiquer le chemin du village :

« Tu m’as montré le chemin d’Ars ; je te montrerai le chemin du Ciel. »

Frères et sœurs, vous avez compris pourquoi je vous rapporte cette célèbre apostrophe du Saint Curé d’Ars en ce jour d’Ascension. C’est parce qu’il y est question du « ciel ». Le «  ciel », autrement dit « Dieu »(pensez à la prière du Notre Père : « Notre Père qui es aux cieux... » en Matthieu 6,9), la «  vie en Dieu » ou comme dirait Saint Matthieu « Le Royaume des cieux ».

2-
Je connais pour ma part pas mal de gens qui ne partagent pas notre foi (qui « ne croient pas au ciel » comme disaient naguère les communistes en distingant ceux qui y croient et ceux qui n’y croient pas) et qui face à l’Ascension vous diraient amusés : « Ah oui, l’ascenseur..., parce qu’il l’avait déjà inventé ! » Ou encore : « L’Ascension, c’est lorsque le Christ muni d’on ne sait quel turbo réacteur s’est envolé dans le ciel ! » Toute notre tradition artistique montre pourtant à souhait depuis des siècles les apôtres et souvent la Vierge Marie avec eux levant les yeux pour voir disparaître le Christ porté par les créatures célestes par excellence que sont les anges...
Hérode le grand vu par Théophile Lybaert (1848-1927) - 1883 Beaucoup, il faut le redire, sont mal à l’aise avec ce qui leur apparaît un mythe. Certains se souviennent que le patriarche Hénoch (cf. Genèse 5,24) et le grand prophète Elie (cf. 2 Rois 2,11 et ss) selon la tradition biblique étaient déjà, avant le Christ, montés aux cieux. Dieu pour ainsi dire « signant de ses deux mains » la sainteté de leur parcours terrestre en ne les retenant pas dans les affres de la mort, c’est-à-dire sous terre. Quelques-uns font remarquer que dans la religion civile des Romains la « divinisation » de l’empereur s’apparentait à un « rapt céleste » pour mieux attester de sa grandeur et pour mieux asseoir le culte qui devait donc ensuite lui être légitimement rendu. Les premiers chrétiens ont pour certains payé de leur vie leur refus de satisfaire à cette obligation, souvenons-nous en...

Il n’est donc peut-être pas inutile ici de rappeler que dans son Ascension le Christ qui s’élève le fait avec son corps déjà ressuscité –qui est bien le sien, mais qui est aussi déjà transfiguré depuis quarante jours. La présence du cierge pascal allumé depuis Pâques dans le choeur de l’église à côté du livre de l’Evangile et de l’Autel atteste cela : Christ est ressucité, Il est debout ! En effet entre Pâques et l’Ascension, c’est bien le Christ ressuscité qui apparut à de multiples reprises à ses disciples qui le reconnurent difficilement au début et qui ne purent jamais le retenir (souvenez-vous de l’épisode fameux de Marie-Madeleine préoccupée de retrouver le corps mort de Jésus et donc qui n’est pas prête à découvrir le Ressuscité car en fin de compte, elle préférerait tenir, « retenir » entre ses mains un corps mort car de cela au moins elle est sûre ! Cf. Jean 20,15.17)

Le Christ dans ses apparitions pascales leur fait comprendre le sens de son existence et de son sacrifice qui a conduit à sa Résurrection. Au commencement du Livre des Actes des Apôtres que nous lisons aujourd’hui tout comme dans l’Evangile selon Saint Luc, Il leur promet qu’ils seront bientôt « baptisés (plongés, immergés) dans l’Esprit Saint » (Actes 1,5) et qu’ils seront « revêtus d’une force d’en haut » (Luc 24,49) ; Alors vient la conclusion : « Ils le virent s’éleveret disparaître à leurs yeux dans une nuée. » (Actes 1,9) « Il se sépara d’eux et fut emporté au ciel. » (Luc 24,51)

Nous sommes fascinés par cette idée du ciel. Ne nous intéressons-nous pas d’ailleurs à toutes les recherches en cours nous montrant ces magnifiques images des confins de notre univers grâce à des techniques toujours plus sophistiquées même si, comme le disait Pascal, « ces espaces infinis nous effraient... » Pourtant, en même temps nous refusons cette idée du ciel –au moins certains- parce qu’elle nous apparaît décidément trop naïve donc dépassée.

