Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      Aujourd’hui c’est Pâques !

Aujourd’hui c’est Pâques !


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  • 9 avril 2010

PAQUES 2010

Frères et soeurs, chrétiens catholiques, chrétiens d’autres Eglises, amis peut-être d’autres religions, chercheurs en « simple visite », aujourd’hui c’est Pâques ! Notre église est pleine - elle l’est souvent ici -, elle est joyeuse, elle est fervente depuis jeudi soir où des centaines de personnes ont tenu à être ici à cause de Jésus-Christ et grâce à Lui.

Veillée pascale à Notre-Dame du Rosaire


1 - Serions-nous passionnés de documents anciens comme le « Livre des morts » des Égyptiens et des autres mythes antiques (Orphée, Osiris), à vouloir nous réunir comme le faisaient en leur temps les Egyptiens ou les Grecs en congrès réguliers pour entendre des paroles occultes, secrètes et fascinantes ?

Sommes-nous adeptes des vieilles pierres et du patrimoine en général au point de vouloir en profiter de temps en temps et au son de l’orgue si magnifique soit-il ? J’ai moi-même contribué à en installer un nouveau à Notre-Dame du Rosaire, avec notre commune, comme vous le savez sans doute. Je ne suis donc pas contre !

Je suis simplement en train de vous dire que le culte chrétien ne ressortit pas à de l’occulte, du savant ou à une esthétique particulière.

Le culte chrétien est d’abord la célébration du Christ ressuscité. Il nous fait nous lever le dimanche* (parfois très tôt comme aujourd’hui pour participer au rassemblement oecuménique à l’occasion de Pâques qui a eu lieu à la Défense ce matin) parce qu’il nous donne rendez-vous. Dieu, en Jésus-Christ, est un amoureux de l’homme. Il a rendez-vous avec lui non pour le juger ou pour le condamner, mais patiemment entrer en conversation avec lui, le relever et ainsi le sauver car il risque toujours de se perdre.


2- Jusqu’ici peut-être me suivez-vous. Mais, je veux aussi vous dire que le Ressuscité de Pâques n’est pas seulement un maître en éthique sublime qui faisait dire à une paroissienne d’occasion : « Ah si tout le monde vivait et se comportait comme lui, le pauvre mort si cruellement sur une croix, le monde irait un peu mieux, je vous le dis ! »

Alors qui est-il ?

Il est l’homme dans la plénitude de sa dignité, ayant atteint sa véritable stature, dans la grandeur du don et la pureté de l’amour. Ce dont nous rêvons tous !

On présente souvent la résurrection comme un concours d’effets spéciaux. Ce n’est pas étonnant depuis le film « Avatar » qui a connu un si grand succès récemment ! Tombeau ouvert comme s’il était profané. Éclairs et gardes terrassés. Alors que la résurrection est de nuit, dans la discrétion et l’intimité puisque c’est le Père des cieux qui a relevé son Fils unique dans une étreinte paternelle en forme de protestation et d’attestation :

« Non, mon Fils en mourant sur la croix n’a pas été terrassé ! »

« Non, la mort ne le retiendra pas dans ses rets à jamais parce que l’amour est plus fort que la mort. »

Et s’il y a eu « passage » (c’est le sens du mot « Pâque »), ce n’est pas de vie à trépas ! Mais de la vie offerte à la vie qui remonte à la source comme le rapportent aussi ces personnes sorties d’un coma et qui disent avoir été attirées par une immense lumière.
Ainsi, Jésus Christ ressuscité devient pour nous une icône éternelle du «  Vivant  » par excellence. En contemplant le Christ et en méditant son Évangile nous nous imprégnons de cette vie et nous pouvons en être témoins.


