Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      L’Avent, un temps pour revenir à Jésus

L’Avent, un temps pour revenir à Jésus


HOMELIE DU PREMIER DIMANCHE DE L’AVENT (A)
(1er décembre 2013)

Chers paroissiens, frères et sœurs, une nouvelle année liturgique commence avec ce premier dimanche de l’Avent.

Les quatre dimanches de l’Avent qui nous conduisent à Noël passent souvent comme une préparation à l’anniversaire de la nativité du Seigneur comme si nous accompagnions la Vierge Marie qui va bientôt mettre au monde le Seigneur Jésus.

Nous serions donc aujourd’hui et dans les semaines qui viennent simplement dans les prémices de Noël…

1- Et pourtant nous venons d’entendre l’Evangile selon Saint Matthieu en commençant par la fin : le chapitre 24 (versets 37 à 44). Autrement dit le fameux discours sur la fin de Jérusalem et du monde et sur l’avènement du Christ.

Qu’est-ce à dire ? Nous avons tous en tête les fameuses paroles du cantique de Noël bien connu : «  Il est né le divin Enfant, chantons tous son avènement ! » Avènement, venue, naissance… Noël. Alors pourquoi nous parler de Noël comme d’une « galère » en évoquant le Déluge ? Pourquoi ce ton de Jésus assez alarmant et qui nous met mal à l’aise ?

C’est parce que le temps de l’Avent, frères et sœurs, n’est pas une mise en condition pour fêter Noël car Noël comme événement du passé est passé. La venue, l’avènement dont il est question ici est la seconde venue du Christ, son retour dans la gloire à la fin de l’histoire humaine ; Ne chantons-nous pas après chaque consécration : « Viens Seigneur Jésus ! » Nous T’attendons ; nous attendons ton retour glorieux et le moins que nous puissions faire pour attendre activement ce retour annoncé, c’est de veiller, d’être aux aguets, tout simplement attentifs aux signes de ta venue qui ne rime pas avec austérité ou malaise entretenu.

Car je vais vous dire : ce retour glorieux nous en avons des signes dans nos eucharisties lorsque nos assemblées ne sont pas tournées vers elles-mêmes, mais au contraire ouvertes au Seigneur et à tous ces frères et sœurs qui nous entourent, qui sont notre famille chrétienne. Réjouissons-nous d’être ensemble ici dans la salle des noces de l’Agneau ! Réjouissons-nous d’avoir l’époux à nos côtés car l’Eglise rassemblée est toujours l’épouse.

Vous avez entendu cette semaine l’annonce de la parution de la première exhortation apostolique de notre Pape François –Evangelii Gaudium- (« La joie de l’Evangile). Je ne résiste pas au plaisir de vous en lire plusieurs extraits pour émailler mon propos. Voici donc les premiers mots du pape :

«  La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours. Dans cette Exhortation je désire m’adresser aux fidèles chrétiens, pour les inviter à une nouvelle étape évangélisatrice marquée par cette joie et indiquer des voies pour la marche de l’Église dans les prochaines années. » (§ 1)

Tout cela ressemble étrangement à une « feuille de route » pour évangéliser, frères et sœurs ! Les catholiques sont tellement bien accordés aux exigences de la laïcité qu’ils en ont presque oublié qu’évangéliser veut toujours dire : sortir de soi-même et porter la bonne nouvelle du Christ venu dans notre vie pour qu’Il ait quelques chances d’advenir dans d’autres vies  !

L’austérité n’a donc pas sa place, les attitudes compassées ne sont pas de mise : croire n’est pas un malheur ; connaître et aimer le Christ ne vous imposent en aucune manière d’être inquiets de tout et surtout de ne voir que des horreurs autour de nous. Pendant que nous nous comportons ainsi, nous perdons du temps et ne sommes pas dans une attitude dynamique de proposition de la foi.

Comment pourrais-je oublier ceux qui, lorsque je suis arrivé ici il y a dix ans, m’ont dit : « Nous avons réfléchi avec le P Michel Roger et il était d’accord pour que nous lancions le parcours Alpha : es-tu d’accord ? J’ai répondu : « Je ne vais certainement pas arrêter un dynamisme car cela revient à rester en arrière, faire du fixisme, rêver du passé où l‘on transmettait la foi comme un bel objet précieux de famille. Aujourd’hui, il faut se bouger, écouter et travailler de manière renouvelée pour attirer à la foi et à l’espérance chrétienne nos contemporains ! Il me semble que le pape François nous encourage : nous pouvons le remercier.

