Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      « Appelés à vivre dans l’Esprit-Saint » par Mgr Santier

« Appelés à vivre dans l’Esprit-Saint » par Mgr Santier

Cette catéchèse a été donnée par Mgr Santier, évêque de Créteil, lors des JMJ de Sydney en 2008.


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  • 20 juillet 2008
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I – APPELÉS À LA LIBERTÉ

Comme le dit l’Apôtre Paul aux chrétiens de Galatie :
« Frères, vous avez été appelés à la liberté »
Frères jeunes, « vous avez été appelés à la liberté » Galates 5,13
Celui qui vous a donné ce grand don, c’est le Père qui vous a appelés à la vie par l’amour de vos parents.

Cette liberté nous a été aussi acquise par Jésus qui librement envoyé par le Père a choisi de partager notre condition d’homme et de femme.
Sa liberté consiste à entrer dans la volonté de son Père, comme le dit le psaume repris dans la lettre aux Hébreux : « Voici que je viens, Seigneur, pour faire ta volonté. » Psaume 39,7 Hébreux 10,5

Ce qui nourrit sa vie, son engagement, tout son être, c’est de faire la volonté de son Père, de la révéler, de révéler sa tendresse, son amour, non par des chemins de puissance et de force, mais par les chemins de l’humilité, du service, en allant au devant des pauvres, des malades et des pécheurs.

Nous pensons souvent que la liberté c’est la possibilité de faire tout ce que l’on veut, aller au-delà des limites, des frontières.

La liberté c’est au contraire vivre en accord avec notre désir profond, avec cette ressemblance à notre créateur puisque nous avons été créés selon la Genèse « à son image et à sa ressemblance ». Gn 1,27

« L’histoire d’amour entre Dieu et l’homme consiste justement dans le fait que cette communion de volonté grandit dans la communion de pensée et de sentiment, et ainsi notre vouloir et la volonté de Dieu coïncident toujours plus : la volonté de Dieu n’est plus pour moi une volonté étrangère, que les commandements m’imposent de l’extérieur, mais elle est ma propre volonté, sur la base de l’expérience que, de fait, Dieu est plus intime à moi-même que je ne le suis à moi-même. C’est alors que grandit l’abandon en Dieu et que Dieu devient notre joie (cf. psaume 72(73), 23-28)
Benoit XVI « Dieu est amour » § 17

Mais l’homme, par le péché, a refusé cette ressemblance ; il s’est laissé fasciner par le désir de toute puissance, ce qu’on appelle le péché originel, et a entravé sa liberté profonde.

Jésus, en allant jusqu’au bout de sa communion à la volonté du Père, et de son amour pour les hommes, a donné sa vie, pour que l’homme, pour que nous retrouvions cette liberté. Par sa croix, il nous a rachetés et faits entrer de nouveau dans le chemin de liberté.

Cette vie de liberté, cette vie filiale, nous l’avons reçue à notre baptême, qui nous fait participer à la mort et à la résurrection de Jésus, qui nous libère sans cesse de l’esclavage du péché. Cette vie filiale, cette vie de liberté est en nous à l’œuvre par l’Esprit-Saint comme le dit l’Apôtre Paul, un peu plus haut dans sa Lettre aux Galates :
« La preuve que vous êtes des fils, c’est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, qui crie en nous la prière même de Jésus :’Abba, Père’. Ainsi tu n’es plus esclave mais fils. » Gal 4,6

Le Fils est libre. Il partage la vie du Père, comme héritier.
L’esclave ne jouit pas de sa liberté ; il est sous la dépendance du maître et ne possède rien.
Comme chrétiens, baptisés et confirmés, nous avons reçu cette grâce de la liberté de vivre en fils et filles biens aimés du Père.

II – MAIS QUE FAISONS-NOUS DE CETTE LIBERTÉ ?

Est-ce que nous ne nous laissons pas reprendre par certains esclavages ?

