Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      HOMELIE POUR LE MERCREDI DES CENDRES

HOMELIE POUR LE MERCREDI DES CENDRES

(13 FEVRIER 2013)




1- En entrant, frères et sœurs, ce soir dans le temps du Carême par cette célébration solennelle du Mercredi des Cendres, nous ne sacrifions pas à quelque exercice suranné ! Nous avons au contraire pleine conscience que partout dans le monde des millions de chrétiens catholiques, comme nous, de tous horizons et de toutes générations prennent le temps de se rassembler « entre le portail et l’autel » de leur église pour « revenir » à Dieu comme nous y presse le prophète Joël (Joël 2,12) !

Oui, en entendant ce prophète et surtout en contemplant le Christ au désert qui commence par se retirer pour mieux entrer dans son ministère public, nous prenons sur ce temps qui nous semble courir toujours plus et nous échapper. Nous le saisissons pour nous réunir à une heure inhabituelle en Eglise, en assemblée fraternelle, et commencer ce chemin de retour à Dieu dont notre culture, nos usages, notre quotidien, notre mode de vie nous éloignent, semble-t-il, inexorablement !

Puisse ce Carême nous être profitable : prions les uns pour les autres, les uns avec les autres ce soir pour nous encourager sur ce chemin ardu de l’union à Dieu et de la communion à nos frères et sœurs humains pour lesquels Dieu Notre Père s’est compromis à jamais en s’offrant par son Fils pour notre rédemption, ne l’oublions pas.

Vous le savez, comme nous y a invités Benoît XVI, nous sommes dans l’Année de la foi. Nous ne bénéficierons probablement pas de son encyclique pourtant programmée sur la première des trois vertus théologales. Nous pouvons toutefois nous reporter à l’encyclique qui ouvrait son pontificat à Noël 2005, Deus caritas est (Dieu est amour). Elle affirme dès le début ceci :

« ‘Dieu est amour : celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu en lui’ (1 Jean 4, 16). Ces paroles de la Première Lettre de saint Jean expriment avec une particulière clarté ce qui fait le centre de la foi chrétienne : l’image chrétienne de Dieu, ainsi que l’image de l’homme et de son chemin, qui en découle. De plus, dans ce même verset, Jean nous offre pour ainsi dire une formule synthétique de l’existence chrétienne : « Nous avons reconnu et nous avons cru que l’amour de Dieu est parmi nous. »…. (N° 1)

Un peu plus loin, le pape commentant le commandement de l’amour du prochain (cf. Lévitique 19, 18) à la lumière de l’engagement du Christ, le Fils de Dieu, en ce monde ajoute ceci : «  Comme Dieu nous a aimés le premier, l’amour n’est plus seulement un commandement, mais il est la réponse au don de l’amour par lequel Dieu vient à notre rencontre. » (Ibid.)

2- Le temps du Carême est le « temps favorable » (cf. 2 Corinthiens 6,2) par excellence pour revenir à Dieu, donc à notre foi, et nous décider à la cultiver : notre acte de foi c’est de croire en l’amour de Dieu qui a pris chair dans le Christ. De cette vérité crue, éprouvée – nous sommes bien-aimés de Dieu : nous l’avons découvert, nous en avons fait l’expérience personnellement- découle notre propre engagement dans ce monde : vivre et aimer à la suite du Christ.

C’est pourquoi nos évêques en France ont bien eu raison de nous proposer depuis 2011 d’entrer dans la démarche « Diaconia » pour donner à notre foi sa « résultante » : l’amour de charité. C’est l’amour qui se fait service, l’amour plus grand comme nous l’entendons le Jeudi Saint («  Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.  » Jean 15,13).

Qui d’entre nous ne voit pas que c’est à cet amour-là que nous aspirons tous ? Qui de nous ne voit pas que seul cet amour est digne de foi parce qu’il est dans le droit fil de l’amour manifesté en Jésus Christ ? Qui de nous ne voit pas qu’entre son désir et la réalité il y a un abîme certain : nous n’aimons pas comme nous voudrions.

Nous sommes fragiles, faibles, versatiles, inconstants, infidèles, orgueilleux, hypocrites… La liste est longue. Nous pourrions être désespérés en voyant l’abîme de notre péché, c’est vrai, et pourtant l’étincelle de l’espérance, la troisième vertu théologale qui nous « dit Dieu » selon l’étymologie de ce mot, est bien là. Dieu croit en nous et chaque temps liturgique vient nous chanter ce refrain-là : Dieu croit en nous malgré tout.

Dès lors notre Carême avant d’être une opération spéciale de ménage intérieur est la manifestation du Dieu amour encore et toujours. Il n’en a pas fini avec nous. Nul n’est perdu pour Dieu. Ce monde lui est consacré parce que Jésus Christ le bien-aimé s’est donné et se donne encore à nous.

