Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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Homélie pour la confirmation des jeunes du collège Jeanne d’Arc et de la paroisse Saint François de Sales


Saint Maur, le samedi 15 mars 2014.

Aujourd’hui, c’est fête ici à Saint François de Sales pour vous les jeunes et vos familles à l’occasion de votre confirmation : vous avez été baptisés, catéchisés et vous avez commencé de communier au Corps du Christ pour la plupart d’entre vous depuis plusieurs années : il ne vous manque plus qu’être confirmés, si je puis dire, pour être des chrétiens catholiques pleinement initiés puisque le baptême, l’eucharistie et la confirmation sont les sacrements fondamentaux, les sacrements de l’initiation chrétienne. Serez-vous quitte pour autant ? Pas du tout puisque tout commence comme disent certains d’entre vous que je cite :

« Je vais entrer pour de bon dans cette communauté ! » (L’Eglise).
« Je vais prouver à Dieu que je suis digne d’être un de ses témoins. »
« Je veux devenir acteur et non spectateur de ma religion. »

Comment ne pas reprendre tous à notre compte de pareilles affirmations si enthousiastes !

Votre confirmation, nous la célébrons alors que commence ce soir le deuxième dimanche de carême dans toute l’Eglise. Ne croyez pas, jeunes et adultes, que pour autant cette célébration va être triste et austère. Ayons le carême joyeux ! Etre des chrétiens sérieux ne signifie pas avoir une « face de carême ».Oubliez cette expression totalement dépassée !

Je vous invite à laisser résonner en vous les lectures bibliques de ce deuxième dimanche de carême qui peuvent nous aider à ne pas passer à côté de ce beau temps de conversion qui va nous conduire à la fête de Pâques.

Je souligne trois détails de ces lectures qui peuvent nous aider à intérioriser le sens du sacrement de confirmation :

La première lecture, un extrait important du livre de la Genèse (Gn 12,1-4) qui raconte comment Abraham fut appelé par Dieu et la mission qu’il lui confia. Notre traduction n’est pas vraiment bonne. C’est littéralement : « Va vers toi hors de ton pays, hors de ta famille et hors de la maison de ton père vers le pays que je te ferai voir… »

Vous l’avez compris, j’aimerais insister sur ce duo : « Va vers toi » et « quitte ». Le Seigneur, chers jeunes, vous appelle à aller vers vous, c’est-à-dire à vous réaliser en quittant. Cela ne signifie pas tout abandonner, cela signifie : élaguer comme on élague les arbres pour qu’ils poussent mieux. Le carême comme la confirmation nous pressent de nous réaliser de cette façon. Il ne s’agit pas d’arriver le 20 avril –le jour de Pâques cette année- en n’ayant rien élagué pour progresser, mieux se connaitre et être selon les mots du Nouveau Testament un «  homme nouveau  », un être nouveau. Peut-être faut-il abandonner des idées toutes faites sur ma religion, l’Eglise, la foi. Peut-être faut-il changer certaines habitudes comme des addictions à la nourriture, au bruit qui ne s’arrête jamais, aux coups bas, aux méchancetés gratuites.

« Va vers toi », nous dit le Seigneur en abandonnant ce qui ne convient pas à quelqu’un qui se prétend chrétien : quitte ton lit le dimanche matin pour venir un peu plus souvent à la messe, viens avec tes amis. Continue d’animer la messe, un groupe d’éveil à la foi ou de catéchèse, tiens ta promesse scout qui n’est pas réservée aux moments que l’on passe entre scouts ou guides dans le local ou dans une de nos sorties scouts…

La deuxième lecture est un passage de Saint Paul à un jeune chrétien.(2 Tm 1,8b-10) Il y a cette expression : « Prends ta part de souffrance pour l’annonce de l’Evangile. »

Cela ne signifie pas qu’il faut souffrir, pleurer, être anéanti pour être chrétien. Cela signifie : « donne-toi de la peine pour annoncer l’Evangile, c’est-à-dire la bonne nouvelle de Jésus ». Qu’est-ce que la bonne nouvelle de Jésus si ce n’est son Evangile de l’amour sincère et généreux, de l’amour qui se donne et ne se reprend pas, de l’amour sans frontière. Vous allez me dire : « Vous croyez que c’est facile à l’époque où nous vivons ! » Chers amis qui êtes dans cette église, vous ne croyez quand même pas que l’Evangile est réservé à un petit groupe de gens qui pensent de la même façon, qui ont leurs règles du jeu bien établis et se comprennent du premier coup. Ceux qui vivent ainsi sont comme dans un club de bridge (je n’ai rien contre le bridge).

