Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      Comme les mages guidés par l’étoile

Comme les mages guidés par l’étoile


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  • 2 janvier 2011

HOMELIE POUR LA FETE DE L’EPIPHANIE 2011
NOTRE-DAME DU ROSAIRE

« Comme les mages guidés par l’étoile, nous sommes venus avec des présents adorer le Seigneur »

L’antienne de communion de la messe de ce jour nous oriente vers la signification profonde de la fête de l’Epiphanie qui dépasse évidemment la charmante et savoureuse tradition du partage de la « galette des rois ». J’aimerais vous inviter à découvrir ou redécouvrir trois facettes de l’Epiphanie.

L’Evangile selon Saint Matthieu nous invite à contempler l’Enfant –comme dit sobrement un verset : « Ils (les mages) virent l’Enfant avec Marie sa mère. » (Matthieu 2,11). JPEGL’adoration des mages venus d’Orient constitue en Saint Matthieu comme le pendant de l’adoration des bergers dans l’Evangile selon Saint Luc (l’Evangile de la nuit de Noël). Une collection de livres religieux intitulée « Les bergers et les mages » résume ce diptyque de l’adoration du Seigneur Jésus à Noël : les pauvres et les riches, les ignorants et les savants, les sédentaires et les voyageurs : tous sont invités à rencontrer l’Enfant Dieu qui s’offre à leurs regards et qui, dans sa fragilité, se livre déjà à eux comme Il se livrera ensuite dans sa Passion.

Une deuxième facette mérite d’être soulignée et c’est le passage de Saint Paul aux Ephésiens qui va nous le permettre. Saint Paul ne fait pas spécialement allusion à la scène de la crèche dans sa lettre aux chrétiens d’Ephèse, ce qui n’est pas étonnant. Il n’a pas connu le Christ de son vivant. Ce qu’il fait donc, c’est une lecture approfondie de ce qui s’est joué dans le mystère, c’est-à-dire la révélation, de l’Incarnation du Fils de Dieu – indissociable du mystère de la Rédemption- puis il en tire comme les conséquences théologiques pour l’histoire des chrétiens et du monde. Ecoutons encore les versets que nous venons d’entendre :

« Ce mystère, c’est que les païens sont associés au même héritage -sous-entendu que les enfants d’Israël-, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Evangile. » (Ephésiens 3,6)

Héritage, corps et promesse (s) sont des mots du vocabulaire paulinien certes, mais on peut aussi dire qu’il s’agit de mots qui, traditionnellement, s’appliquaient à Israël : voilà que l’héritage de l’Alliance, les promesses faites aux patriarches, les appels successifs lancés par les prophètes, le peuple de Dieu comme un corps où les tribus et chacun ont une place, tout se dilate et prend une dimension inouïe, radicalement nouvelle, en un mot universelle. Un peuple aux dimensions de l’univers et l’Alliance nouvelle sont nés avec la venue du Christ au monde.

Nous sommes, « gaulois de souche » si je puis m’exprimer ainsi ou originaires de différents pays et de continents proches ou lointains, les héritiers de ceux que Saint Paul a évangélisés, les membres des Eglises fondées au cours des siècles à travers le monde entier. C’est ainsi que nos frères Coptes qui viennent d’être assassinés, cette fois-ci à Alexandrie et de nouveau en pleine messe, ont été évangélisés bien avant les premiers chrétiens de la Gaule romaine... Copte signifie d’ailleurs « égyptien » montrant ainsi ce que le christianisme a apporté à cette terre que nous aimons visiter...

Depuis que les Apôtres –Paul compris- ont rencontré le Seigneur Jésus, ils l’ont emporté avec eux comme la Bonne Nouvelle et ils l’ont présenté partout où ils sont allés comme on présente un nouveau-né à la famille et aux amis, le bien-aimé ou la bien-aimée à ceux qui veulent bien faire connaissance avec lui ou elle. C’est ainsi que la Bonne Nouvelle retentit dans toutes les langues du monde, que la Bible est traduite dans toutes les langues et cultures du monde, que les crèches présentent partout des personnages habillés selon les coutumes vestimentaires locales et que le Christ Parole éternelle du Dieu vivant a pris toutes les couleurs des visages humains et c’est notre joie !

La troisième facette de cette fête de l’Epiphanie c’est la recherche des mages qui « marchent à l’étoile », croient sans doute à leur « bonne étoile », imaginent donc que le Messie est JPEGné sous une bonne étoile qu’il convient de scruter et de suivre. Nous ne saurions nous moquer de cette recherche à tâtons de mages astrologues nous qui vivons dans un monde recru de certitudes rationalistes et qui est pourtant prêt à se livrer de plus en plus à l’irrationnel.

Qui y a-t-il en faces des mages ? Les scribes, les savants de la Bible qui connaissent les prophéties et peuvent assurer au roi Hérode le Grand que le Messie doit naître à Bethléem en Judée. Il me semble que l’Evangile de ce jour n’oppose absolument pas les chercheurs originaux aux savants biblistes. Savez-vous qu’aujourd’hui bien des nouveaux chrétiens –il y en a sans doute parmi nous ici- sont souvent passés par des voies qui sortent des sentiers battus du temps où l’on naissait chrétien et l’on mourait chrétien ?

