Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      Dimanche du Bon Pasteur (25 avril 2010)

Dimanche du Bon Pasteur (25 avril 2010)


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  • 29 avril 2010
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4ème Dimanche de Pâques

Le quatrième dimanche de Pâques a pour sous-titre le dimanche du « Bon Pasteur ».

En effet, chaque année l’Eglise nous invite à entendre un passage du chapitre 10 de l’Évangile selon Saint Jean qui nous présente le Christ sous les traits d’un berger, le bon pasteur. Le verset 11 est dans toutes nos mémoires : Le Christ dit ces paroles rappelées au début du passage que nous lisons cette année (les versets 27 à 30) : «  Je suis le bon Pasteur, le vrai berger. »

Qu’est-ce qu’un berger pour nous dans notre société et notre culture actuelle ?

On entend parfois parler des bergers quand ils sont en colère et qu’ils « montent à Paris » ou à la préfecture de leur département pour manifester. Ils en ont assez des loups ou des ours que l’on réintroduit dans la faune de leur région et qui de temps en temps viennent égorger quelque mouton ou jeune brebis. Beaucoup de nos jours n’ont jamais vu un berger de leur vie et ne mesurent donc pas les difficiles conditions de vie des bergers chargés de garder des troupeaux dans la solitude et par tous les temps. La publicité parfois évoque les spécialités de tel ou tel berger de manière amusée, mais ce n’est pas cela qui va pour autant nous aider à comprendre ce qu’est un berger.

C’est pourtant cette figure du Seigneur berger, « bon Pasteur » ; que l’Eglise a retenue pour nous inviter en la contemplant à faire monter vers Lui une prière mondiale pour les vocations. Sur les cinq continents, ce dimanche, l’Eglise prie le « Maître de la moisson pour qu’Il envoie des ouvriers à sa moisson » (cf. Matthieu 9,38) puisque Jésus, le maître et le pasteur par excellence, nous y a invité. Puisqu’Il nous demande de le faire, nous le faisons !

Dans cette homélie, j’aimerais d’abord décrire les trait du Christ Pasteur pour essayer de bien comprendre qui est ce Pasteur, ce qu’Il fait aussi pour son troupeau. Puis, nous prendrons un peu de temps pour réfléchir sur les vocations puisque c’est vraiment le jour de le faire !

Je n’oublie pas que nous sommes dans l’année sacerdotale comme nous y a invité Benoît XVI et donc je reviendrai sur la figure essentielle du Pasteur.

Qui est donc ce Bon Pasteur ?

Jésus qui connaissait bien la tradition d’Israël consignée dans l’Ancien Testament a pour horizon de sa réflexion sans doute bien des passages comme le Psaume 22 (23) qui présente le Seigneur comme le berger par excellence : «  Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, Il me fait reposer. » (Ps 22 (23), verset 1) Jésus a aussi en tête les propos que le prophète Ezéchiel tient (au chapitre 34 de son livre) lorsqu’il vitupère contre les rois d’Israël présentés comme de mauvais bergers.

Toute la tradition d’Israël estime que le roi est le berger chargé par Dieu de guider le peuple qu’Il lui a confié. Or, l’histoire et l’expérience montrent que bien souvent les rois n’ont pas été à la hauteur de ce que Dieu leur confiait comme mission. Ezéchiel qui, au VIème siècle, se retrouvait en exil avec son peuple mesure la gravité de cet état de fait : si Israël en est arrivé là, c’est bien parce que le roi du moment, à la suite de beaucoup d’autres avant lui, n’a pas été un bon roi, un bon guide capable de bien mener la politique de son pays.

Jésus, comme les prophètes avant lui, savait donc a priori ce que l’on attendait d’un roi : qu’il soit un bon et vrai berger. Or, souvent les rois furent mauvais et faux parce qu’ils n’agirent pas dans le sens du bien compris comme le bien-être et la prospérité de leur peuple et aussi dans la fidélité à Dieu et aux idéaux d’Israël.

