Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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Contempler la Sainte Famille


LA FETE DE LA SAINTE FAMILLE

29 décembre 2013

1- A quelques jours de la fête de Noël, nous voici de nouveau réunis, en « famille chrétienne » autour du Christ nouveau-né dans la crèche entouré de la Vierge Marie et de Saint Joseph son père adoptif. Fêter la Sainte Famille, c’est sans doute d’abord contempler la scène de la crèche qui est une scène évangélique à part entière comme peuvent l’être telle ou telle guérison de Jésus, tel signe qu’Il a posé comme la multiplication des pains ou la résurrection de Lazare, tel moment de sa Passion : des Rameaux à sa mort en passant par ses fameuses paroles en croix.

Le Christ dans la crèche est comme tout enfant, Il est muet : il ne parle pas. Celui qui est la Parole faite chair commence à Bethléem par être muet et comme le dit le passage de Matthieu que nous venons d‘entendre : Lui et ses tout proches lorsqu’ils viennent s’installer en Galilée à Nazareth sont comme « retirés » (cf. Matthieu 2,22-23), à l’écart au point que Nathanaël, l’un des premiers apôtres dira plus tard : « De Nazareth, peut-il sortir quelque choses de bon  ? » (cf. Jean 1,60)

J’ai suggéré à un certain nombre d’entre vous durant ce temps de Noël de prendre le temps de contempler la crèche pour y voir le Fils de Dieu entouré des siens, sa famille humaine que Dieu s’est choisie : Marie et Joseph. Il ne s’agit pas tant de regarder une scène charmante qui d’ailleurs, je l’espère, rappelle de bons souvenirs à un certain nombre d’entre nous ! Il s’agit de se mettre à l’école de ces parents qui ont accueilli l’Enfant Jésus : autrement dit comme Marie, il s’agit pour nous d’accueillir profondément la volonté de Dieu, d’y répondre de grand cœur dans la confiance et la durée.

Il s’agit de méditer et de conserver au fond de soi les merveilles accomplies par le Seigneur en nous. Comme Saint Joseph, il s’agit aussi de faire confiance à Dieu qui nous parle (les songes de Joseph) et nous déroute ; à Dieu qui nous accompagne alors qu’il est parfois impossible de se projeter. Il s’agit de protéger le noyau familial car c’est cela qui est sacré.

Plusieurs n’ont pas manqué de faire remarquer que la Sainte Famille n’est pas une famille ordinaire. Evidemment qu’elle n’est pas ordinaire ! Comme si aujourd’hui nos familles étaient ordinaires lorsqu’elles sont déplacées et forcées à l’exil, lorsqu’elles éclatent suite à la mésentente, lorsqu’elles tentent de se recomposer difficilement… Est-ce qu’autrefois les choses étaient si simples, c’est à voir.

Peu importe, ici nous voyons dans la Sainte Famille un modèle d’abord évangélique offert à tout chrétien ainsi invité à croire que ces saintes personnes ont, elles aussi – on l’entrevoit au fil des récits de l’Enfance de Jésus en Matthieu comme en Luc- une épaisseur et des sentiments, un parcours, des questions et des désirs. Regardons donc chacun des membres de la Sainte Famille : Jésus, Marie et Joseph et regardons-les ensemble pour progresser dans notre propre marche et notre propre parcours existentiel.

2- Je reviens sur les deux autres lectures de ce jour : l’une vient de l’Ancien Testament (Ben Sirac le Sage 3,2-6.12-14) : propos de sagesse me direz-vous invitant les enfants à soutenir leurs parents avançant en âge. A y regarder de près, même si le texte de Ben Sirac le Sage est effectivement un commentaire du quatrième commandement (« Honore ton père et ta mère. », cf. Ex 20,12), il brode comme on aime à le faire dans la tradition juive quelque chose de très fin : «  Car ta miséricorde envers ton père ne sera pas oubliée, et elle relèvera ta maison si elle est ruinée par le péché. » (Si 3,14)

La miséricorde est un mot essentiel du vocabulaire biblique que nous traduisons (hésed) parfois par « amour » et à d’autres moments par « pitié »  : il s’agit de cette attitude d’abord charnelle qui consiste à être « pris aux tripes ».

Celui qui a des entrailles de miséricorde dit tout l’Ancien Testament, c’est d’abord Dieu pour son peuple, sa famille, qu’il ne peut abandonner ni à l’oppression (c’est pourquoi l’on revient toujours à la sortie de la terre de servitude : l’Egypte) ni au péché qui est une autre forme de servitude. Cette miséricorde de Dieu à notre égard doit être un ressort de toute notre vie, en particulier dans nos relations familiales. Une femme me racontait il y a quelques années combien après les nombreuses bêtises de sa fille, elle était encore prête à lui ouvrir sa porte quand elle reviendrait et d’ajouter : « Parce que c’est ma fille ! ». On a envie de préciser : « Ma fille prodigue ! » (cf. Luc 15) Cette miséricorde est assurément à cultiver en famille, entre personnes et entre générations, comme une bonne nouvelle.

3- La lettre aux Colossiens (Col 3,12-21) nous invite à vivre en famille chrétienne. Vous savez quel est le nom de la famille chrétienne : c’est l’Eglise ! Toute la première partie de ce texte évoque d’abord la fraternité, les relations fraternelles à développer. Nous sommes invités à l’amour mutuel pour aller vers la communion. Nous sommes invités à l’action de grâce qui est tout le contraire de la plainte et de la condamnation. N’est-ce pas ce que beaucoup d’entre nous voulaient exprimer l’an dernier à pareille époque lorsque nous sommes allés manifester pour le mariage entre un homme et une femme cellule de vie si fondamentale et base de la famille  ?

Paul insiste beaucoup pour que la parole du Christ soit à la source de notre action, de notre prière, de nos décisions. Pourvu qu’il en soit ainsi dans nos groupes et toutes nos activités paroissiales : souvenons-nous en en 2014. C’est une fois qu’il a posé tout cela qu’il en vient à parler de la relation homme-femme-enfants dans la famille.

Là encore, regardons bien et n’allons pas trop vite dire : ce n’est qu’un misogyne (cf. Col 3,18-21) ! Tout ce que Paul dit ici est tout à fait surprenant par rapport au modèle social et familial de son époque (le modèle du paterfamilias)et par bien des côtés devrait nous inspirer encore aujourd’hui : sur la « soumission » mutuelle, c’est-à-dire l’écoute et le respect mutuel, sur l’amour-don de soi et non profit sur le dos de l’autre.

Il est beau qu’en ce jour de Sainte Famille de Jésus, Marie Joseph, nous soyons invités à la sainteté de vie en partant de la crèche, en remontant par ce qu’il y a de plus précieux et profond dans toute la Bible : la miséricorde divine et enfin que nous désirions cette sainteté non seulement pour nous dans nos familles respectives, mais pour toute l’Eglise dont le témoignage est plus attendu que nous ne pensons en ces temps d’incertitude.

Amen.

Père Stéphane AULARD

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