Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      Il y a de l’amour dans la prière du publicain

Il y a de l’amour dans la prière du publicain


HOMELIE DU 30ème DIMANCHE ORDINAIRE (C )
27 OCTOBRE 2013


1-Nous sommes restés la semaine dernière sur la terrible question de Jésus qui concluait le passage d’Evangile : « Le Fils de l’homme quand Il viendra, trouvera-t-Il la foi sur la terre ? »(Luc 18,8) Le passage d’Evangile que nous entendons aujourd’hui n’a apparemment aucun rapport avec ce qui précède si ce n’est qu’il met en scène un pharisien et un publicain… en prière (Luc 18,9-14).

Je dis bien : prière et non méditation, introspection ou cinéma intérieur. Or, quand il y a prière on peut penser qu’il y a foi puisqu’il est entendu que l’on prie Dieu auquel l’on croit !

D’ailleurs, dans cette parabole, genre littéraire auquel Jésus a souvent recours, sont mis en scène deux hommes bien typés et reconnaissables par leurs contemporains : un pharisien, c’est-à-dire un laïc (et non un fils d’une tribu sacerdotale), pieux et zélé qui commence sa prière au Temple en disant : « Mon Dieu… » Un publicain, c’est-à-dire un collecteur d’impôts pour l’occupant romain - un autre Zachée que l’on trouvera d’ailleurs au chapitre 19 de Saint Luc -, qui lui aussi commence sa prière en disant : « Mon Dieu… ».

Oui, ces deux hommes-là ont foi en Dieu auquel ils s’adressent familièrement, car Dieu fait partie de leur vie. Nous savons bien qu’aujourd’hui et autour de nous – quelquefois très près de nous- bien des hommes ne s’adressent jamais à Dieu qu’ils ne prient pas car Il ne fait pas partie de leur vie, ils ne croient pas en Lui !


2-Mais, le but de l’évangéliste est de regarder d’un peu plus près la prière qui monte du cœur et des lèvres du pharisien comme du publicain. Prière d’action de grâce pour le premier (« Mon Dieu, je Te rends grâce.. ») ; prière pénitentielle pour le second (« Mon Dieu, prends pitié de moi… »).

Certes, Saint Luc ne nous propose pas une typologie de la prière dans la Bible. Il sait que la prière d’action de grâce est tout aussi belle et importante que la prière pénitentielle. Et nous, nous savons bien que la messe, l’eucharistie (mot grec qui signifie action de grâce) est comme un « merci » offert à Dieu. Et la messe commence précisément par une prière pénitentielle (« Seigneur prends pitié  »). Ne se poursuit-elle pas par l’appel à la miséricorde du Seigneur même juste avant la communion : « Seigneur, je ne suis pas digne de Te recevoir… » ?


3-Là où le bât blesse chez le pharisien si zélé au point d’en faire trop (il jeûne deux fois par semaine alors qu’habituellement on jeûne le jour de Kippour et lorsque l’on vient de perdre quelqu’un), c’est que son action de grâce est foncièrement autocentrée : son action de grâce … ne rend pas grâce à Dieu Sauveur du monde, Sauveur d’Israël et Sauveur de sa propre vie puisqu’elle devient miroir de sa propre action qui, certes, s’est donnée de la peine (il donne 10 % de ses revenus), mais en fin de compte sans avoir besoin de Dieu Sauveur ! « Je mérite bien que Dieu me récompense puisque je suis un homme bien qui essaie de faire du bien » !

La prière qui est reçue, agréée par Dieu, dit Jésus dans la parabole, est concise, humble et sans prétention. Car, devant Dieu on est toujours pécheur, non pas pour se désespérer mais pour être vrai ; non pas pour se rouler quelque peu avec délice dans son péché en feignant de le reconnaitre ; non pas parce que l’on est nécessairement un grand voleur, foncièrement méchant et adultère ! Mais, parce que notre vie est blessée, cabossée par les coups de la vie donnés ou reçus. Parce que notre vie est parfois terriblement banale et peu brillante alors qu’elle est aussi comme un immense appel à aimer véritablement !

Avez-vous remarqué dans la deuxième lecture de ce jour (2 Timothée 4,6-8 ; 16-18) cette expression superbe du grand pharisien qu’était Paul devenu comme un publicain en somme : « Dans sa justice, Dieu me la remettra (la récompense) en ce jour-là, comme à tous ceux qui auront désiré avec amour sa manifestation dans la gloire. »

Eh bien, frères et sœurs, il y a de l’amour dans la prière du publicain : il y a comme un immense creux au fond de lui qui ne demande qu’à être rempli par la grâce, l’amour du Dieu vivant !

Puis-je vous donner quelques conseils alors que nous approchons de la fête de tous les saints qui furent souvent de grands priants à force de durer dans la prière et de s’y laisser convertir :

Arrêtez la pendule (ça tombe bien avec le passage à l’heure d’hiver !) et au fond de votre chambre –qui est peut-être une pièce, mais surtout votre cœur intime -, placez-vous devant le Seigneur en commençant par vous taire !

Durez dans le silence et l’économie de mots  : le Seigneur vous connaît. Ce n’est pas votre discours, mais votre présence qu’Il attend !

Reprenez la prière du publicain ou celle du pèlerin russe de la tradition orthodoxe : « Jésus, Fils de Dieu Sauveur, prends pitié de moi pécheur ! »

« Prends pitié » : c’est-à-dire : « prends-moi dans tes entrailles blessées par le péché des hommes, mais si pleines de compassion pour nous au point d’être ce Cœur sacré qui aime tellement ce monde et chacun de nous ! »

Amen.


Père Stéphane AULARD

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