Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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Actes d’amour


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  • Daniel Roblot
  • 27 avril 2011
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HOMELIE DU JEUDI SAINT
21 avril 2011

Ce soir, c’est à un repas que nous sommes invités (ici, dans cette église NDR), à un repas auquel sont conviés partout dans le monde les chrétiens, car tous les chrétiens sont appelés le Jeudi Saint à faire mémoire des actes d’amour qu’évoquent les 3 lectures que nous venons d’entendre, des actes qui témoignent tous les 3 d’un amour infini, qui va bien au-delà de tout ce que l’on peut imaginer :

  • Acte d’amour de Celui, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, qui veut libérer Israël, le Peuple Elu, de la condition de servitude qui était la sienne en Egypte.
  • Acte d’amour de Celui, le Seigneur Jésus, qui, avant de mourir dans des conditions atroces, prend tout son temps pour un dernier repas avec ses disciples, repas au cours duquel Il se donne en plénitude, en leur offrant son corps et son sang sous les espèces du pain et du vin.
  • Acte d’amour de Celui que les disciples appellent à juste titre « Maître » et « Seigneur » et qui, pendant ce repas pris avec eux, décide de se mettre une dernière fois à leur service en leur lavant les pieds (un geste que seuls les esclaves étaient tenus de faire pour leurs maîtres). Tous ces actes d’amour sont au cœur de notre vie de chrétiens.

Le 1er acte d’amour dont il est question dans la 1ère Lecture d’aujourd’hui (un passage du Livre de l’Exode) est celui du Dieu-Libérateur qui indique à son Peuple comment faire pour éviter le châtiment qui attend ceux qui, en Egypte, ont traité les Hébreux comme des esclaves.

PDFPar l’entremise du Prophète MOISE, Il fait dire à la communauté d’Israël qu’il lui faut se préparer à partir, à quitter l’Egypte, et Il lui donne des instructions précises : il faudra d’abord organiser dans chaque famille un repas dont le plat principal sera un agneau (un mâle sans défaut, précise le Livre de l’Exode, ce qui n’est pas sans évoquer pour nous le Christ) ; et, pour préparer ce repas, on immolera cet agneau au coucher du soleil ( à quelque chose près à l’heure où nous-mêmes, nous sommes invités à partager le repas eucharistique ou à nous y associer) et l’on en recueillera le sang pour l’appliquer sur les portes des maisons où l’on mangera. Ce sera le signe de la présence des membres de la communauté d’Israël qui, ainsi, échapperont au fléau réservé aux Egyptiens en raison de leur comportement ; ce fléau, c’est l’extermination des premiers-nés au pays d’Egypte.

La suite de l’histoire, nous la connaissons tous : c’est la sortie d’Egypte et la traversée de la Mer Rouge sous la conduite de MOISE pour aller en Terre Promise.

Acte d’amour infini que cette libération d’un Peuple avec lequel le Seigneur a conclu, plusieurs siècles auparavant, une Alliance pour se faire connaître à l’humanité toute entière. Cette libération n’est pas due à un quelconque mérite de ce Peuple : elle est due à la volonté de Dieu et à elle seule, un Dieu qui est amour en plénitude.

Et le Psaume que nous avons entendu tout à l’heure exprime le remerciement que ce Peuple adresse à son Dieu qui l’a sauvé, ce Dieu qui est à l’origine de tout bien : « comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? », dit le Psalmiste. Et la réponse à cette question vient aussitôt : « J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur … Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce » ; c’est là la reconnaissance de tout un peuple pour son Dieu.

La dernière recommandation que MOISE a été chargé de transmettre au Peuple d’Israël est de perpétuer « d’âge en âge » ce repas « en mémoire du Seigneur ». C’est, vous le savez, l’origine de la Pâque juive que Jésus, en bon juif qu’il était, a voulu célébrer une dernière fois avant de vivre sa Passion et sa mort, une mort acceptée librement par Lui pour le Salut de tous : acte d’amour suprême, selon ses propres paroles : « il ne peut pas y avoir de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

Dans sa 1ère Lettre aux Corinthiens, l’Apôtre PAUL établit un lien direct entre la Passion du Christ et cet autre acte d’amour que Jésus a accompli en instituant l’Eucharistie au cours de la Cène, ce dernier repas qu’il a partagé avec ses disciples : « La nuit même où Il était livré », précise Saint Paul, « le Seigneur Jésus prit du pain ». Ce pain, ainsi que le vin contenu dans la coupe qu’il leur tend, il les offre à ses disciples ; mais, sous les espèces du pain et du vin, c’est sa vie même qu’il offre : son corps et son sang qu’il donne en nourriture.

L’agneau de la Pâque juive qui a permis la libération du Peuple de Dieu au temps de MOISE, c’est désormais Jésus lui-même qui se donne et qui demande, à son tour, de perpétuer cet acte d’amour : « Faites cela en mémoire de moi » dit Jésus par 2 fois. « Cela », c’est le mystère eucharistique célébré à chaque messe qui témoigne de Sa présence parmi nous, une présence cachée et silencieuse, mais bien réelle, celle du Dieu qui s’est incarné. Avec Jésus, la Pâque prend alors un sens nouveau : la libération dont il s’agit n’est plus seulement celle du Peuple Elu, un peuple minuscule au milieu des nations, mais c’est la libération de toute l’humanité ; ainsi, une Nouvelle Alliance vient prolonger la 1ère Alliance et ouvre la perspective du Salut à tout homme.

