Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      Convertissez vous et croyez à la bonne à la Bonne Nouvelle !

Convertissez vous et croyez à la bonne à la Bonne Nouvelle !


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  • 11 mars 2010
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« Convertissez vous et croyez à la bonne à la Bonne Nouvelle »

C’est par ces mots que les Chrétiens sont invités à vivre le temps de carême et plus précisément en étant marqués du signe de la croix le Mercredi des Cendres.

Convertissez vous : c’est encore par ces termes que le Christ s’adresse aux gens qui viennent le trouver dans l’évangile de Luc que nous venons d’entendre.

Mais c’est aussi le message que Paul adresse aux Corinthiens. La leçon de l’Exode (première lecture) est bien un appel à la conversion.

Ce mot de «  conversion » est très souvent présent dans la Bible et dans les évangiles, Jésus y revient régulièrement. Le sens biblique du mot conversion, n’est pas tant un départ dans une autre direction qu’un regard nouveau sur notre vie, sur ce monde et les hommes ainsi qu’une acceptation de se laisser regarder par le Christ lui-même.

Dans notre société tout nous pousse à être des gagnants. Tout nous pousse à une compétition qui écarte l’autre. Tout nous pousse à un profit personnel. Et si nous sommes poussés à être les meilleurs dans ce monde compétitif, c’est pour ne pas être du côté des perdants. Car s’il y a des gagnants, il y a... des perdants .

Effectivement dans notre monde beaucoup d’hommes et de femmes vivent durement : je pense que c’est même une grande majorité. Ces hommes, ces femmes, l’auraient-ils mérité ?

« Pensez vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs … et ceux qui sont morts dans leur chute de la tour de Siloé étaient ils coupables ? demande Jésus…

Qui peut raisonnablement penser que le peuple haïtien, chilien, ou aujourd’hui chez nous, les victimes des inondations, ont mérité leurs malheurs et leurs souffrances ?

Qui peut raisonnablement penser que les exclus du travail, les exclus d’un logement décent, tout ceux qui sont victimes des dérèglements économiques, ont une quelconque responsabilité ?

Qui peut raisonnablement penser que tous ceux qui sont dans la souffrance soient sujets de la condamnation de Dieu ?

Alors, cette conversion à laquelle, comme croyants, nous sommes invités est contraire à une fuite de ce monde imparfait et de ses injustices pour nous réfugier dans notre petit monde à nous !

Cette conversion à laquelle le Christ nous appelle, doit changer notre regard sur les événements de la vie, changer notre regard sur les hommes et agir pour un monde plus juste, un monde plus fraternel. Cette conversion nous appelle à la rencontre du Christ dans l’autre quel qu’il soit et plus particulièrement le plus fragile.

Il ne s’agit pas de ressasser les malheurs et les souffrances de nos vies. Il ne s’agit pas de rester spectateur de la vie et de se contenter d’évaluer la mort des autres mais bien devenir acteur de cette vie. C’est ce que Jésus nous ordonne dans cette parabole du figuier stérile.

Changer notre regard, devenir acteur, et vivre avec la Parole du Christ, c’est à cette conversion que nous sommes tous appelés.

Ce qui compte, et beaucoup de paraboles nous le disent, c’est le retournement de cœur qui nous fait redevenir comme un petit enfant, ce qui compte c’est l’effort des hommes pour construire dès aujourd’hui dans notre vie, le Royaume de Dieu et sa justice.

C’est à cette conversion à l’amour de l’autre et du don de soi que le Christ nous appelle. N’est-ce pas là même le mystère de Pâques qui est annoncé ?

En ce temps de Carême avec mes frères diacres nous avons proposé une démarche de réflexion et d’action inspirée par l’encyclique de notre pape Benoît XVI : « L’Amour dans la Vérité ». Si le Christ à travers l’évangile de ce jour nous appelle à la conversion à l’Amour du frère, cette encyclique nous rappelle que cet amour ne peut être vécu que dans la vérité.

Aujourd’hui j’attirerai votre attention sur le chapitre III. « Fraternité, développement et société civile » dans lequel notre Pape attire notre attention sue l’expérience du Don.

L’Homme moderne (dit-il) « est parfois convaincu d’être le seul auteur de lui-même, de sa vie et de la société. » Et rajoute-t-il, « c’est là une présomption qui dérive de la fermeture égoïste qui provient – en terme de foi - du péché des origines. »

Benoit XVI ne condamne pas la logique du marché, mais il fait le constat que les problèmes de société, les questions du vivre ensemble qui se posent à nous aujourd’hui, ne peuvent être résolus par cette logique de rentabilité financière et de productivité.

Je peux prendre un exemple qui me touche de près. Concernant le grand âge : la prise en charge de la dépendance nous bouscule et sera de plus en plus pressante. Les personnes dépendantes seront de plus en plus nombreuses ! Que produisent-elles ? Quelle utilité, quelle rentabilité ont elles ? Financièrement c’est surtout un coût. Non, la prise en charge de nos aînés dépendants ne peut pas être un problème de profit financier, c’est d’abord un problème de dignité et de solidarité ou avec le langage de la foi nous devons parler d’Amour de nos frères.

Et dans un autre domaine, celui de la mondialisation, regardons comment la crise financière met sur le côté des millions d’hommes et plus spécialement les plus fragiles. Ces jours-ci nous entendons les Grecs, mais combien d’hommes ne peuvent plus s’exprimer ?

Dans tous ces désastres où est l’Homme ?

A côté de cette logique du marché, Benoit XVI nous appelle fortement à d’autres logiques.

D’une part une logique de redistribution, une logique de solidarité, qui est certes celle des États et des pouvoirs publics : remercions tous les responsables et militants politiques et syndicaux qui donnent de leur force et de leur temps pour un monde plus juste et plus fraternel. Mais chacun de nous à sa place dans cette vie sociale.

D’autre part une logique du Don. C’est le rôle du mouvement associatif où là aussi beaucoup d’entre nous s’engagent bénévolement pour que l’Homme grandisse. Selon nos disponibilités prenons notre part et soutenons ces mouvements, méditons la parabole du bon Samaritain (Luc, 10,25-37).

Si notre Pape nous interpelle sur ces sujets graves, ce n’est sûrement pas comme économiste qu’il se place mais bien par ce qu’il est pétri par l’Evangile. Je vous inviterai plus spécialement pendant ce carême à lire ou à relire cette encyclique « Caritas in veritate »

Alors si l’évangile de ce jour nous appelle à la conversion, celle de notre cœur, demandons au Seigneur au cours de cette eucharistie la force du Don gratuit pour nos frères.

Au bout du chemin il y a l’Espérance de Pâques.

Amen.

Yves Brisciano
Diacre



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