2- Ne pas regarder en arrière, être aux aguets, c’est être en état de veille. Saint Paul, à deux reprises dans le passage de l’épître aux Romains de ce jour (Romains 13,11-14) nous presse de « revêtir le Christ ». Pour des chrétiens, cela signifie toujours ne pas oublier notre condition baptismale d’enfant de Dieu : fils et filles dans le Fils de Dieu nous le sommes. Nous avons vraiment autre chose à faire qu’à nous quereller ou nous jalouser ou nous étourdir comme si cela préparait des lendemains qui chantent. Etre chrétien, c’est donc être joyeux, mais aussi refuser la fausse facilité à laquelle cette société hyper libérale, libertaire et autoritaire voudrait nous entraîner.

Ecoutez encore le Saint-Père :

«  Le grand risque du monde d’aujourd’hui, avec son offre de consommation multiple et écrasante, est une tristesse individualiste qui vient du cœur bien installé et avare, de la recherche malade de plaisirs superficiels, de la conscience isolée. Quand la vie intérieure se ferme sur ses propres intérêts, il n’y a plus de place pour les autres, les pauvres n’entrent plus, on n’écoute plus la voix de Dieu, on ne jouit plus de la douce joie de son amour, l’enthousiasme de faire le bien ne palpite plus. Même les croyants courent ce risque, certain et permanent. Beaucoup y succombent et se transforment en personnes vexées, mécontentes, sans vie. Ce n’est pas le choix d’une vie digne et pleine, ce n’est pas le désir de Dieu pour nous, ce n’est pas la vie dans l’Esprit qui jaillit du cœur du Christ ressuscité. » (§2)

3- Notre temps de l’Avent pour tous et chacun peut être une belle occasion de revenir aux fondamentaux de notre foi : prière bien sûr encore et toujours, écoute de la Parole de Dieu (nous entendons les magnifiques prophéties d’Isaïe chaque année et dès ce dimanche), approfondissement de notre foi (nous mettrons à votre disposition des exemplaires de l’exhortation apostolique dès qu’elle sera parue en librairie ; d’ores et déjà vous pouvez la lire sur le site Internet du Vatican – www.vatican.va -) ; attention aux problèmes socio-économiques qui touchent beaucoup de personnes et vigilance par rapport à certains projets dits sociétaux en cours.

Bien sûr que nous sommes contre la guerre. Bien sûr que nous rêvons d’un monde en paix tel qu’Isaïe l’a prédit (cf. Isaïe 2,4-5), mais nous savons aussi d’expérience que tout cela ne se réalise pas seulement à coup de bonne volonté et de bons sentiments souvent fugaces. Cela se réalise –et beaucoup autour de nous ont besoin de le voir- lorsque des cœurs humains s’ouvrent à Dieu pour se laisser transfigurer par Lui. Durant ce temps de l’Avent, nous chantons la Vierge Marie, modèle du chrétien : ‘Tu as porté Celui qui portes tout.’ Tu l’as porté parce que tu t’es laissée saisir par le Seigneur et tu ne l’as pas quitté.

Restons aujourd’hui sur les paroles fortes du pape François à ce sujet. Nous voyons à quelle hauteur la barre est placée ! Mais n’est-ce pas le temps de l’Avent : «  Vienne Seigneur, vienne ton jour… »

« J’invite chaque chrétien, en quelque lieu et situation où il se trouve, à renouveler aujourd’hui même sa rencontre personnelle avec Jésus Christ ou, au moins, à prendre la décision de se lais¬ser rencontrer par lui, de le chercher chaque jour sans cesse. Il n’y a pas de motif pour lequel quelqu’un puisse penser que cette invitation n’est pas pour lui, parce que « personne n’est exclu de la joie que nous apporte le Seigneur » Celui qui risque, le Seigneur ne le déçoit pas, et quand quelqu’un fait un petit pas vers Jésus, il découvre que celui-ci attendait déjà sa venue à bras ou¬verts. C’est le moment pour dire à Jésus Christ : « Seigneur, je me suis laissé tromper, de mille ma¬nières j’ai fui ton amour, cependant je suis ici une fois encore pour renouveler mon alliance avec toi. J’ai besoin de toi. Rachète-moi de nouveau Seigneur, accepte-moi encore une fois entre tes bras rédempteurs ». Cela nous fait tant de bien de revenir à lui quand nous nous sommes perdus !  » (§ 3)

Père Stéphane AULARD

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