Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
http://lerosairesaintmaur.org/Des-tentations-du-Christ-a-sa
      Des tentations du Christ à sa transfiguration

Des tentations du Christ à sa transfiguration


  • Télécharger l'article au format PDF Imprimer cet article
  • 3 mars 2010
  • 0 vote

Deuxième dimanche de Carême (28 février 2010)

1- Il est de tradition immémoriale que le Second dimanche de Carême soit médité à la messe la scène de la Transfiguration (en Matthieu 17, 8-17).
Comme il est tout aussi immémorial de lire le récit des Tentations du Christ au désert le Premier dimanche de Carême.

Je voudrais, au début de cette homélie, souligner l’effet produit par cette succession qui consiste à passer des Tentations du Christ à sa Transfiguration. En effet, cela produit un effet tout aussi saisissant que le passage du chapitre 16 de Matthieu -annonçant pour la première fois la Passion du Seigneur refusé par Saint-Pierre qualifié de Satan par le Christ (Mt 16,23)-. au chapitre 17 : la Transfiguration.

Il me semble que la liturgie nous offre ici une leçon spirituelle :

Dans son humanité le Seigneur Jésus est tenté et Il se montre victorieux. Le diable ne va-t-il pas jusqu’à manipuler la Parole de Dieu en allant jusqu’à la citer et en l’interprétant de manière erronée ?

Dans sa divinité le Seigneur Jésus est transfiguré -son visage et ses vêtements resplendissent « comme la lumière »-. L’anticipation pascale est ici particulièrement nette puisqu’au tombeau, au matin de Pâques, l’ange du Seigneur aura lui aussi « l’aspect de l’éclair » et sa robe apparaîtra « blanche comme neige. » (cf.Matthieu 28,3).

Ici la voix du Père recommande aux témoins -Pierre, Jacques et Jean- d’écouter la voix du Fils bien-aimé (Matthieu 17,6) seul chemin d’accès au Royaume des cieux.

Nous voyons donc ici ce que l’Eglise en ce temps de carême, certes, mais cela vaut évidemment pour toute notre vie chrétienne aussi, nous propose : Attachez-vous au Fils de Dieu, écoutez sa Parole puisque c’est celle du Dieu vivant (cf. Mt 16,16). Marchez à sa suite en renonçant à vous-même) (cf. Mt 16,24) et ainsi vous vivrez en communion avec le Ressuscité qui ne déçoit pas.


2- Je voudrais maintenant m’attarder sur deux détails de cette scène anticipant la Résurrection du Seigneur et notre propre résurrection.

Pourquoi cette scène se déroule-t-elle sur une haute montagne (verset 1) nous offrant un « entretien au sommet » entre Jésus Moïse et Elie(verset 3) ?

La « haute montagne » (le Mont Thabor selon la tradition) n’est pas sans faire penser bien entendu au mont Sinaï (Moïse y a reçu le Décalogue : Cf. Exode 19,9). Le Sinaï est aussi appelé Mont Horeb. Or, c’est là qu’Elie se réfugia pourchassé par la reine Jézabel qui lui reprochait de s’être montré le « champion de Dieu ». En somme, Elie retourne au lieu même de la révélation première. (cf. 1 Rois 19,8 sq)

Jésus entouré des piliers de la Révélation de l’Ancien Testament est bien le médiateur de la Nouvelle Alliance. S’il y a un dialogue entre Moïse, Elie et Jésus, le texte pourtant ne nous en révèle pas la teneur. Selon la tradition « Ignorer les Ecritures c’est ignorer le Christ » (Saint Jérôme) et « Tout converge vers le Christ ». Quel beau programme de Carême que cette étude de nos sources ! Quel impératif aussi pour les chrétiens à la fois en dialogue et sommés d’offrir à leurs contemporains leurs raisons de croire d’espérer et d’aimer !

• Pourquoi Pierre se propose-t-il de dresser trois tentes pour ses augustes débatteurs ? (verset 4)

Vous avez sans doute déjà entendu une interprétation courante : Pierre voudrait arrêter le temps et rester dans la pureté de l’événement exceptionnel dont il est témoin alors qu’il va bien falloir redescendre de cette montagne ! (Cf. Matthieu 17,9)

Oui, bien sûr. Pourtant il faut aller plus loin, car la « tente » dont il est ici question n’est pas sans rappeler la « Tente de la Rencontre » de l’Ancien Testament, celle qui transportait les précieuses tables de la Loi et qui accompagnait le peuple de Dieu en chemin (le Temple n’existait pas encore). Pierre a bien compris que le Seigneur transfiguré récapitulant à lui seul toute l’histoire de la Révélation est cette présence incomparable.

Le Seigneur a décidé de « dresser sa tente » parmi nous selon les mots du Prologue de Saint Jean. Saint Jean n’est-il pas lui-même autre témoin de la Transfiguration ?

« Et le Verbe s’est fait chair et il a demeuré (« dressé sa tente ») parmi nous, et nous avons vu sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. » (Jean 1,14)

Le Verbe fait chair demeure parmi nous dans le corps des Ecritures sans cesse à recevoir et à méditer. Et aussi dans son corps eucharistiquequi, certes, demeure dans nos « tabernacles » successeurs de la « Tente de la Rencontre », mais encore dans les communiants eux-mêmes porteurs de la présence eucharistique, véritable « théofores » (porteurs de Dieu).

Ainsi donc, ce n’est plus une « tente de la rencontre » qui chemine au milieu du peuple de Dieu. Les tabernacles de nos églises sont les précieux rappels disséminés aux quatre coins du monde pour signifier la présence du Seigneur dans ce monde.

Frères et soeurs qui allez communier dans quelques instants : n’oubliez pas que vous êtes les tabernacles vivants porteurs de la présence du Christ. Pourvu qu’en nous voyant, on puisse croire que Dieu est vivant !

L’adoration eucharistique proposée à toutes nos paroisses de Saint-Maur comme chaque mois aura lieu jeudi 4 mars prochain à 9 h30 à l’église Saint Hilaire de La Varenne et cela en continu jusqu’au vendredi à 9 h. Elle est sans doute là pour nous permettre de reprendre conscience de cette présence et de rendre grâce. Oui, nous ne sommes pas seuls : ce monde et nous-mêmes sommes habités du Christ transfiguré et ressuscité.

Amen.

Père Stéphane AULARD



Homélies antérieures



- A Notre-Dame du Rosaire le dimanche : 9h messe tridentine, 11h, 18h messe des jeunes, samedi : 18h

- En semaine

  • lundi, mercredi : 19h
  • mardi, jeudi, vendredi, samedi : 8h30

- A la Chapelle St-Joseph le dimanche 9h30

décembre 2017 :

Rien pour ce mois

novembre 2017 | janvier 2018

newsletter