Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      Aujourd’hui, regardons la crèche ...

Aujourd’hui, regardons la crèche ...


HOMELIE DE NOËL 2012

Frères et sœurs nous voici rassemblés dans cette église comme des millions d’autres (en France et dans le monde) pour fêter Noël. Nous n’envisageons pas, semble-t-il, de passer Noël sans « passer un moment » à l’église. Le prêtre que je suis ne peut que vous féliciter, vous encourager à continuer de mettre le Christ en bonne place dans votre vie, votre maison, votre famille bien sûr, vos engagements professionnels et associatifs et même dans vos loisirs !

Aujourd’hui, je regarde la crèche ; mieux, je la contemple et je vois qu’en son centre se tient un enfant, un bébé, un nouveau-né : l’Enfant Jésus. Il y a de la paille, des animaux. La tradition prophétique y a vu un âne et un bœuf et, comme le dit Benoît XVI dans son dernier livre-commentaire des évangiles consacré aux récits de « L’enfance de Jésus » (Paris, Flammarion, 2012), «  l’iconographie chrétienne a cultivé très tôt ce thème. Aucune représentation de la crèche ne renoncera au bœuf ni à l’âne.  » (Page 101). Il n’y a pas, nous aimons les animaux, ils sont là dans la crèche, mais il n’y a pas que les animaux…

Il y a surtout les personnages principaux de cette scène de la Nativité : les parents de Jésus, son père nourricier Joseph et sa mère la Vierge Marie d’une part ; les bergers d’autre part. L’évangéliste Saint Luc qui rapporte la naissance de Jésus à Bethléem écrit que les parents de Jésus n’ont pas trouvé de place dans la « salle commune » (Luc 2,7), c’est pourquoi ils se retrouvent dans une étable qui n’est autre qu’une des nombreuses grottes des environs de Bethléem dans lesquelles les bergers parquaient leurs troupeaux.

La scène se passe en dehors de Bethléem : aux portes de la ville comme la crucifixion de Jésus se déroulera en dehors de Jérusalem. Il n’y a pas de place pour l’Enfant Dieu dans la ville : on le met « à la porte », on le congédie du début à la fin comme un gêneur, un empêcheur de tourner, de penser surtout en rond… (cf. op. cit., p 98). L’image souvent charmante de la crèche traditionnelle aux nombreux santons ne doit pas nous faire oublier cette entrée dans la vie des hommes de Jésus qui est pourtant bien l’Emmanuel, « Dieu avec nous ».

Et si tout de suite Jésus s’avérait être le Sauveur des hommes déplacés, exilés, rejetés simplement parce qu’Il est comme eux. Les médias oublient souvent de dire que les chrétiens sont actuellement les plus exposés dans bon nombre de pays comme des gêneurs. Que l’on songe par exemple à nos frères du Pakistan, de certains états de l’Inde, de certaines zones de l’Indonésie, au Nigéria… Comment ne pas penser à eux ? Comment les oublier alors qu’ils nous montrent le visage de Jésus rejeté parce qu’Il gêne !

Nous voyons ce couple de jeunes parents Joseph et Marie dans la crèche : ils sont à l’image de tant de couples dans le monde découvrant leur enfant et s’extasiant sur lui. Tous les pères et mères de la terre sont comme cela et comme l’on souhaite à tant de couples ayant attendu leur enfant de vivre ces instants privilégiés. Joseph, père adoptif, père nourricier de Jésus, l’a fait entrer dans sa filiation royale remontant à David ; quant à Marie sans doute bien jeune, son « oui » à l’Ange ne l’empêche évidemment pas de former un véritable couple, selon le projet de Dieu Créateur, avec celui qui est son époux (cf. Matthieu 1,19).

Deux beaux versets du Prologue de Saint Jean s’appliquent parfaitement à ce couple de Joseph et Marie : « Il (Jésus) est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas accueilli, mais à tous ceux qui l’ont accueilli, Il leur a donné de devenir enfants de Dieu  ». (Jean 1,11-12) Rejeté dès ses débuts, le Fils de Dieu a trouvé refuge dans ce couple entièrement donné à Dieu et qui est aussi bien inséré dans la culture et la tradition religieuse d’Israël. Jésus est véritablement leur fils Lui qui est le Fils de Dieu, le « premier-né avant toute créature  » (cf. Colossiens 1,15), le « premier-né d’une multitude de frères » (cf. Romains 8,29) : on peut ainsi dire qu’en Jésus nous sommes frères Lui qui nous apprend que nous sommes « enfants de Dieu ».