L’Apôtre Paul nomme l’esclavage qui nous guette : l’égoïsme, c’est-à-dire être centré sur soi uniquement.
« Que cette liberté ne soit pas un prétexte pour satisfaire cet égoïsme » Gal 5,13

Mais il nous indique aussi le chemin pour grandir dans la liberté : le don de soi, le service des autres dans la charité.
« Mettez-vous, par amour, au service les uns des autres ».
Gal 5,13

Et il cite la parole de Dieu de l’Ancien Testament reprise et portée à son accomplissement par Jésus :
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Gal 5,14

Saint Paul, qui a déjà contribué à édifier plusieurs communautés chrétiennes, sait par expérience que le plus grand danger, le plus grand esclavage dans lequel les chrétiens, les hommes, se laissent reprendre, c’est l’accusation, c’est la parole qui blesse, qui tue, qui crée les divisions.
« Si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres : prenez garde, vous allez vous détruire les uns les autres ». Gal 5,15

L’Apôtre Paul nous révèle ici, chers jeunes, un critère de discernement.

Lorsque dans une aumônerie de lycée, d’étudiants, un groupe de jeunes professionnels, une paroisse, se vit un climat d’accusations réciproques, rien ne peut se bâtir de solide. Le groupe n’est pas habité par le bon esprit.

Lorsque, au contraire, chacun dans l’acceptation de l’autre dans sa différence, cherche à créer un climat de confiance et de fraternité, vous pouvez discerner que l’Esprit-Saint est à l’œuvre.

III – LE COMBAT SPIRITUEL

L’Apôtre Paul nous révèle ensuite qu’il ne faut pas nous étonner que sur cette croissance dans la liberté nous vivions un combat, celui que l’on appelle le combat spirituel. Chercher, comme il nous y invite, à vivre sous la conduite de l’Esprit de Dieu, rencontre en nous-mêmes et dans la vie avec les autres, l’obstacle des tendances de la chair. La chair ne désigne pas ici la vie sexuelle, mais la faiblesse de l’être humain, sans la grâce, sans le don de Dieu.

L’homme laissé à lui-même risque de satisfaire son égoïsme, de vivre replié sur lui-même. Il risque de se laisser reprendre par l’esclavage.

L’Apôtre Paul va jusqu’à décrire l’état de celui qui se laisser reprendre par les tendances, les œuvres, au pluriel, de la chair. Il est divisé, il n’est pas en bonne relation
avec Dieu,
avec les autres,
avec lui-même.

Dans la liste que dresse Paul :

celui qui se laisse conduire par les tendances de la chair vit un rapport faussé avec Dieu ;
il tombe dans l’idolâtrie, il absolutise par exemple l’argent, le pouvoir, qui prennent la place de Dieu dans sa vie ;
la sorcellerie : au lieu d’être vis-à-vis de Dieu en situation de confiance, d’accueil, d’abandon, il cherche à capter des énergies, des forces obscures ;

celui qui se laisse conduire par les tendances de la chair n’est pas en juste relation avec son propre corps, soit il le méprise, ou il le valorise à l’excès ;
il risque de tomber dans la débauche
l’impureté
l’obscurité
ainsi que dans les beuveries, gloutonnerie, et autres choses du même genre ;

celui qui se laisse conduire par les tendances de la chair est séparé des autres, en relation d’opposition, et cela produit dans le groupe, dans la communauté :
haines, querelles, jalousies
colère, envie, divisions, sectarisme.

Mais l’Apôtre Paul ne se contente pas de décrire le chemin de l’esclavage. Il nous dévoile aussi le chemin de la liberté. Et s’il décrit avec réalisme et des mots crus les tendances de la chair et l’état de l’homme sous l’esclavage du péché, divisé d’avec lui-même, les autres et Dieu, c’est pour nous révéler encore davantage la beauté de la liberté que donne l’Esprit-Saint.

