Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      Fête du Christ Roi de l’Univers

Fête du Christ Roi de l’Univers


HOMELIE POUR LA FETE DU CHRIST ROI DE L’UNIVERS
(25 novembre 2012)

1- Le passage d’Evangile qui vient d’être proclamé en Saint Jean (chapitre 18, versets 33 à 37) est un extrait de la Passion du Seigneur. On pourrait dire qu’il s’agit d’un tableau (la première station du Chemin de la croix). Ne nous y trompons pas cette scène entre le roi Jésus et le gouverneur romain Ponce Pilate n’est pas un échange sympathique entre personnes de même rang qui se retrouveraient pour deviser sur la vérité comme dans un cercle philosophique.

Nous nous souvenons que Pilate en réponse à Jésus lui indiquant sa mission de « rendre témoignage à la vérité  » répondit : « Qu’est-ce que la vérité ? » (Verset 39). Cette remarque est moins la réponse d’un homme qui se piquait de philosophie à ses heures perdues que celle d’un être désabusé qui en avait assez d’être reclus dans un des confins de l’empire romain où la population était réputée agitée et versatile. Il avait plutôt hâte d’en finir avec le prisonnier Jésus et de « rentre à la maison »…

Le passage d’Evangile insiste pour nous dire que ce prisonnier n’est pas ordinaire : il est roi comme David la grande figure tutélaire des juifs et tellement mieux qu’Hérode le sanguinaire à la botte des romains. Mais, c’est un roi nu, un pauvre homme abandonné de tous, sans grade, sans couronne, sans sceptre, sans cour, sans troupes, sans peuple apparemment. Il est sifflé, moqué, abandonné, Celui qui est « le roi ».

N’est-il pas étrange dans ces conditions de vouloir absolument présenter Jésus Christ comme roi puisque ce titre semble si dérisoire au seuil de la Passion. Peut-être, mais en attendant, n’oubliez pas frère et sœurs la Croix qui figure je pense en bonne place chez vous et que vous contemplez : le motif de la condamnation y est inscrit en toutes lettres  : «  Jésus de Nazareth, le roi des juifs ». Celui qui s’est dit roi des juifs et qui n’était qu’un imposteur, un pauvre, un provincial sorti de sa bourgade perdue, un séducteur lâché par ses supporteurs…

Et nous qui officiellement n’aimons plus les rois depuis notre Révolution, mais sommes prêts à nous rendre aux puissants du moment surtout s’ils « communiquent bien » comme on dit aujourd’hui…et nous bercent d’illusion en nous faisant quelques cadeaux… Qu’est-ce qui nous attire dans le visage du Christ, dans sa personne, dans sa parole, dans ses faits et gestes ?

2-Je voudrais vous inviter, frères et sœurs, à réfléchir un instant à cette expression qui accompagnera d’ailleurs la bénédiction à la fin de cette messe : « Que Dieu tout-puissant vous bénisse  »… Mais au fait de quoi parlons-nous lorsque nous affirmons la toute-puissance de notre Dieu qui semble bien être l’apanage des rois et « puissants de ce monde » comme on dit ? Dans le mot « puissance », il y a tellement mieux que la force ou évidemment la violence. Il ne s’agit pas de cela bien sûr.

Il y a le verbe pouvoir. Non pas le pouvoir des « hommes et femmes de pouvoir »…, mais la capacité de multiplier, de réaliser, d’engendrer. Dans le cas du Christ, cette capacité de faire le bien, d’aimer, d’être juste, d’être vrai…

La Préface de la messe d’aujourd’hui appelle ce «  règne de vie et de vérité, règne de grâce et de sainteté, règne de justice, d’amour et de paix… » Oui, le roi que nous confessons est bien Celui qui vient rendre témoignage à la vérité, au Bien, au juste et souverainement à l’Amour. C’est bien cela que nous avons découvert tous et chacun chez lui et qui nous fascine. C’est bien cela, frères et sœurs, membres du Corps du Christ qu’est l’Eglise, qui est remis entre nos mains, dans nos corps et dans nos âmes : vivre de bien et d’amour, faire la justice et témoigner de la vérité sur l’homme, le monde et Dieu.

Ces temps-ci ne vous semble-t-il pas urgent et nécessaire de rendre témoignage à la vérité sur l’être humain sans employer les armes des lobbys que l’Eglise catholique a toujours refusées : l’entrisme, la malhonnêteté intellectuelle, la calomnie, la corruption.

3- Dans cette eucharistie, regardons vers le souverain Bien, l’Amour plus grand, le juste des justes, la vérité ultime qu’est le Christ. C’est en regardant le Christ, c’est en communiant à sa vie divine qu’Il ne cesse de nous offrir à chaque communion que nous grandissons comme frères et sœurs bien-aimés de ce roi. C’est de Lui que nous recevons notre ordre de mission : Lui, le transpercé et le victorieux, l’alpha et l’oméga de toutes choses et des univers.

N’ayons pas peur car Il nous livre ce pouvoir d’aimer quand nous nous manifestons pour oser dire la vérité de l’être humain appelé à la communion dans l’acceptation des différences fondamentales qui le structurent, par exemple.

Que la fête du Christ Roi de l’Univers nous donne d’accueillir en Jésus le Prince de la Paix, le Royaume au milieu de nous.

Que cette fête nous relance dans notre désir patient et résolu de faire triompher ce qui est bon pour l’homme dont Dieu s’est approché une fois pour toutes en Jésus Christ.
Amen.


Père Stéphane AULARD


NB : La fête du Christ Roi de l’univers fut établie par le Pape Pie XI, le 11 décembre 1925. C’est aussi le dernier dimanche du temps ordinaire de l’Eglise.

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