Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
http://lerosairesaintmaur.org/Homelie-du-Vendredi-Saint
      Homélie du Vendredi Saint

Homélie du Vendredi Saint

(2 avril 2010)


HOMÉLIE DU VENDREDI SAINT


- I -

En ce Vendredi Saint, nous célébrons la Passion du Seigneur avec le regard fixé sur Jésus Christ élevé de terre et qui attire à Lui tous les hommes. (cf. Jean 12, 32)

La Croix est au centre de notre foi. Le Christ sur la Croix, souffrant et expirant livre son Esprit.(Jean 19,30)

Le Christ est "en agonie jusqu’à la fin du monde" selon les mots de Blaise Pascal. (in, « Le Mémorial », Pensées)

"Agonie" est un mot grec qui signifie "combat". Lutte et angoisse en même temps. Combat contre sa volonté propre pour épouser mystérieusement la volonté du Père, de Dieu son Père et le nôtre.

Adhésion dans les larmes et la sueur (cf. Hébreux 5,7) à ce projet de Salut du monde. Jésus Christ est maintenant l’Homme achevé, le Fils de l’Homme espéré par Dieu, l’humanité pleinement accomplie.

Mais, Il est aussi le Seigneur : "Qui cherchez-vous ?" (Jean 18, 4.7), demande-t-Il à ses futurs bourreaux qui viennent l’arrêter. Non pas : "Que cherchez-vous ?", mais bien : " QUI cherchez-vous ?". "Jésus de Nazareth", répondent-ils, hébétés. Et Lui de conclure comme le Seigneur au buisson ardent (cf. Exode 3,14) :"C’est moi !". "Egô eimi !". "Je suis !". "Ego sum qui sum !"

Celui qui est, qui était et qui vient, est venu en Jésus Christ, le Fils éternel, le Fils de Dieu. Aux jours de sa chair, par Lui, le Dieu éternel est entré dans le cours du temps et a entrepris l’ultime combat, le seul combat qui vaille : celui qui consiste à terrasser le mal, le péché qui nous enserre et nous ligote au point de nous étouffer et de nous faire oublier que l’Esprit Saint vit et anime chacune de nos existences connues et aimées de Dieu.

- II -

En cette année sacerdotale, les deux premières lectures de cette liturgie sont inépuisables. Il est courant de dire que le Livre d’Isaïe en son quatrième chant du « Livre de la Consolation » (Isaïe 52, 13-53-12) nous présente un mystérieux "serviteur de Dieu" souffrant, certes, mais qui fait de sa vie un sacrifice. Or, un sacrifice, c’est une "offrande", un don de soi-même pour le salut du peuple.

Quant à la Lettre aux Hébreux, elle nous présente Jésus comme le grand-prêtre par excellence, surpassant toutes les dynasties de grands-prêtres qui s’étaient succédé à Jérusalem (Hébreux 4, 14).

La convergence des textes d’Isaïe et de la Lettre aux Hébreux manifeste ceci : en livrant sa vie, en en faisant un sacrifice d’expiation des péchés, le Serviteur du Seigneur se montre le véritable grand-prêtre. Ce grand-prêtre qui, chaque année, devait offrir, le jour des expiations, des sacrifices d’abord pour lui (ses propres péchés), puis pour ceux du peuple est maintenant totalement dépassé par le Christ en Croix : la Croix est devenue l’autel, le Christ est à la fois victime et prêtre.

- III -

J’insiste sur cette lecture des grands passages bibliques de ce jour pour attirer votre attention sur un point décisif pour la compréhension de notre vie chrétienne.

Par notre baptême, nous avons été en effet constitués "prêtres" à la suite du seul prêtre : le Christ. Les prêtres de l’Ancien Testament étaient des sacrificateurs : ils offraient des victimes animales.

Depuis Jésus Christ, nous avons découvert que le seul sacrifice qui vaille, c’est celui que l’on fait en offrant, en livrant sa propre vie dans nos combats quotidiens, comme lorsque dans des circonstances particulières il faut s’offrir pour que la vie triomphe. Les récits ne manquent pas dans notre histoire de ces héros marqués par la foi et la culture chrétienne, et qui ont agi et agissent encore ainsi.

En regardant longuement le Christ sur la Croix, en vénérant la Croix où le Christ a porté le coup mortel et décisif au péché du monde, décidons-nous encore à faire de nos vies des vies "sacerdotales", c’est-à-dire pleinement offertes à Dieu et aux autres. Si nous sommes engagés dans le mariage, le célibat consacré, l’ordination, si nous mitions pou une cause, engageons-nous de nouveau et intérieurement ce soir.

Prêtres et diacres, en cette année où la figure de Saint Jean-Marie Vianney nous est offerte comme modèle éminent parmi tant de confesseurs et martyrs, je me permets de vous citer ces quelques mots directs et essentiels, comme il savait le faire :

"Qu’il est beau, qu’il est grand de connaître, d’aimer et de servir Dieu !
Nous n’avons que cela à faire en ce monde ! Tout ce que nous faisons en dehors de cela est du temps perdu !"

Soyons tous heureux, de la joie parfaite et sans mélange promise par le Christ, d’être du peuple appartenant au Messie, serviteur et grand-prêtre de notre foi.

Depuis Jésus Christ, on ne peut plus penser Dieu en dehors de l’homme ; on ne peut plus aimer Dieu en dehors de l’homme. Alors, servons et aimons Dieu en servant et en aimant l’homme !

Amen.


Père Stéphane AULARD



Homélies antérieures



- A Notre-Dame du Rosaire le dimanche : 9h messe tridentine, 11h, 18h messe des jeunes, samedi : 18h

- En semaine

  • lundi, mercredi : 19h
  • mardi, jeudi, vendredi, samedi : 8h30

- A la Chapelle St-Joseph le dimanche 9h30

décembre 2017 :

Rien pour ce mois

novembre 2017 | janvier 2018

newsletter