Mais, observez plutôt les verbes qui accompagnent cette notion du « ciel ». Les verbes s’élever et se séparer . Je vous l’ai dit plus d’une fois et me permets de vous le redire encore aujourd’hui les vocables de l’élévation dans le Nouveau Testament désignent par excellence la réalité de la résurrection du Christ. Si le Christ debout, si le Christ qui s’élève est le Ressuscité qui, dans sa Pâques, a traversé le mal, la souffrance, la mort et le néant, alors c’est que sa victoire sur toutes ces forces est définitivement accomplie (cf. 1 Corinthiens 15,55). Les portes de la mort ne prévaudront pas. (cf. Matthieu 16 18)

J’aimerais dire aussi un mot au sujet de la séparation. Les jeunes, mais aussi beaucoup d’adultes, je pense par exemple à toutes ces foules qui se livrent au dieu football, vous diront qu’ils communient ensemble dans un grand rassemblement où tout le monde semble être à l’unisson. Nous autres chrétiens devons toujours faire attention à ne pas instrumentaliser ce goût de la fusion collective dans nos rassemblements y compris dans nos messes et grands rassemblement festifs (je pense ici au FRAT ou aux JMJ que je connais bien). Nous devons aussi en même temps proposer aux personnes d’échanger et de partager pour trouver sens en refusant la seule fusion collective !

Toute la Bible nous dit que Dieu a créé l’univers en s’opposant au tohu bohu primordial (cf. Genèse 1,2) lequel n’est que fusion, confusion et mélange. C’est ainsi qu’Il a ordonné l’univers par sa parole et par son souffle en séparant le ciel et la terre, les eaux d’en haut et les eaux d’en bas... (cf. Genèse 1,2-3 et ss). La séparation bien loin d’être rupture et oubli de la terre par le ciel met au contraire en place, ordonne afin que chacun puisse advenir et exister comme le dit par exemple le Psaume 57(verset 6) :

« O Dieu, élève-Toi sur les cieux ! Sur toute la terre Ta gloire ! »

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Et si l’Ascension était l’ultime élévation, la parfaite élévation du Vivant par excellence qu’est le Christ, le grand prêtre qui n’offre rien, parce que, bien mieux Il s’offre lui-même et sans condition !

Et si l’Ascension était de la part du Christ la livraison de ce monde à ceux qui, tout en se réclamant de Lui, ne le retiennent pas... autrement dit : nous !, à ceux qui acceptent d’entrer dans la « voie nouvelle et vivante qu’Il a inaugurée. » (Hébreux 10,20)

Dès lors frères et sœurs sur nos chemins terrestres comme il est bon de savoir nos vies orientées ! Comme il est bon de sans cesse accueillir avec reconnaissance Celui qui vient du Père des cieux et qui y est retourné, accomplissant ainsi sa mission et nous désignant la nôtre. Comme il est bon de se laisser envelopper, mieux habiter par l’Esprit Saint promis et maintenant advenu : c’est précisément le don du ciel à ceux qui, disciples du Christ, ont les pieds sur terre ! Comme il est bon, en effet, pour les disciples du Christ de lever les yeux vers le Ciel parce que nous lui devons tout. Mais, comme il est bon également de garder les pieds sur la terre qui nous est confiée par Dieu !

Oui, sur terre le Ciel est advenu en Jésus Christ et nous y tenons fermement. Nous n’avons pas à vouloir quitter cette terre qui serait opposée par principe au Ciel dans une sorte de manichéisme funeste et fort peu chrétien pour tout dire. Malgré les horreurs que charrie toute notre histoire humaine depuis des siècles, malgré nos peurs et le « mystère de l’impiété » (cf. 2 Thessaloniciens 2,7) qui continue de rôder : «  Continuons sans fléchir d’affirmer notre espérance car Il est fidèle Celui qui a promis » (Hébreux 10,23). Oui, nous ne sommes pas « orphelins » (cf. Jean 14,18) car à la Pentecôte nous a vons été revêtus de l’onction céleste, l’Esprit Saint à l’origine de l’Eglise et qui l’accompagne tout comme notre monde encore dans les « douleurs de l’enfantement ». (cf. Romains 8,)

Bonne fête de l’Ascension !

Père Stéphane AULARD


Photos :
- le monument de la rencontre à Ars
- l’ascension, vitrail de Notre-Dame du Rosaire
- "Noli me tangere" de Fra Angelico, Marie-Madeleine et le Christ ressuscité



Homélies antérieures



- A Notre-Dame du Rosaire le dimanche : 9h messe tridentine, 11h, 18h messe des jeunes, samedi : 18h

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- A la Chapelle St-Joseph le dimanche 9h30

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