Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      Homélie pour l’Epiphanie (3 janvier 2010)

Homélie pour l’Epiphanie (3 janvier 2010)


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  • 11 janvier 2010

Debout, resplendis Jérusalem

Depuis la nuit de Noël, nous avons médité sur le mystère de l’Incarnation, nous sommes remplis de cette Lumière qui vient d’en-haut. Lors de la veillée de Noël à la Chapelle Saint Joseph nous avons rappelé les paroles de Saint Jean : «  Au commencement était la lumière » ; « la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. ». Le thème de la lumière revient encore à l’Epiphanie, mais ce qui est remarquable aujourd’hui, c’est que cette lumière est maintenant parmi nous, elle s’incarne en nous et elle fait de nous des enfants de lumière.

Certainement le texte d’Isaïe nous a fortement marqué : « Debout, Jérusalem, resplendis, car voici ta lumière ». Une traduction suggère ceci : "Lève-toi, Jérusalem. Sois lumière ou deviens lumière, car voici ta Lumière".

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Le prophète Isaïe regarde Jérusalem. A cette époque-là - on est probablement aux alentours de 520 avant Jésus Christ – Jérusalem est une ville qui ressemble à rien : elle a perdu ses remparts, le Temple n’est guère qu’ une maison un peu plus grande que les autres qui l’entourent
Les habitants de Jérusalem ne peuvent pas être fiers de leur ville écrasée, dominée, enserrée et menacée de toutes parts par des voisins hostiles. Et pourtant le prophète Isaïe dit à cette ville : "Sois lumière car voici ta Lumière". Voilà bien le mystère de l’Epiphanie.

Aujourd’hui encore, si l’on célèbre l’Épiphanie c’est pour cette raison : Nous croyons que dans la réalité toute simple de Jésus qui a pris notre chair comme dans la réalité de ses disciples et de l’Église et de nous-mêmes aujourd’hui, nous sommes capables de devenir lumière parce que Dieu en Jésus est venu pour nous comme la Lumière. L’Épiphanie, c’est donc la fête de la transformation et de la transfiguration des réalités, des choses, du monde, de l’homme et du cœur humain. C’est le fait que tout ce que nous sommes, tout ce que nous pouvons vivre, tout ce que nous pouvons expérimenter peut devenir resplendissement de la présence de Dieu.

A l’Epiphanie, nous fêtons ce resplendissement extraordinaire de Dieu dans l’humanité. Car après tout, Dieu aurait pu accepter d’entrer dans notre monde et d’y vivre, sans qu’on n’en sache rien. Il aurait même pu nous sauver presque malgré nous. Tout était possible pour Lui et Il aurait pu faire ce qu’Il voulait. Mais en fait, Il a réellement voulu non seulement entrer dans notre condition d’homme, mais aussi Il a voulu que cette humanité pleinement assumée par Lui puisse réellement exprimer « Dieu ». L’Épiphanie c’est cela : c’est l’autre face de Noël ; c’est le fait que, par son Incarnation, Dieu devienne homme, et qu’à ce moment-là, Il fasse de cette humanité le resplendissement éblouissant de sa divinité. Oh, bien sûr ! Il ne s’agit pas d’affaires extraordinaires. Il n’y a pas de montages en images virtuelles comme au cinéma ! Pas de film en 3D magnifique comme celui de « l’Avatar » que l’on se presse d’aller voir à tout prix en ce moment pour s’évader dans un monde de lumière qui n’existe pas. Non, à l’Epiphanie, il s’agit d’une humanité qui sonne tellement juste, tellement bien, de façon tellement vraie qu’elle dit « Dieu » : une humanité qui dit Dieu, voilà le mystère de l’Épiphanie.

Alors, vous comprenez que l’Épiphanie n’est pas simplement une fête que l’on célèbre à la sauvette, avec la galette des rois coupée en 8 sans tomber sur la fève ! Mais c’est une dimension du mystère chrétien dans sa totalité : depuis que le Christ s’est manifesté aux mages, Il n’a pas cessé de vivre et d’agir à tout moment en se manifestant. Le fait de « se manifester » comme Dieu à travers une humanité concrète conditionne maintenant toute notre existence et notre relation à Dieu, à tel point que nous ne pouvons pas connaître vraiment qui est Dieu sans repasser par l’humanité du Christ. Nous n’avons plus que ce visage humain du Christ pour comprendre qui est Dieu. Bien sûr on peut toujours par des exercices philosophiques arriver à une preuve de Dieu, mais comme le disait déjà saint Thomas d’Aquin, nous pouvons savoir que Dieu existe, mais non pas positivement qui Il est. Nous pouvons être des croyants connaissant toutes l’ histoire des religions et de Dieu sans jamais nous mettre à genoux pour L’adorer. Nous pourrions passer à côté de « cette lumière » qui nous éclaire, qui nous aide à voir et à sentir la présence de Dieu en notre vie. Pour connaître vraiment qui est Dieu, nous avons le visage du Christ. Nous passons par cette humanité du Christ. C’est la raison pour laquelle les évangiles, pour nous, sont si précieux. Non pour de banales raisons historiques et documentaires. Mais c’est parce qu’ils nous livrent autant que peuvent le faire des textes le visage humain de Dieu. Le visage humain du Christ dans les évangiles nous donne accès au mystère de sa divinité. Mais on ne doit pas s’arrêter là.

Si le Christ durant sa vie n’a pas cessé de vivre selon le mode de l’Épiphanie, faisant de tout ce qu’Il a vécu une manifestation de Dieu, c’est précisément pour que nous devenions à notre tour des "manifestations de Dieu". Je sais bien que cela ne se voit pas tous les jours, mais permettez-moi de vous le dire quand même : l’Eglise est la lumière de Dieu. Le Christ ne s’est pas contenté de faire que sa propre humanité devienne le resplendissement de la gloire de Dieu. Il a voulu que l’Eglise réalise la prophétie d’Isaïe sur Jérusalem : " Église, sois lumière, car voici ta Lumière ". Quand on dit cela, on a tout dit de l’Église. Quoique nous soyons, avec toutes nos lourdeurs de péché, nous sommes appelés par les gestes les plus simples, les plus humbles, les plus ordinaires de notre vie, les plus secrets à devenir lumière et beauté de Dieu parce que la lumière a déjà resplendi sur nous.

Quand Dieu nous rassemblera tous en son Royaume, l’Épiphanie s’achèvera, s’accomplira.

Frères et sœurs, que cette fête de l’Epiphanie s’accomplisse d’abord en notre vie, dans notre existence mortelle et pécheresse. Que nous devenions lumière de Dieu. Amen.

Père Joachim NGUYEN



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