Les bergers avertis par l’Ange du Seigneur sont aussi dans la crèche : eux seraient plutôt a priori exclus de la fête parce qu’ils travaillent dehors, n’ont pas toujours bonne réputation (pensez donc aux mauvais bergers dont l’Evangile de Jean – chapitre 10- parle) et n’ont sûrement pas été bien instruits dans la tradition de la Bible. Ils ne savent pas que les prophètes ont annoncé la naissance du Messie à Bethléem (cf. Michée 5,1-3). Ils ne savent pas davantage que ce Messie sera berger d’Israël comme eux sont bergers de leurs troupeaux.

Frères et sœurs que vous soyez de fins connaisseurs de la Bible ou béotiens en la matière, je vous annonce avec l’Ange du Seigneur « une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur » (cf. Luc 2,10), c’est Jésus Christ.

Oui, je sais qu’Il est né il y a 2000 ans. Vous pouvez soit en rester à l’anniversaire d’un grand homme ou bien « aujourd’hui » comme dit Saint Luc laisser Jésus Christ naître dans votre vie, votre cœur. Vous ne venez pas souvent à l’église, mais vous vous retrouvez dans les « valeurs du christianisme » ; mieux vous trouvez la personne de Jésus superbe –et vous avez raison- : pendant quelques instants fermez les yeux et soyez comme Joseph et Marie : veillez sur Jésus afin qu’Il fasse de vous de véritables enfants de Dieu.

Soyez comme les bergers qui accourent vers Lui dans la simplicité…, pour gagner en sincérité, en vérité dans ce monde blasé. Soyez comme l’Ange du Seigneur (ange veut dire « annonciateur ») : annoncez ce qui est vrai, bon et beau pour l’homme sans trembler, sans hésiter. Notre Dieu dans la simplicité qui caractérise sa puissance nous offre la vérité sur l’homme, le monde et nous-mêmes.

Choisissons avec Lui ce qui grandit notre humanité, ce qui l’honore, ce qui la construit. Puisez dans cette messe – comme dans chaque messe et tous les sacrements de l’Eglise du baptême au mariage en passant par l’ordination des diacres et des prêtres, la pénitence et le sacrement des malades, la confirmation - l’énergie divine, la grâce, le Saint-Esprit qui revêt la Vierge Marie et chacun des personnages de la crèche. Découvrez que vous n’êtes jamais seul puisque Dieu vous sauve et Dieu est avec vous comme votre meilleur allié. Tout en nous souvenant qu’être allié de Dieu ne fait pas de nous des ennemis des autres qui ne Le connaîtraient pas !

Frères et sœurs en ce Noël 2012, au cœur de la crise non seulement économique mais aussi morale que traverse notre société, je vous en supplie : tournez-vous vers Jésus Christ, le meilleur ami de l’homme. Tournez-vous aussi vers l’Eglise qui, comme la Vierge Marie et Saint Joseph, porte le Christ pour l’offrir au monde comme son Sauveur. Soyez de l’Eglise, mère et éducatrice. L’Eglise est notre famille !

Je termine en vous citant un extrait du concile Vatican II dont nous fêtons cette année le cinquantième anniversaire de son ouverture. Le Concile reste notre « boussole » comme l’a dit le Bienheureux Jean-Paul II dans ce monde bouleversé, violent mais aussi magnifique et fascinant que Dieu aime :

« L’Église, quant à elle, croit que le Christ, mort et ressuscité pour tous offre à l’homme, par son Esprit, lumière et forces pour lui permettre de répondre à sa très haute vocation. Elle croit qu’il n’est pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes par lequel ils doivent être sauvés. Elle croit aussi que la clé, le centre et la fin de toute histoire humaine se trouve en son Seigneur et Maître. Elle affirme en outre que, sous tous les changements, bien des choses demeurent qui ont leur fondement ultime dans le Christ, le même hier, aujourd’hui et à jamais. C’est pourquoi, sous la lumière du Christ, image du Dieu invisible, premier-né de toute créature, le Concile se propose de s’adresser à tous, pour éclairer le mystère de l’homme et pour aider le genre humain à découvrir la solution des problèmes majeurs de notre temps. » (Gaudium et spes, N° 10, 2 - 7 décembre 1965)

Ce texte n’a décidément pas vieilli : au cœur de ce monde, avec la grâce de ce Dieu qui nous aime et ne nous abandonne pas, servons nos frères pour lesquels Dieu est venu au monde.

Amen.


Père Stéphane AULARD

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