Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      Homélie pour la fête patronale de Notre-Dame du Rosaire

Homélie pour la fête patronale de Notre-Dame du Rosaire


(29ème DIMANCHE ORDINAIRE (A) : DIMANCHE 16 OCTOBRE 2011)

Frères et sœurs, nous célébrons aujourd’hui la fête patronale de notre église consacrée à Notre-Dame du Rosaire. La fête liturgique est célébrée le 7 octobre. Nous rappelons aussi aujourd’hui la fin des apparitions (le 13 octobre 1917) de la Vierge Marie qui s’est présentée à Fatima en disant aux petits bergers :

« Je suis Notre-Dame du Rosaire »

.

1- La première lecture de ce jour - un passage d’Isaïe (Is 45,1-6) - s’adresse à un roi païen du 6ème siècle avant Jésus Christ estimé des Juifs car il les avait autorisés à revenir après l’Exil à Babylone à Jérusalem. Isaïe dans ce célèbre passage prophétique n’hésite pas à dire que Dieu a choisi Cyrus parmi les rois de l’époque pour qu’il accomplisse une œuvre bonne en autorisant ce retour des exilés. Il va même plus loin en le qualifiant de « messie » (cf. Is 45,1), c’est-à-dire d’instrument choisi pour accomplir la volonté de Dieu.

C’est sur ce texte et bien d’autres dans la Bible que juifs et chrétiens ont réfléchi pour voir dans les hommes politiques justes des « hommes de bonne volonté » et même davantage : des « hommes de Dieu » capables par leur raison, leur droiture morale de servir le peuple de Dieu dont la vocation est de manifester la grandeur du Seigneur puisque Israël est la « lumière des nations » (cf. Is 49,6).

Les chrétiens ont enrichi cette interprétation en confessant que la véritable lumière des nations, c’est le Christ lui-même, source de la lumière et encore l’Eglise elle-même qui, prenant le relais d’Israël, devient porteuse non seulement de la Loi de Dieu, mais aussi de la Bonne Nouvelle, l’Evangile, destinée à éclairer durablement toutes les nations qui sont sous le ciel.


2- Et Marie, me direz-vous, où est sa place dans ce vaste projet de Dieu ? Les fenêtres hautes de notre église (au-dessus des vitraux qui, comme je vous l’ai déjà dit, représentent les mystères joyeux, douloureux et glorieux du Rosaire) reproduisent comme de petites vignettes extraites des litanies de la Vierge la qualifiant de : « tour de David », « miroir de justice », « étoile du matin »...

Il me semble que ces trois invocations extraites des litanies de la Vierge sont très explicites : Marie est celle qui porte haut, comme sur une tour de guet, le Messie, Jésus Christ, qui n’est plus, comme dans l’Ancien Testament, un simple roi. S’il est « fils de David », c’est parce qu’Il est relié à toute la tradition d’Israël qu’Il accomplit, mais aussi Il la dépasse totalement. Marie est cette tour, car elle aussi puise dans cette longue tradition qui est bien la nôtre. Oui, notre foi vient de loin ! Mais, au sommet de la tour, il y a le Christ comme un phare !

Miroir de justice, Marie l’est parce qu’elle reflète la justice de Dieu sur son visage, dans son corps, dans son âme, dans son silence qui est patience, dans son empressement à se mettre au service des autres (notamment dans sa rencontre avec sa cousine Elisabeth : la Visitation) comme son fils le manifestera parfaitement à toutes les pages de l’Evangile. Marie reflète la justice au sens très profond de la Bible à la suite d’Abraham qu’elle chante dans le Magnificat : oui, Dieu se souvient de sa promesse faite à Abraham, le père de ceux qui ont foi en Dieu, qui lui font confiance d’âge en âge (cf. Luc 1,55).