L’Evangile nous dit, me semble-t-il, quelque chose comme une rencontre possible, un éclairage de ces recherches diverses par la Parole de Dieu. Vous voyez pourquoi notre évêque a raison de nous inviter à prendre le temps du partage de la Parole de Dieu qui rejoint nos attentes, nos recherches et les éclaire, les encourage comme le Christ qui, avant d’être un rabbi reconnu, fin connaisseur de sa tradition se présenta silencieux (l’Enfant de Noël) et plus tard comme cette personne pleine de bonté qui, à travers une attitude, quelques mots encouragea, remit en mouvement, conforta l’espérance des cœurs blessés, inquiets, chercheurs.

Vous comprenez aussi pourquoi cette année nous allons pouvoir nous inviter les uns les autres à prendre le temps de cette écoute et de ce partage si essentiel de la Parole notamment durant le Carême. Je fais le rêve que dans toute équipe, tout mouvement chrétien de référence ou/et en famille, nous allons faire cette expérience fondatrice du partage de la Parole de Dieu.

Et puis, j’espère qu’après avoir tenté un pareil partage entre chrétiens convaincus ou dans votre intimité familiale vous vous lancerez ensuite avec des amis, des voisins pour élargir le cercle des amoureux de la Parole de Dieu ! Qu’elle est belle et bonne, bien plus savoureuse que l’or fin comme dit le Psaume 18 (19) au verset 11 : cette parole du Seigneur qui réveille, qui encourage et apporte joie.

Un mot encore : dans l’Evangile de ce jour il y a les mages et les scribes, mais il y a aussi le roi Hérode*, grand par sa mégalomanie et par sa perversion. Celui-là se sert de la Parole de Dieu, l’instrumentalise comme on dit aujourd’hui à ses propres fins politiques. Bien des politiques ou pseudo intellectuels idéologues ont toujours été prêts à agir ainsi de façon perverse en utilisant l’Ecriture sainte, le nom de Dieu ou la religion à leurs propres fins bassement humaines.

Notre Pape Benoît XVI dans son message pour la journée mondiale de la paix (célébrée le 1er janvier) vient d’écrire un texte très dense et ô combien actuel avec cette série de tueries des chrétiens dans le monde : «  Liberté religieuse : chemin vers la paix . » Il rappelle que l’exercice d’une religion (pas seulement la nôtre) est non seulement un droit de l’homme énoncé dans la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, mais aussi une source de sens, de vie et pour beaucoup d’engagement social au service des autres.

Il déplore ensuite les persécutions religieuses actuelles en particulier à l’encontre des chrétiens dont il rappelle qu’ils sont « le groupe religieux en butte au plus grand nombre de persécutions à cause de leur foi » ces temps-ci. Il y a quelque temps le philosophe Bernard Henri Lévi s’est aussi exprimé de cette façon dans un grand hebdomadaire français.

Je reviens à Hérode le pervers qui se montrait officiellement intéressé par sa propre religion, ses propres Ecritures, ce qui ne l’empêcha pas comme on le sait de supprimer ses propres enfants par peur qu’ils ne lui ravissent le pouvoir politique qui était sa seule raison de vivre. Et je ne parle pas du massacre des Enfants innocents rapportés par l’Evangile. Benoît XVI militant de la « laïcité positive » (N° 9 de son texte), lui, prône un «  dialogue sincère entre les institutions civiles et religieuses pour le développement intégral de la personne humaine et l’harmonie de la société. »

Frères et sœurs, que cette fête de l’Epiphanie nous invite à creuser sincèrement les racines et la saveur de notre foi en plaçant la Parole de Dieu au centre de notre vie et de tous nos projets. Soyons des témoins du « Prince de la paix » (cf. Isaïe 9,5), Jésus Christ, que nous contemplons et découvrons dans nos eucharisties. Mieux, qui se donne à nous dans la communion eucharistique, notre véritable trésor.

Ainsi, à la suite des mages, pouvons-nous reprendre notre marche avec au plus profond de nous, comme imprimé en nous, le Christ Seigneur que nous pouvons porter à Saint-Maur et partout comme notre hôte intérieur, mais aussi comme le compagnon de route quotidien dont nous voulons témoigner. Marie, avant nous l’a porté et l’a livré à ce monde si souvent désorienté aujourd’hui encore. Inspirons-nous de sa foi et de son engagement.

Père Stéphane AULARD


* pour voir qui était Hérode "le grand", consultez le site http://antikforever.com/Syrie-Palestine/main_palest.htm, regardez la rubrique "La Judée et les Hérodiens" et dedans cliquez sur "la vie d’Hérode le grand" au milieu de la page.


Images :
Adoration des rois mages (mosaïque de Sainte Marie Majeure)
les rois mages et l’étoile
Hérode le grand vu par Théophile Lybaert (1848-1927) - 1883



Homélies antérieures

Documents joints



- A Notre-Dame du Rosaire le dimanche : 9h messe tridentine, 11h, 18h messe des jeunes, samedi : 18h

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