Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      Au commencement ...

Au commencement ...

Deuxième dimanche de l’Avent : 4 décembre 2011 (Marc 1,1-8)


1- En ce deuxième dimanche de l’Avent la liturgie nous fait entendre le commencement de l’évangile selon Saint Marc que nous méditerons tout au long de l’année jusqu’à la fête du Christ Roi le 25 novembre 2012... Nous n’en sommes pas encore là et il y aura de l’eau qui aura coulé sous les ponts d’ici là. Surtout l’Evangile aura tracé son chemin en nous..., si nous le voulons bien.

Pour le moment, tandis que cet évangile est proposé à notre écoute, j’aimerais tout d’abord relire ce verset magnifique qui l’inaugure comme le Prologue, certes plus long, en Saint Jean : «  Commencement de l’Evangile de Jésus Christ, le Fils de Dieu. » (Marc 1,1) C’est concis mais ciselé. C’est bref, mais dense. C’est beau, mais c’est surtout profond.

2- De quel commencement s’agit-il ? Des commencements de Jésus annoncé à Marie comme en Saint Luc dans la scène de l’Annonciation ? (cf. luc 1,26-38) Des commencements comme la généalogie de Saint Matthieu ou de Saint Luc ? (cf. Mt 1,1-17 ou Lc 3,23-38) De la naissance de Jésus comme dans ces mêmes évangiles ? (cf. Lc 2,1-20 et Mt 2,1-12) Non, car il s’agit d’un autre commencement, qui me fait penser au commencement de la Bible : «  Au commencement Dieu créa le ciel et la terre... »(cf. Gn 1,1) Ou encore au Prologue de Jean : « Au commencement était la Parole, et la Parole était tournée vers Dieu et la Parole était Dieu... » (cf. Jn 1,1) Nous sommes sur la bonne piste.

Pourtant, Saint Marc ne dit pas : « Au commencement... », mais : « Commencement... » Alors, commencement d’un évangile avec son premier chapitre et son premier verset : c’est un peu trivial, vous ne trouvez pas ! Dans la tradition littéraire française on pourrait même dire qu’il est inutile d’annoncer un commencement : il vaut mieux en venir au fait tout de suite ... Il me semble que l’évangéliste veut nous dire quelque chose comme : voici le commencement de l’histoire de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ venu dans la vie des hommes. C’est l’histoire du Fils de Dieu venu chez les fils et filles d’hommes. Cette histoire avait été annoncée il y a bien longtemps et la promesse des prophètes dont celle d’Isaïe tenant en deux mots est accomplie : «  Il vient. »(cf. Is 40,10)

Oui, Il est venu. Et pourtant il ne cesse de venir. Oui, ce commencement fut chronologique. Il y a bien eu une année zéro. Mais, à chaque fois qu’un être humain se met à l’ écoute profonde de Jésus Christ dans le secret de sa prière, sur sa table de travail avec sa Bible entre les mains, coincé dans un RER qui n’avance pas et pourtant en méditation, en attendant ses enfants ou ses petits-enfants à la sortie de l’école tout en faisant de ce temps un moment de méditation et de rencontre du Seigneur, dans un engagement associatif où je recherche le bien des autres et m’y engage pleinement, le Seigneur Dieu, le Fils de Dieu vient !

3- Dès lors ce temps de l’Avent, ce énième temps de l’Avent pour certains d’entre nous ne consiste pas à nous préparer à la fête de Noël comme on prépare un anniversaire. Vous avez bien raison avec vos enfants et vos petits-enfants de préparer votre crèche au pied d’un sapin si vous le désirez. Mais surtout de vous poser, de vous reposer pour que Dieu vienne à vous. Laissez le Dieu qui vient advenir. Laissez le Dieu qui est qui était et qui vient commencer en vous.

Car, c’est cela la foi chrétienne : non pas Dieu qui vient à notre esprit quand nous pensons un peu à lui à l’occasion quand il reste un peu de temps ou que l’on souhaite avoir recours à ses services. Mais Dieu qui vient habiter la demeure des hommes, celle de Marie et celle de tous ceux qui à sa suite veulent bien l’entendre et le laisser exister en nous au point de nous transformer.

Je reviens sur le passage de la deuxième lettre de Pierre (2 P 3,8-14) qui a de quoi peut-être nous effrayer : pourquoi selon l’apôtre faudrait-il un grand cataclysme avant la venue, le retour du Christ à la fin des temps ? Sans doute parce que dans l’imaginaire des chrétiens et de tous les hommes il faut toujours des scènes apocalyptiques auxquelles vont succéder des scènes d’un grand bonheur apaisé.

J’aimerais plutôt insister sur l’attitude que Saint Pierre nous invite à avoir dans ce contexte : la conversion, c’est-à-dire le retournement du cœur qui s’ouvre à Dieu et aux autres. Et encore : «  tout faire pour que le Christ nous trouve nets et irréprochables... » (cf. 2 P 3,14) On est loin de ceux qui auraient envie de dire : comme tout va mal finir dans un grand brasier et qu’il n’y a rien à espérer, enivrons-nous, noyons-nous dans les paradis artificiels, moquons-nous de tout, dans la dérision générale puisque demain nous mourrons ! Non.

Le monde est en feu aujourd’hui comme hier blessé qu’il est dans son consentement perpétuel au péché et au mal. Mais, invitation nous est lancée à ‘renverser la vapeur’ de ce train infernal : vivons dans la justice de Dieu. Soyons joyeux, recueillons les bonnes nouvelles au cœur de nos fragilités : les merveilles de la vie, les merveilles de Dieu qui est à l’œuvre au cœur de nombreux hommes de bonne volonté, je vous l’assure. Faisons monter déjà avec Marie l’action de grâce : «  Le Seigneur fait des merveilles au cœur des fragilités. » (cf. Lc 1,46)

Frères et sœurs participons à ce recueil des fragilités et des merveilles comme je vous y ai invité dans le numéro de Rosaire Info de décembre. Toutes nos contributions auront leur place dans la crèche (une urne est déposée à cet effet devant la crèche). Le jour de Noël, la prière universelle de notre assemblée sera constituée à partir de ce beau recueil !

Père Stéphane AULARD

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