Mais, voyez-vous l’Evangile nous invite à ouvrir nos portes, les verrous de nos cœurs. L’Evangile nous demande de vivre comme Jésus passionnés par les autres et la société dans laquelle nous vivons. Les chrétiens confirmés ne sont pas tout le temps en train de critiquer, de condamner notre société. Ils prennent leur part à sa construction et à sa réussite en aimant, en ayant fondamentalement le goût de la rencontre et du partage avec tous, même ceux qui ne nous plaisent pas au premier coup d’œil. Nous avons le désir que la grâce de Dieu, c’est-à-dire son Esprit Saint nous donne des ailes, nous réjouisse, fasse de nous des artisans de paix. L’un d’entre vous écrit ceci :

« Il m’est arrivé de me demander pourquoi tant de jeunes abandonnent la catéchèse et qu’est-ce qui les faisait douter. »

C’est une bonne remarque. Je peux répondre à celui ou celle qui a écrit cela qu’il a d’abord raison de se poser des questions plutôt que d’être avachi sur son canapé à regarder une série idiote à la télé en mangeant des pop-corn ! Plus sérieusement, j’ai envie d’ajouter ceci : que ces interrogations qui t’animent ne te fassent pas désespérer.

Il y a dans notre société, autour de nous beaucoup de personnes qui sans en avoir l’air aspirent à autre chose que le bling bling et les paillettes. Alors toi qui es confirmé(e) aujourd’hui, donne-toi de la peine pour faire briller ta joie en connaissant Jésus personnellement ; dialogue avec tes amis d’autres religions ou athées, montre par toute ta vie que croire en Dieu ne t’empêche pas de croire en l’homme ! Je suis bien d’accord avec celui qui écrit dans sa lettre :

«  Etre chrétien, ce n’est pas une tendance à la mode, mais un choix de vie fondamental. »

J’en viens à l’Evangile qui raconte la Transfiguration de Jésus : belle page d’Evangile.(Mt 17,1-9) Plusieurs d’entre vous ont écrit dans leurs lettres qu’ils se demandaient s’ils allaient ressentir quelque chose, une émotion au cours de cette célébration.

Alors, je vous réponds : regardez Saint Pierre, Saint Jacques et Saint Jean dans ce récit où l’on voit Jésus notre Seigneur irradié par une lumière annonciatrice de sa résurrection. Manifestement, Pierre, Jacques et Jean (ils sont inséparables ces trois-là) ont été touchés par ce spectacle où Jésus est confirmé comme le Fils de Dieu non seulement parce qu’il est entouré des deux grandes figures de l’Ancien Testament –Moïse et Elie- mais aussi parce que Dieu son Père se fait entendre pour inviter les disciples à écouter Jésus et ne plus jamais avoir peur !

Les chrétiens sont heureux de connaître Jésus. C’est l’Esprit Saint que Jésus avait promis à l’Eglise naissante qui vit en nous et qui aujourd’hui vous confirme que Jésus est votre ami de toujours qu’il ne faut pas lâcher. Laissez-vous faire par l’Esprit Saint  ! Saint Pierre aurait aimé s’attarder sur la montagne de la Transfiguration et garder Jésus pour lui seul et ses deux autres compagnons. Jésus lui indique un autre projet  : redescends de la montagne en conservant au fond de toi ce qui est plus qu’une photo, mais bien une présence durable. Aujourd’hui que la confirmation vous transfigure : rayonnez Jésus autour de vous, soyez fiers de Lui et de votre foi sans écraser les autres, mais en étant des bons disciples passionnés par Lui, prêts à le faire découvrir. Soyez comme l’un d’entre vous l’écrit des « tabernacles pour l’Esprit Saint ».

L’Esprit Saint et l’Eglise vous accompagneront, si vous le voulez, au long de votre vie et en même temps vous disent  : «  Pouvons-nous compter sur vous pour qu’en vous voyant on découvre que Jésus est vivant en 2014  ? »

Père Stéphane AULARD

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