Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      Dimanche de Pâques 2009 - Homélie du Père Stéphane Aulard

Dimanche de Pâques 2009 - Homélie du Père Stéphane Aulard


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  • 18 avril 2009

Homelie de Pâques - (11 et 12 avril 2009)

Frères et sœurs, nous voici arrivés au sommet du « triduum pascal » : depuis jeudi soir nous avons vécu le parcours ultime de Jésus notre Seigneur qui, dans la salle du Cénacle, partagea son dernier Repas avec ses apôtres et leur livra de manière anticipée le sens de son sacrifice ultime sur la Croix : « Prenez et mangez en tous, ceci est mon Corps livré pour vous... Prenez et buvez en tous car ceci est la coupe de mon sang... le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle qui sera versé pour vous et pour la multitude... Vous ferez cela en mémoire de moi. » Or, ce qui est annoncé le Jeudi Saint au soir s’est produit le Vendredi Saint : le Seigneur a bien livré son Corps et versé son Sang pour nous et pour la multitude des êtres humains sans distinction aucune, pour toutes les générations et les continents. Pourquoi ? Parce que c’est le Seigneur et que sa volonté est le salut, la vie de tous ses enfants et non leur mort, leur abandon, leur anéantissement comme s’ils étaient quantité négligeable. Non, le Créateur des mondes et de l’humanité, notre Créateur est bien venu en Jésus déjà dans le mystère de son Incarnation, à Noël, rejoindre sa créature, l’être humain, et par sa vie, son action bienfaisante (cf. Ac 10,38) et son engagement aux côtés de l’Homme, Il l’a sauvé, élevé jusqu’à lui offrir sa vie dans l’offrande qu’Il a faite de son être pour lui. Il lui a manifesté ainsi sa haute dignité et c’est cela que nous célébrons d’âge en âge en faisant mémoire de Jésus à la Cène, à la Croix et hors du tombeau devenu vide parce que le dernier ennemi qu’Il a vaincu, comme le dit Saint Paul, c’est la mort (cf. 1 Corinthiens 15,26). Elle n’a pas pu retenir l’auteur de la vie, la Vie elle-même, en son principe, comme le dit Saint Jean (cf. Jean 1,4).La vie aussi comme un chemin à parcourir, ce qu’a fait Jésus qui était bien un être biologique tout comme nous. Mais aussi la vie véritable, c’est-à-dire associée à d’autres, juste, belle. Bref, une vie entièrement donnée. On comprend pourquoi Saint Jean a retenu cette parole de Jésus : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » (Jean 14,6)

Aujourd’hui, nous célébrons la Résurrection du Seigneur Jésus. Nous en faisons mémoire, nous la proclamons, nous l’annonçons ! Notre « alléluia » de Pâques (mot intraduisible qui est quelque chose comme « Vive Dieu ! »), c’est cela : un cri de victoire pourtant précédé d’un long silence, d’une retenue, d’une méditation et même d’un étonnement. Car, la Résurrection n’est pas un tour de passe-passe ! Il semblerait que bon nombre de catholiques n’y croient pas, n’y croient guère...Un sondage récent (paru dans le numéro de Pâques de « Pèlerin magazine »)parle de 13 %, ce qui ne fait vraiment pas beaucoup ! De deux choses l’une : ou vous faites partie des 13 % et tous ceux qui ne sont pas ici n’y croient pas ou bien vous êtes ici, malgré tout ! Alors, accueillez la bonne nouvelle de la Résurrection et qu’elle vous entraîne ! Je sais que beaucoup de personnes peu croyantes et surtout peu familières de l’Evangile accommodent leur foi difficile en la Résurrection en la mélangeant à d’autres croyances telles que la métempsychose ou la réincarnation... Je sais aussi, comme on dit aujourd’hui que la Résurrection du Seigneur, c’est « énorme », c’est « trop » ! Précisément, parce que c’est du Seigneur dont il s’agit. D’un événement unique dans l’histoire humaine et sans doute de toutes les galaxies. D’un événement cosmique, n’ayons pas peur du mot ! La tradition catholique et orthodoxe cependant en précisant que seule Marie partage pour le moment cet état de résurrection aux côtés de Jésus, nous en montre les conséquences, les « bienfaits collatéraux » si l’on peut s’exprimer ainsi à propos de cette Résurrection du Christ. On nous parle si souvent des « dommages collatéraux » qui engendrent toujours plus de morts dans nos guerres soit disant propres ! :Quoi donc ? La Résurrection est un bien partagé, une promesse non seulement d’éternité ou d’immortalité (autrefois réservée dans les mythologies gréco-latines à certains demi-dieux). Mais, bien plus frères et sœurs : un état de ressuscité. C’est ce que Saint Paul scande dans ses épîtres où il met autant d’énergie à nous annoncer la Résurrection du Christ pour que notre foi ne soit pas vaine (cf. 1 Corinthiens 15,13-15) qu’à nous faire découvrir notre condition de baptisés déjà passés avec le Christ de la mort à la vie et promis à une vie nouvelle dès maintenant, sans attendre : bref, une vie de ressuscités ! Je pense par exemple à ces paroles très denses de la lettre aux Colossiens : « Ensevelis avec lui (le Christ) dans le baptême, avec lui encore vous avez été ressuscités puisque vous avez cru en la force de Dieu qui l’a ressuscité des morts. » (Col 2,12) Un peu plus loin et encore plus « fort » si je puis me permettre : « Du moment que vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez ce qui est en haut, là où se trouve le Christ... » (Col 3,1)