Dans le chapitre 10 de Saint Jean, Jésus se présente en disant : «  Je suis le bon berger ». Nous connaissons cette expression «  Je suis » qui revient fréquemment dans cet évangile : «  Je suis le pain vivant »(Jean 6,34), «  Je suis la lumière du, monde »(Jean 9,5), «  Je suis la résurrection et la vie » (Jean 11,25), «  Je suis le chemin, la vérité et la vie. »(Jean 14,6)

L’expression «  Je suis » exprime la divinité de Jésus et tous les attributs que je viens d’énumérer sont donc ceux de Jésus de Nazareth qui est le Seigneur. C’est en effet le Seigneur qui nous apprend ce que veut dire être berger. Jésus le précise : «  Il donne sa vie pour ses brebis »(Jean 10,11.15). Il prend donc soin d’elles en les ramenant dans le bercail si elles se perdent (cf. la parabole de la brebis perdue en Luc 15), mais il est aussi prêt à livrer sa vie pour elles, pour les sauver.

Je vous signale au passage que dans notre culture, ce soin et ce don de soi pour les brebis était une fonction que le roi autrefois devait exercer. Cela lui était dit au jour de son sacre et cela montre plus largement combien notre culture façonnée par la tradition biblique et chrétienne sait qu’une vie -et singulièrement la vie des chefs- ne vaut que par le don de soi dont elle peut être capable.

Le Bon Pasteur appelle ses brebis : c’est pourquoi elles ont chacune une vocation :

Mais, ce berger a aussi une autre fonction que celles rappelées à l’instant. Il connaît ses brebis. Et il les connaît si bien qu’il les appelle chacune par son nom (Jean 10,3). La connaissance du berger n’est donc pas simplement une connaissance globale du type : « J’ai environ tant de têtes de bétail... » Non, mais bien plutôt : je les connais chacune et je peux les appeler par leur nom. Tant et si bien qu’elles n’écouteront jamais la voix d’un berger mercenaire qui, lui, serait intéressé, mais certainement pas prêt à donner sa vie pour protéger chacune des brebis.(cf. Jean 10,5.13) Vous comprenez pourquoi je parle d’appel des brebis par leur nom. C’est parce que nous entrons ici dans l’intimité et la connaissance personnelle que le Seigneur a de nous.

Eh bien frères et soeurs savez-vous que chacun et chacune d’entre nous a été appelé (e) par le Seigneur au jour de son baptême ? En effet, ce jour là ce n’est pas par une simple déclaration ou par l’énumération de notre numéro de sécurité sociale que nous avons reçu le baptême. C’est parce que le ministre du baptême (évêque, prêtre ou diacre) a prononcé notre nom de la part du Seigneur. Or, notre nom qui est en fait notre prénom -que nos parents ont choisi quelquefois après bien des négociations- nous établit personnellement dans une famille (c’est notre nom de famille) et dit combien nous sommes uniques.

Le Concile Vatican II ne cesse de rappeler ce fait essentiel : par notre baptême, nous avons une égale dignité qui fonde notre existence chrétienne. (cf. Constitution sur l’Eglise, Lumen gentium, n° 31 et 32) Il n’y a donc pas de vocations supérieures à d’autres. Mais, fondamentalement, nous sommes tous des êtres appelés, donc connus et aimés du Seigneur. Nous ne sommes jamais seuls.

Cela c’est ce qu’on appelle la «  vocation chrétienne ». Le mot « vocation » vient du latin vocare qui se traduit en français appeler. Il faut le dire et le redire : un chrétien est appelé par Dieu, connu et aimé de Dieu dès sa conception et le baptême est le sacrement qui le signifie clairement.