3- A dire vrai, et c’est là-dessus que je voudrais poursuivre cette homélie pascale, par notre baptême - puisque Pâques nous rappelle que par notre baptême nous avons été plongés dans la mort et la résurrection du Christ -, nous avons reçu une onction qui nous établit « 
prêtres, prophètes et rois ». C’est ce que nous allons entendre d’ici quelques instants au cours du baptême de Maxime. Je voudrais insister en cette année sacerdotale sur la condition sacerdotale des baptisés. Depuis peu, il est devenu tendance dans notre pays de critiquer les prêtres pour les raisons que vous connaissez. Dans une sorte de délire médiatique comme nous y sommes habitués malheureusement depuis quelques années il faut régulièrement chercher un « bouc émissaire ». En ce moment ce sont les prêtres après les juges, les policiers, les politiques, les météorologistes, les médecins !

Savez-vous, frères et soeurs, que sur 20 000 prêtres en France, 30 ont été jugés et condamnés pour fait de pédophilie. Trente de trop assurément et cela nous accable, nous dégoûte ! Mais, faut-il pour autant jeter l’opprobre sur les 19 970 autres prêtres de ce pays ? Faut-il aussi accabler toutes les familles parce que certains pères et mères de familles sont touchés par ce fléau : les tribunaux regorgent de ces affaires !

Non, bien sûr !

Je vous parle de ceci en cette fête de Pâques parce que je désire que nous prenions – reprenions- tous conscience que
par notre baptême nous revêtons la dignité du Christ, prêtre, prophète et roi. Ce qui signifie, que nous avons pour mission de nous offrir tous à Dieu comme le Christ en faisant de chacune de nos existences un don selon l’adage : « Tout ce qui n’est pas donné est perdu ! » Nous avons à témoigner par nos choix de vie, notre quotidien professionnel, familial, relationnel, social de notre « attitude chrétienne », c’est-à-dire de notre art de vivre chrétien. C’est cela être prophétique.

Nous avons à habiter ce monde en choisissant la «  voie royale  », celle du service, du refus du clinquant et du superficiel qui pourrit toute notre société.

Saint Augustin disait au IVe siècle aux chrétiens d’Afrique du Nord aujourd’hui bien peu nombreux après s’être disputés et donc s’être affaiblis si bien qu’ils n’ont pas pu plus tard résister à la conquête musulmane : « De même que nous nous appelons tous chrétiens (christiani) en raison de l’onction (chrisma) mystique, de même nous nous appelons tous prêtres, parce que nous sommes membres de l’unique Prêtre. »

Nous sommes tous prêtres - faisons donc de nos existences des existences joyeuses et offertes à Dieu et aux autres. Des existences priantes et reconnaissantes. Des existences célébrant les merveilles de Dieu au quotidien.

Le saint Curé d’Ars, Saint Jean-Marie Vianney, un Français que Benoît XVI nous propose cette année comme grande figure de prêtre a été témoin en son temps au XIXe siècle au milieu de ses frères. C’est cela que l’on attend d’un prêtre au milieu du peuple tout entier sacerdotal : il disait :

«  Il est là (Dieu). Il est là au milieu de vous. Il est là pour vous. Nous travaillons avec lui, nous marchons avec lui, nous souffrons avec lui.  »

Oui, donnons-nous de la peine ensemble. Que des vocations de prêtres, de consacrés (religieux et religieuses), de mariés aussi, naissent dans notre diocèse et partout en France.

Que le Christ ressuscité soit notre joie, car Lui seul ne déçoit jamais !


Père Stéphane AULARD

*Saint Justin dans sa célèbre « Apologie » (aux environs de 155 après Jésus Christ) rapporte combien le dimanche est important pour les chrétiens, car c’est le jour de la Résurrection du Christ.



Homélies antérieures



- A Notre-Dame du Rosaire le dimanche : 9h messe tridentine, 11h, 18h messe des jeunes, samedi : 18h

- En semaine

  • lundi, mercredi : 19h
  • mardi, jeudi, vendredi, samedi : 8h30

- A la Chapelle St-Joseph le dimanche 9h30

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