Et puis, l’Evangile de ce jour rappelle que ceux qui ont participé au repas d’adieu de Jésus, au cours duquel il institua l’eucharistie et le sacerdoce, ceux-là ont vécu aussi, ce soir-là, un autre geste d’amour qui va surprendre ses disciples et même scandaliser Simon-Pierre : ce geste, c’est celui du lavement des pieds ; le Christ s’agenouille devant ses Apôtres pour leur laver les pieds, même ceux de Judas, alors qu’il savait qu’il allait le trahir. Le Fils de Dieu décide d’accomplir un geste réservé à un esclave.
Ce geste est éminemment symbolique. On peut y voir l’acte de Celui qui peut laver les souillures et apporter la purification au pécheur. C’est en tout cas l’acte du Maître qui se fait serviteur, le plus humble des serviteurs, mettant en pratique la parole qu’il avait dite à ses disciples : « Le Fils de l’Homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir ».

Ce geste du lavement des pieds s’accompagne de 2 messages qui, à vrai dire, concernent tous les chrétiens. Le 1er de ces messages vient en réponse à la réaction de Pierre qui, dans un 1er temps, refuse de se faire laver les pieds : Jésus lui fait comprendre qu’il lui faut accepter ce geste d’amour et, par là-même, reconnaître sa petitesse devant Dieu ; cette leçon vaut pour chacun de nous.

Quant au second message, c’est celui qui doit nous guider dans notre vie de chrétiens : ce geste, dit Jésus, « c’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous ». C’est une invitation à se mettre au service des autres, en particulier au service des plus démunis de nos frères.

Au cours d’un seul et même repas, Jésus met en œuvre le commandement d’amour qui est à la base de la foi des chrétiens : amour envers Dieu et amour envers les frères, qui ne sauraient être dissociés ; l’Eucharistie ne va pas sans le service du prochain.

Rendre un culte à Dieu en participant à l’Eucharistie, cette Eucharistie qui nous met en communion avec Lui, ne se conçoit pas sans une communion avec nos frères, puisque chaque baptisé est envoyé pour se mettre à leur service.
Le temps d’adoration eucharistique qui nous sera proposé pour clôturer cette célébration est une occasion de redécouvrir que Dieu nous aime chacun d’une façon unique. Mais ce temps n’est pas seulement un tête-à-tête avec Jésus, c’est un moment à vivre en communion avec nos frères qui, eux aussi, sont aimés de Dieu.

De la même manière, pour nous chrétiens, le service des frères ne va pas sans une relation intime avec Dieu, à travers notamment l’Eucharistie. Le chrétien, nous le savons bien, n’est pas nécessairement meilleur que les autres. Nombreux sont les incroyants qui se dévouent au service des autres, soit dans le cadre d’associations caritatives ou d’ONG, soit à titre personnel.

Mais le chrétien, lui, agit au nom de Dieu ; son action auprès des frères ne relève pas seulement de « l’humanitaire », même si c’est déjà formidable. C’est beaucoup plus que cela, puisque cette action implique aussi Dieu : c’est Lui, Dieu, qui agit à travers son serviteur. A chacun de nous de trouver un équilibre entre communion avec Dieu et service de l’humain.

Cette année, le temps de Carême a paru, aux responsables du secteur pastoral de Saint-Maur, être un moment privilégié pour se tourner vers les autres et le thème retenu comme démarche de Carême a été « la rencontre du frère », l’objectif étant, à travers diverses propositions, de permettre à chacun, selon sa sensibilité et sa situation personnelle, de franchir un pas de plus pour aller vers son frère. Ainsi, plusieurs rencontres ont été organisées à l’intention de ceux qui se sont sentis concernés et qui ont pu se libérer, afin qu’ils puissent découvrir ou redécouvrir les richesses du service de l’humain.

Sans faire un inventaire exhaustif de ce qui a été vécu au cours de ce Carême, il convient de rappeler qu’une méditation autour de la rencontre de Jésus avec la Samaritaine a été suivie d’échanges fructueux entre les participants, que les 50 ans du CCFD ont été l’occasion de manifestations en faveur de la lutte contre la faim et pour le développement ; de rappeler aussi qu’une soirée a été organisée pour sensibiliser les uns et les autres aux difficultés rencontrées par ceux qui sont en grande souffrance : les bénévoles des conférences de Saint-Vincent de Paul et ceux du Secours Catholique, ceux du SEM et ceux des aumôneries d’hôpitaux ou de maisons de retraites et enfin ceux qui rendent visite aux personnes détenues à la Maison d’arrêt de Fresnes ont témoigné de leur vécu, avec l’espoir (pourquoi pas ?) de susciter des vocations.

Il n’est jamais trop tard pour mettre en œuvre, à la mesure de nos capacités et malgré nos limites, le commandement d’amour, le plus grand de tous : amour de Dieu et amour du prochain.


Daniel Roblot, diacre

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