Il y a donc la vocation chrétienne qui vient du baptême et il y a dans l’Eglise bien des manières de refléter le Christ, de le montrer aux autres. Chacun ne peut pas réaliser évidemement à lui seul la totalité du Christ, mais la vocation spécifique de chacun souligne un trait particulier du Christ. Je m’explique :

Les personnes mariées reflètent le Christ époux de son peuple.
Un époux aimant et fidèle qui est entré en alliance pour toujours avec son peuple. Le couple exprime donc cela dans son mariage.
Le mariage chrétien, le sacrement de mariage n’est donc pas un pis-aller comme parfois une certaine spiritualité, autrefois,a pu le laisser entendre dire. Puisque tu ne suivras pas le chemin de la vie parfaite (la vie religieuse), marie-toi donc !
Le mariage chrétien, je ne parle pas ici des différents produits et sous-produits que la République a pu inventer depuis quelque temps (du concubinage en passant par le PACS), est quelque chose de grand puisqu’il ne s’agit de rien moins que de montrer au monde combien dans le Christ en venant à notre rencontre continue par son engagement total, sa fidélité, à vouloir la réussite de chacune de nos vies, la réussite de ce ce monde.
Je pense ici aux jeunes et j’ai envie de vous dire : Votre vocation, l’appel que vous lance le Seigneur et la réponse qui est la vôtre est peut-être d’être mariés. Sachez que cela est grand (cf Ephésiens 5,32). Alors, si telle est votre vocation, si telle est votre mission, entrez dans cette grandeur à laquelle le Christ vous appelle !

Qu’est-ce qu’un prêtre ?
Si autrefois, le mariage en tant que sacrement a pu être minoré au profit de la vocation religieuse ou sacerdotale, aujourd’hui, toutes les vocations pâtissent y compris celle de prêtre.
J’ai encore entendu des gens me dire : « Ah, vous vous êtes fait prêtre parce que vous avez eu une déception ! ». On imagine de quelle déception il peut s’agir !Un prêtre est là pour exprimer la figure du Christ pasteur dont j’ai déjà beaucoup parlé.
Etre pasteur, c’est avoir pour charge de conduire le peuple de Dieu qui se trouve par exemple sur un quartier (une paroisse). C’est faire retentir la Parole de Dieu (par la prédication comme je suis en train de le faire), inviter à la prière, offrir les sacrements, inciter à l’amour de charité. Voilà le ministère du prêtre, pasteur à la suite du Christ, qui ne nous emmène pas sur des chemins de traverse.

Je pourrais encore parler du diaconat.
Les diacres -nous en avons sept qui habitent à Saint-Maur, ce qui est rare dans une ville- expriment par leur engagement la figure du Christ serviteur. Il s’agit de montrer que le Christ est grand parce qu’il sert ses frères et ne se fait pas servir. Il les sert par amour. Les diacres ont beaucoup à apporter à notre Eglise et à notre société en montrant que le service désintéressé change tout !

Enfin un mot des religieuses et religieux.
Eux aussi par leur profession religieuse (les trois voeux de chasteté, pauvreté et obéissance) expriment à leur manière que le Christ, époux de l’Eglise, pauvre, chaste et obéissant, est venu aimer de cette manière son peuple. Un engagement religieux en vivant ces troix voeux nous désigne le Christ, époux chaste, pauvre et obéissant de son peuple. C’est pourquoi la vie religieuse est si importante pour notre Eglise et notre société.

Comme le dit sans cesse notre évêque, Mgr Michel SANTIER, il n’y a pas de vocations supérieures aux autres. Mais, dans l’Eglise on a besoin de toutes les vocations, comme dans un orchestre symphonique. Si l’on manque de certaines vocations,c’est comme si l’on manque de tout un pupitre dans un orchestre symphonique : il n’y aura pas de symphonie ! On a décidément besoin de toutes les vocations.

Prions donc ensemble en ce jour pour que chacun se redécouvre appelé, aimé de Dieu, donc jamais seul. Et prions ensemble pour que toutes les vocations de notre Eglise présentent au monde, dans une vaste et belle symphonie, le Christ époux, pasteur et serviteur.

Père Stéphane AULARD



Homélies antérieures



- A Notre-Dame du Rosaire le dimanche : 9h messe tridentine, 11h, 18h messe des jeunes, samedi : 18h

- En semaine

  • lundi, mercredi : 19h
  • mardi, jeudi, vendredi, samedi : 8h30

- A la Chapelle St-Joseph le dimanche 9h30

décembre 2017 :

Rien pour ce mois

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