C’est Lui, frères et sœurs, qu’il nous faut rechercher dans les grands espaces de nos vies et dans l’humble quotidien. C’est Lui qu’il faut servir pour accéder à l’amour véritable puisque lui-même nous a aimés le premier et qu’il continue de nous servir dans sa parole, dans les sacrements, dans le cœur à cœur où il vient remplir nos êtres de son Esprit !

3- Plusieurs personnes semblent ne pas connaître cette démarche « Diaconia ». Je crains parfois qu’elles ne connaissent pas davantage l’Année de la foi ou soit passées à côté de la célébration du cinquantenaire de l’ouverture du Concile Vatican II… Je ne vous demande pas en ce début de Carême d’aller nécessairement assister à des conférences sur la foi ou le Concile, même si cela n’est pas interdit. Je suis là humblement comme prêtre pour vous dire que tout cela s’articule dans notre Eglise et pour notre bien. Et le temps du Carême est le moment de nous mettre au travail !

Vous arrive-t-il de dire très lentement quand vous êtes seuls le Symbole des Apôtres ou le grand Symbole de Nicée-Constantinople. En les disant, priez en confiance avec ces mots… Ils vous conduiront peut-être à chercher à en savoir plus sur ces formulations de notre foi que nous avons héritées de nos ancêtres… dans la foi.

On me dit parfois qu’il n’y en a que pour les pratiques religieuses des autres dans notre pays comme si le christianisme n’existait plus. Savez-vous que des jeunes chrétiens se convertissent à l’Islam parfois parce qu’ils disent avoir découvert dans cette religion des règles et des comportements normés pour accéder à Dieu. Tout en continuant de choisir la voie du secret comme nous y invite Jésus dans l’Evangile de Matthieu ainsi que le refus de l’ostentation, rien ne nous empêche de jeûner un tant soit peu au cours de ce Carême : apprenons à distinguer le nécessaire du superflu.

Apprenons à pratiquer une saine écologie spirituelle : où se trouve notre Bien ? Est-ce dans les « biens » de ce monde consommés ou jetés ou dégustés et surtout partagés. Que notre offrande de carême nous inscrive déjà dans la perspective de la grande journée organisée par le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) et qui aura lieu le 14 avril prochain. Son thème de réflexion sera la question de la souveraineté alimentaire tellement actuelle. Notre offrande de Carême ne sera jamais vaine si elle est préparée dans un esprit de partage.

Deux autres rendez-vous vont rythmer notre carême qui sera bousculé par les vacances d’hiver de la première quinzaine de mars. Nous vous proposons un temps de veillée de prière le vendredi 22 février ici à 20 h 45 avec quelques témoins de la charité dans notre ville de Saint-Maur qui témoigneront de leur engagement et nous inviteront à prier avec le groupe de prière de louange du mercredi soir, Anastasis. Un mois après, la veille des Rameaux, le 23 mars, vous sera proposée notre grande journée du pardon comme un sommet du Carême. Vivons ces moments ensemble pour nous soutenir et faire grandir en nous la prière personnelle en même temps que nous donnons à voir une communauté fraternelle et joyeuse à ceux qui nous rejoignent.

Un mot encore : chaque vendredi de carême nous renouerons avec la célébration du chemin de la croix à 18 h dans l’église pour tous ceux qui pourront se rendre disponibles à cette heure-là.

Frères et sœurs, quelle joie d’entrer ensemble sur un chemin de Carême que nous n’avons pas à imaginer comme une performance, mais plutôt comme un chemin de randonnée où l’effort, les rencontres, les points d’eau qui désaltèrent, la contemplation des merveilles de Dieu se conjuguent pour offrir un temps où l’on revient à Dieu dont on a parfois un peu oublié l’adresse malgré tous nos GPS !

Je conclus cette homélie en citant la conclusion du Message pour le Carême 2013 que Benoît XVI nous adresse. Cultivons, comme il nous y invite, la joie de croire, la joie de la foi et le goût d’aimer :

« Chers frères et sœurs, en ce temps de Carême, où nous nous préparons à célébrer l’événement de la Croix et de la Résurrection, dans lequel l’Amour de Dieu a racheté le monde et illuminé l’histoire, je vous souhaite à tous de vivre ce temps précieux en ravivant votre foi en Jésus Christ, pour entrer dans son parcours d’amour envers le Père et envers chaque frère et sœur que nous rencontrons dans notre vie. A cette fin j’élève ma prière à Dieu, tandis que j’invoque sur chacun et sur chaque communauté la Bénédiction du Seigneur ! » (N° 4)


Père Stéphane AULARD

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