Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      Homélie du Jeudi Saint

Homélie du Jeudi Saint


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  • 27 avril 2010

- I -
Les lectures bibliques de cette fête du Jeudi Saint qui ouvre le Triduum pascal nous invitent toutes les trois à l’action.

En nous rappelant le sacrifice de l’Agneau pascal suivi d’un repas de communion entre les fidèles d’Israël, le Livre de l’Exode inscrit dans notre mémoire profonde la figure de l’Agneau à laquelle Israël s’est identifié. Figure d’innocence, certes ; figure de perfection, figure de choix qui nous oriente d’ores et déjà vers l’Agneau de Dieu pleinement révélé en Jésus Christ.

L’ordre adressé à Israël, c’est que cet agneau partagé, sacrifié, mangé, soit au cœur de la vie religieuse de ce peuple :
"Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C’est une loi perpétuelle, d’âge en âge, vous le fêterez." (Exode 12, 14)


- II -
Cette mémoire et cet agir, nous les retrouvons dans les deux lectures du Nouveau Testament.

Saint Paul, en rappelant à l’ordre les chrétiens de Corinthe bien peu respectueux du Repas du Seigneur lors de leurs agapes soi-disant fraternelles, leur transmet les paroles mêmes du Seigneur au cours du repas pascal qu’Il célèbre avec ses disciples et qu’Il transforme profondément. C’est Lui en effet l’Agneau pascal qui Se sacrifie. Et comme le repas d’Israël précédait la Pâque, passage miraculeux de la Mer Rouge, voici que l’institution de l’Eucharistie précède, elle aussi, la Pâque du Seigneur.

Au moment de passer de ce monde à la gloire de son Père, autrement dit d’accomplir sa Pâque, le Seigneur institue le repas eucharistique, notre messe, et dit, nous l’avons entendu à deux reprises : "Faites cela en mémoire de moi."

Il s’agit bien d’accomplir, de réitérer le Repas du Seigneur, pas seulement en nous souvenant de Lui. Car, cela n’est pas difficile de l’évoquer.

Mais il s’agit, plus fondamentalement, de le laisser advenir de telle sorte que le souvenir devienne mémoire vive, présence réelle et que nous ne cessions de rendre grâce de cela.

N’est-ce pas l’Esprit-Saint, seul, qui peut nous donner de comprendre ce que nous faisons prêtres –au premier chef-, mais aussi diacres et fidèles, lorsque nous célébrons l’Eucharistie du Seigneur ?

N’est-ce pas l’Esprit-Saint, seul, promis à l’Église par Jésus Lui-même, qui vient réaliser pleinement cette présence du Christ notre Seigneur au milieu de nous, sur l’autel, mais aussi en nous, très intimement, et en nous tous, l’Église de Jésus Christ.

N’ appelle-t-on pas l’Eglise à juste titre le "Corps du Christ" parce qu’elle se nourrit sans cesse du Corps du Christ présenté par ses ministres et reçu en communion par ses fidèles, du pape jusqu’à ces enfants trisomiques qui y accèdent, ou ces malades qui ont toujours faim du Seigneur ?

Oui, le Cardinal de Lubac avait bien raison de synthétiser l’enseignement constant de l’Église depuis la plus haute antiquité : "L’Eucharistie fait l’Église ; l’Église fait l’Eucharistie."


- III -
J’aimerais dire maintenant un mot à propos du lavement des pieds que l’Église a toujours voulu entendre le jour où elle rappelle la Cène du Seigneur.

Saint Jean rapporte cet épisode qui ouvre, dans son Évangile, la deuxième partie où la gloire du Seigneur se révèle suprêmement dans le sacrifice du Christ sur la Croix. Il conclut le récit avec ces mots : "C’est un exemple que je vous ai donné, afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous" (Jean 13, 15).

Il y a ici de nouveau une double invitation à faire ce que le Seigneur a fait en mémoire de Lui.

C’est pourquoi, en ce jour, nous refaisons les gestes de Jésus au cœur de notre liturgie, non pour mimer le Seigneur, mais pour nous imprégner de ce qu’Il est.

L’Agneau pascal qui s’immole est aussi le berger prévenant, soucieux de nous, qui vient jusqu’à soigner nos corps et nos âmes en se mettant à genoux devant nous.

Frères et sœurs, en cette année sacerdotale, comment ne pas être saisi par la "charité pastorale" du Seigneur ?

Notre culte est la mémoire de la bonté du Seigneur à notre égard, de la livraison totale de son être à ses créatures. Son Salut est le soin particulier qu’Il a de chacun de nous.

C’est votre curé qui vous dit cela ce soir, et qui rend grâce de ce que l’Église nous a fait découvrir à nous les prêtres, comme aux diacres d’ailleurs. Tant il est vrai qu’un "curé" est celui qui doit avoir soin (curare, en latin signifie : soigner)des personnes, qui doit avoir le souci de chacun, comme le Christ nous l’enseigne.

Au milieu de vous ce soir, vos prêtres veulent vous redire au nom de Jésus : voilà ce que nous avons découvert, voilà ce qui nous a été transmis, voilà ce que nous désirons vous apporter pour que vous aussi vous soyez dans les mêmes dispositions.

Comment ne pas terminer sur des paroles simples et fortes du Saint Curé d’Ars ?

"Il faut toujours avoir Dieu en vue,
Jésus Christ en pratique,
soi-même en sacrifice."

Et aussi, je vous invite à parcourir la lettre pastorale de notre évêque qui nous redit à tous ce qu’est le ministère des prêtres.

Bénissons le Seigneur pour le don du Sacerdoce ministériel, pour l’Eucharistie et tous les sacrements, pour son invitation à faire de nos vies des existences animées par l’amour de charité.Amen.

Père Stéphane AULARD



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