Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      Contempler le Christ

Contempler le Christ


HOMELIE DU CINQUIEME DIMANCHE DE CAREME (B)
(25 mars 2012)

1- Depuis le début de ce carême, nous chantons chaque semaine : «  Je veux chanter ton amour Seigneur chaque instant de ma vie, danser pour toi en chantant ma joie et glorifier ton Nom.  » La musique est simple et entraînante. La joie est l’horizon de ce chant. Tout est en place pour nous combler puisque nous sommes rassemblés pour l’eucharistie autour du Seigneur qui est le motif de notre joie. Les paroles de la fin du chant semblent aller dans le même sens enthousiaste : « et glorifier ton Nom. ».

Glorifier le Nom du Seigneur : « que ton nom soit sanctifié  », disons-nous dans la prière du Notre Père. Il s’agit bien de glorifier le Nom du Seigneur Dieu Notre Père. Les Juifs qui étaient à Jérusalem et ces grecs sans doute païens mais attirés par la foi juive au Dieu unique sont là au moment de la fête de Pâques pour « sanctifier le Nom » imprononçable de Dieu.

Les Juifs et les apôtres qui viennent d’être témoins de la résurrection de Lazare (Jean 11,1-45) et de l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem (Jean 12,12-19) sont fascinés, aimantés, attirés par Jésus qu’ils veulent voir comme d’autres l’ont écouté ou encore touché depuis qu’il a commencé son ministère itinérant partout en Israël. «  Nous voudrions voir Jésus » (Jean 12,21) me fait penser à ces paroles de Jésus précisément en Saint Jean : « Qui m’a vu a vu le Père » (Jean 14,9)ou encore : « Qui veut aller vers le Père doit passer par moi... » (Jean 14,6).

Si nous sommes là c’est bien parce que nous comptons rencontrer le Seigneur, le voir, le toucher, l’écouter, le goûter dans l’eucharistie partagée : «  Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur ! »(cf. Psaume 33,9)


2- Beaucoup ont fait cette expérience de se laisser regarder par le Christ en venant quêter dans le sacrement de la miséricorde ces paroles qui prolongent son agir et qui sont confiées à l’Eglise pour qu’elle poursuive le ministère de compassion, de consolation, de bonté du Seigneur Jésus : «  Par le ministère de l’Eglise que le Seigneur vous donne le pardon et la paix... », entend-t-on lorsqu’un prêtre remet les péchés à un pénitent ! Il y a là plus que des mots ; il y a là véritablement une expérience à vivre : Oui, le nom du Seigneur est glorifié à chaque fois que l’un de ses enfants accepte de se laisser envelopper par la tendresse et la miséricorde abondante qui est en Lui.

Nous pouvons faire cette expérience dans la prière personnelle et communautaire, dans le compagnonnage humain en semant paix et bonté autour de nous et dans nos relations. Nous pouvons faire cette expérience de manière éminente en célébrant le sacrement du pardon qui nous fait toucher très concrètement à cette réalité spirituelle considérable :tu vaux tellement plus que ton péché, tes fragilités, tes turpitudes, tes mesquineries.

Oui, glorifie le Nom du Seigneur qui t’a créé et t’a racheté toi qui es l’image du Dieu transcendant et qui devrait tellement porter en toi, dans tes enfants et ta famille, dans tes relations, dans tes choix, ton style de vie le Nom du Seigneur de l’univers. Oui, rien que cela, tout cela : porter en toi le nom du Seigneur. Tu as été baptisé et tu finis malgré tout par enfouir le trésor du Dieu vivant.

Qu’à cela ne tienne, viens te réconcilier avec ton Dieu. Alors tu pourras célébrer sur terre non seulement le Père des hommes mais aussi son image parfaite, son icône, le Fils, Jésus Christ qui veut te mener au plus près du Père. Aujourd’hui beaucoup veulent ne pas manquer d’ambition.

Notre ambition est celle-ci : glorifier le Nom du Père en suivant au plus près Jésus Christ, le serviteur, le maître, le frère, notre frère.

Durant ce carême qui n’est pas encore terminé, il nous faut oser nous approcher de Jésus. Il faut lui dire : « J’ai envie de te voir ! » Il faut aussi découvrir les chemins du Dieu vivant qui passent par ceux empruntés par Jésus, il n’y a pas à sortir de là. Il y a quinze jours avec le récit des marchands chassés du Temple (cf. Jean 2,15-16), nous étions fortement invités à « faire le ménage en nous » et à chasser les étals des jugements à l’emporte pièce de nos vies, les peurs de toute sorte, les intolérances qui conduisent à la haine incommensurable de l’autre, les bassesses qui ne sont pas le privilège que ... des grands. Pour cela, la semaine dernière nous étions au pied du mur avec l’annonce pure, forte, claire de la foi chrétienne : «  Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique. Ainsi tout homme qui croira en lui ne périra pas ! » (Jean 3,16)


3- Et aujourd’hui ? Il me semble que Jésus nous révèle étonnamment sa manière : l’humilité, l’abaissement, l’adhésion profonde au dessein du Père (ce que l’épître aux hébreux appelle l’obéissance) et par-dessus tout le don de soi par amour. C’est ce que la métaphore du grain de blé tombé en terre et qui semble impuissant, alors que la germination est déjà en œuvre, nous révèle. C’est le chemin qui va à contre courant de nombre de nos modèles en cours confondant la connaissance approfondie des êtres avec le nombre d’amis que l’on a sur les « réseaux sociaux ».

C’est pourtant le chemin actuel de beaucoup d’entre nous et je suis là pour vous encourager à chercher d’autres voies : dans la patience des relations aimantes quoique difficiles, dans le service accompli chaque jour, chaque semaine auprès de démunis ou « blessés de la vie » sans convocation des journalistes, quelque chose de grand et de prometteur se réalise et n’en doutez pas : le Royaume de Dieu est en marche.

« Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes » (Jean 12,32) dit Jésus à ceux qui sont venus le voir. Il nous le dit aussi. Des siècles de christianisme nous ont appris à regarder, mieux, à contempler la croix du Christ non pas seulement comme un instrument de torture abject, mais bien comme le lieu ultime du don de soi.

Les chrétiens qui ont regardé vers Jésus sur la croix et qui l’ont suivi magnifiquement ne manquent pas : de saint François d’Assise qui s’est converti devant la croix de San Damiano à saint Maximilien Kolbe qui livra sa vie en prenant la place d’un père de famille dans l’enfer des camps de concentration.

Tous ont découvert que c’est bien la puissance de résurrection qui habite le Vivant dans tous les moments de sa vie jusque sur la croix. Cette puissance, cette énergie, c’est l’amour plus grand qui nous invite au dépassement de nous-mêmes avec la grâce de Dieu.

Oui, l’être humain n’est pas condamné à végéter dans ses forces animales. Oui, la croix du Christ est déjà victorieuse parce que seul l’amour jusqu’au bout sauve. Le Christ obéissant au Père l’a accompli. Nous avons reçu par l’Esprit Saint cette puissance qui ne peut pas s’éteindre et qui peut nous conduire bien au-delà de nous-mêmes à hauteur du Dieu vivant.

Que cette fin de carême, que le temps pascal tout proche de nous maintenant nous amène à contempler le Christ dans l’Evangile, sur la croix, dans la prière, dans le service du frère et dans les sacrements. Amen.

Père Stéphane AULARD

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