Au pluriel des tendances de la chair,
il oppose le singulier du fruit de l’Esprit.
A la dispersion des œuvres de la chair,
il oppose le fruit d’unité que produit l’Esprit Saint.
« Voici ce que produit l’Esprit : amour, joie patience, bonté, bienveillance et foi, humilité et maîtrise de soi. » Gal 5,22

Celui qui se laisse conduire par l’Esprit-Saint voit sa vie petit à petit s’unifier, et au lieu de se sentir divisé en lui-même, séparé ou en conflit avec les autres, mal à l’aise dans sa relation à Dieu qu’il perçoit plus comme un juge que comme un Père plein de tendresse et de miséricorde, il sent monter en lui la joie, un désir d’aimer en vérité ; il se découvre davantage en paix avec lui-même, avec les autres, avec Dieu ; il exerce sa liberté de choix et devient plus patient, plus bienveillant envers lui-même et envers les autres, plus humble, plus maître de lui-même.
Chers jeunes, ne soyez pas découragés si vous avez l’impression de n’être pas arrivés à cette paix et à cette unification intérieure.
C’est le chemin de toute une vie, c’est le fruit du travail de l’Esprit-Saint en vous, c’est l’œuvre de la grâce.

Mais vous pouvez déjà discerner en vous, grâce à la lumière de la foi, par l’Esprit de sagesse et de discernement reçu à votre confirmation, ce qui peut vous diviser, vous disperser, ou au contraire ce qui peut vous construire intérieurement, vous unifier.

IV – QUELQUES MOYENS CONCRETS

Je me risque à vous donner quelques moyens concrets pour grandir dans ce chemin de la liberté, et de l’unité intérieure.

1.Prendre chaque jour un temps de silence intérieur,
un temps de lecture de l’Evangile du jour, pour écouter Jésus vous parler, vous parler au cœur, relire votre vie à la lumière de cette parole pour ne pas vivre seulement à la périphérie de votre être, mais retrouver ce qui vous nourrit et vous fait vivre.

2.Trouver un adulte en qui vous avez confiance, un prêtre, une religieuse, un laïc accompagnateur d’aumônerie, pour un accompagnement spirituel ; quand on est seul, on fait souvent une montagne des évènements, des examens ; lorsqu’on parle avec quelqu’un de ses difficultés, c’est un premier pas vers la libération, la montagne disparaît.

Avec l’aide de l’accompagnateur, chacun librement peut relire sa vie, voir ce qui peut encore le laisser dans l’esclavage ou ce qui peut le faire grandir dans la liberté, le construire intérieurement.

L’accompagnement spirituel est un chemin de croissance, de liberté, de vie dans l’Esprit, de construction et d’unification intérieure.

3.Vivre régulièrement le sacrement du pardon.
Le prêtre, lorsqu’il donne le sacrement du pardon, en imposant les mains, appelant sur vous le don de l’Esprit-Saint dit ces paroles :

- Que Dieu notre Père vous montre sa miséricorde.
Par la mort et la résurrection de son fils, il a réconcilié le monde avec lui et il a envoyé l’esprit-Saint pour la rémission des péchés.
Par le ministère de l’Eglise, qu’il vous donne le pardon et la paix.
Et moi, au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit, je vous pardonne tous vos péchés. 
- Amen.

Le sacrement du pardon actualise en nous la grâce baptismale. Par le don de l’Esprit-Saint il nous libère de l’esclavage du péché et nous redonne la liberté filiale.

Par ce sacrement du pardon, l’Esprit-Saint, avec patience, nous pacifie, nous guérit de nos blessures du passé, nous unifie, nous construit.
CONCLUSION

Chers jeunes, aussi, maintenant
« laissez-vous conduire par l’Esprit ».

Cette vie d’unité et de pacification en nous est bien
le signe que Dieu désire pour nous le bonheur, notre épanouissement ;
la vraie vie spirituelle qui est déjà l’action de l’Esprit qui nous unit à Jésus.

Notre divinisation, conduit à notre humanisation, à l’épanouissement de notre liberté, de tout notre être.

+ Michel SANTIER
Evêque de Créteil

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