3- Pour poursuivre ma méditation sur la Vierge Marie, reflet superbe de son Fils Jésus Christ, j’aimerais faire un commentaire rapide de ce très beau verset de Saint Paul dans la Première Lettre aux Thessaloniciens (la deuxième lecture de ce jour : 1 Th 1,1-5). Paul est dans l’action de grâce pour la foi de ces jeunes chrétiens de Macédoine. Il n’hésite pas à leur confier qu’ils sont présents à sa prière « à tout instant  ». Il salue leur foi active, leur charité qui se donne de la peine et leur espérance persévérante.

Paul dans une autre célèbre lettre (cf. 1 Co 12-13) dit à une autre jeune communauté que la foi, l’espérance et la charité sont des dons (charismes) offerts par Dieu aux croyants. Parmi ces trois dons, la charité est assurément le meilleur , celui qui demeurera en Dieu assurément, la source de l’amour qui se donne de la peine (cf. 1 Co 13,13).

La Vierge Marie a parfaitement incarné cette foi active, cet amour qui est don d’elle-même sans retour et cette espérance indestructible. Oui, elle est bien l’étoile du matin qui annonce la résurrection après la nuit noire de la Passion. Nous aimons nous confier à Marie, nous voyons en elle un modèle de sainteté mais aussi une mère pleine de tendresse pour son fils et pour les chrétiens.

Notre-Dame du Rosaire s’est manifestée à Fatima. Elle avait donné encore avant de la persévérance au milieu de combats bien politiques lorsque des chrétiens l’invoquèrent au cours de la fameuse bataille navale de Lépante contre les Turcs au 16ème siècle.

Ayons cette simplicité de nous tourner vers elle dans nos combats quotidiens comme nos pères et nos mères l’ont fait avant nous. Ayons la simplicité de repasser l’Evangile devant nos yeux où nous la voyons confiante, aimante, espérant contre toute espérance.

Entrons, nous aussi, dans ces « vertus théologales  » comme disent la théologie et la spiritualité chrétienne. Autrement dit, accueillons ces dons où Dieu est à l’œuvre. Car le Seigneur bien avant que cela ne nous vienne à l’esprit a confiance en nous, nous aime le premier même si nous en doutons, espère en nous, nous attend, nous relance, nous donne un avenir.


Certains diront : il a bien pris soin de ne pas commenter l’Evangile du jour : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » (Matthieu 22,21) Il est vrai qu’en cette période pré-electorale, j’ai un devoir de réserve comme tout ministre de l’Eglise qui n’a pas à vous désigner le candidat qui lui semble idoine pour être le futur président de la République.

Ceci n’empêche pas les chrétiens que nous sommes tous d’avoir un regard lucide, intéressé et critique (au sens plein de ce mot) sur la situation politique du moment et sur de grands principes auxquels comme catholiques d’aujourd’hui nous entendons bien rester être attentifs : la dignité de l’être humain, le vivre ensemble et le sens du bien commun qui ne saurait devenir la somme des intérêts particuliers comme le signalent nos évêques dans leur message récent : « Elections : un vote pour quelle société ? »

Nous diffuserons prochainement ce texte et organiserons sûrement, le moment venu, un temps de réflexion commune sur les grands enjeux du débat politique dont le Seigneur n’est pas absent, loin de là ! Notre responsabilité à cet égard est forte : ne désertons pas le champ politique pour nous réfugier dans une spiritualité qui ne serait plus incarnée.

Nous sommes sur une ligne de crête qui n’est pas toujours confortable, certes, mais qui nous appelle à la vigilance et à l’engagement loyal, pondéré et confiant. C’est sur ce mot que je termine : la confiance qui exprime en profondeur qui est Marie, ce qu’elle a permis dans le plan de Salut de Dieu à l’égard de notre humanité.Si nous regardons vers elle aujourd’hui, c’est sans doute pour cela : gagner en confiance comme cette humble jeune fille de Nazareth dont le regard est profond et l’engagement total.

Père Stéphane AULARD

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