Expliquons-nous là-dessus ? De quelle hauteur s’agit-il ? S’agirait-il d’échapper à la condition humaine ? Les baptisés bénéficieraient-ils d’un traitement spécial qui les prémunirait de toute difficulté ? Auraient-ils souscrit une assurance multirisques inouïe ?Surtout, leur serait-il épargné de vivre, donc de souffrir parfois, de chercher comme les autres difficilement le sens de leur existence, de balbutier dans les choix essentiels qu’ils ont à faire dans leur quotidien ? Pas du tout frères et soeurs. Nous sommes tous embarqués dans l’existence humaine, chahutés, ballotés, inconséquents parfois, méchants à nos heures. Mais, la spiritualité chrétienne, car il y en a une, c’est de suivre le Christ dans un amour livré, dans un don de nos personnes où il y a du « bonheur » (« plus de bonheur » précise Saint Paul) à donner qu’à recevoir !(cf. Actes 20,35) Il ne suffit pas de canoniser l’ Abbé Pierre, Mère Térèsa ou Sœur Emmanuelle en versant notre larme quelques jours lorsque les médias au moment de leur mort nous passent en boucle des images de leurs vies hors pair ! Si l’on est chrétien, il faut aller à la source. Pour ces trois-là que l’on serait même prêt à mettre au Panthéon, à la source, il y a un amour nommé : JESUS ! Et ce ne sont pas les seuls, croyez-le ! Dans nos existences en mouvement. - non pas agitées - mais mues par la certitude que tout ce qui n’est pas donné se perdra, ils est possible d’atteindre les hauteurs auxquelles le Christ appelle ses frères et sœurs. C’est notre grand-frère. Apprenons de lui ! Il n’y a dans notre foi chrétienne aucun mépris de la terre, de sa construction, des recherches en cours, des questions nouvelles qui se posent à nous dans des domaines aussi complexes que la bioéthique, l’économie, les flux migratoires ou la fin de vie. Nos réponses ne sont pas toutes faites contrairement à ce que l’on entend dire ! Mais nos hauteurs sont bien sur la terre que Dieu nous a confiée. Notre vie spirituelle, notre Salut se jouent bien là. Pourtant, sachons-le les bassesses existent aussi et mènent un sérieux combat contre cette aspiration au bien, au juste et au beau qui nous habitent ! Elles s’appellent la calomnie, la corruption, le narcissisme suraigu que cultivent souvent les médias en quête du dernier scoop qui retombera aussi rapidement dans les oubliettes de l’histoire qu’il y est venu ! Il faut réagir, chrétiens ! La ligne de crête est délicate : ne haïssez pas ce monde ! Ne vous comportez pas en victimes. Servez, servons ce monde loyalement, généreusement. Il nous faut peut-être ici, catholiques, réinventer ce que l’Eglise, les autres Eglises chrétiennes aussi, font en Afrique quand elles luttent contre le sida et qu’elles continuent d’inventer les structures d’accueil, dispensaires, hôpitaux en tous genres à hauteur de 25 % rapportés à tous les dispositifs engagés par les Etats et organisations non gouvernementales. Il nous faut catholiques ici ne pas rester les bras ballants : faites de la politique dans le parti de votre choix, mais insufflez un suplément d’âme en vous engageant ainsi ! Créez des associations quand il le faut pour défendre non pas « nos » intérêts mais ceux des plus démunis. Prenez la parole, cultivez votre foi, faites du lobying aussi s’il le faut !
Bref, menez une vie de ressuscités, habités par le Christ. Priez-le souvent ! Ne délaissez pas les assemblées dominicales pour vous nourrir de la Parole et du Pain de vie. Soyez heureux d’être ressuscités avec le Christ ! Amen

Père Stéphane AULARD



Homélies antérieures



- A Notre-Dame du Rosaire le dimanche : 9h messe tridentine, 11h, 18h messe des jeunes, samedi : 18h

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