Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      L’Espérance chrétienne

L’Espérance chrétienne


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  • 3 novembre 2010
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HOMELIE POUR LA COMMEMORAISON DES FIDELES DEFUNTS
(2 novembre 2010)

Lectures : 1 Corinthiens 15,51-57
Psaume 15
Jean 6,51-58

1- Je tiens encore au début de cette homélie à vous saluer tous : certains d’entre nous ont reçu une invitation de la paroisse à participer à cette eucharistie ce soir parce que depuis le 2 novembre de l’année dernière vous avez perdu un être cher et ses obsèques ont été célébrées ici à Notre-Dame du Rosaire. D’autres paroissiens ont confié au Seigneur leur défunt en priant ailleurs en France ou à l’étranger souvent là où sont vos racines familiales. D’autres encore en ce jour de commémoraison des fidèles défunts ont présents à l’esprit leur parenté, leurs amis partis vers la lumière inaltérable du Seigneur : le souvenir est toujours là et tout spécialement aujourd’hui.

D’ailleurs, cette messe nous presse d’entrer plus avant dans ce que la tradition chrétienne appelle la «  communion des saints ».

Les saints du calendrier, nous les avons fêtés hier ; la communion des saints englobe les vivants et les morts : ceux qui comme nous sont réunis pour la prière sur les cinq continents aujourd’hui ; ceux qui ont enterré un proche aujourd’hui au terme d’une vie bien remplie, dans le recueillement ou encore suite à cet attentat affreux qui a tué près d’une cinquantaine d’innocents rassemblés pour la première messe de la Toussaint dans la cathédrale syrienne catholique de Bagdad dimanche soir.

Nos « défunts » ont, selon l’étymologie latine de ce mot, accompli leur « fonction », rempli leur mission d’habiter cette terre en l’humanisant, en étant disponible à l’appel de Dieu à poursuivre sa création. C’est ce que nous espérons de toutes nos forces pour tous.

Nous les remettons donc tous au Seigneur lui qui, selon les prières eucharistiques, « connaît leur droiture et leur foi. » (Prières eucharistiques III et IV)

2- Entrons, frères et sœurs, dans l’espérance chrétienne. L’espérance chez les chrétiens n’est pas un pâle espoir où l’ombre du désespoir risquerait encore de se tapir. Elle est plutôt la «  petite fille » dont nous a parlé Charles Péguy et qui se tient entre la foi et l’amour de charité, donc est fragile et parfois malmenée.

Mais, c’est aussi un moteur intime qui nous fait lever chaque matin ! Elle pourrait donc nous conduire à vouloir approfondir notre foi au Christ, Dieu donné dont nous parle l’Evangile selon saint Jean entendu ce soir (Jean 6) et encore à aimer davantage comme Celui précisément dont la mort est un ultime don de lui-même.

Je laisse la parole à Christian de CHERGE, prieur de Tibhirine (Algérie) que nous a fait connaître le récent film de Xavier BEAUVOIS « Des hommes et des dieux ». Le texte que je cite est celui de son homélie du 2 novembre 1995 six mois avant les événements tragiques que lui et sa communauté subirent à Tibhirine :

« Cette urgence du cœur qui nous porte à honorer (ceux-là qui ne sont plus) comme à l’ombre des bienheureux relève de l’ESPÉRANCE inaliénable que chacun de nous conserve même vis-à-vis de ceux-là qui, de leur vivant, ont surtout brillé par leur égarement. Pas d’autre façon de rejoindre la prière du Christ : « Qu’aucun ne se perde... ! » En associant ainsi nos défunts, tous les défunts, et les saints, tous les saints, nous contribuons à voir exaucée cette autre prière ultime de Jésus : « Père, que TOUS SOIENT UN !

Avant d’être un mystère de la foi, le mystère de la communion des SAINTS est d’abord un mystère d’ESPÉRANCE : il dit la restauration de l’humanité à la table des pécheurs, réconciliés par un même Esprit de Sainteté, pour la joie du Père, dans la grâce du Fils qui n’a pas eu d’autre chemin parmi les hommes que la sainteté, et qui s’est fait pour nous ce chemin de vérité et de vie... »

3- Puis, il médite sur les deux faces périssable et impérissable (cf. 1 Corinthiens 15) d’une médaille, figurant notre existence dans ces deux dimensions. La médaille fait apparaître d’abord son «  revers plus tragique... avec ce visage de misère, de souffrance, de vieillissement et de mort que nous ne connaissons que trop... ». Mais, cette face de la médaille est rejointe par la Sainte Face de Jésus Christ « Fils de l’homme traversant la mort de part en part... de telle sorte que nous découvrions ceci : quand l’amour s’empare de la mort, c’est la vie même qui est transfigurée. »

C’est précisément en contemplant cette Sainte Face de Jésus Christ que nous pouvons retourner la monnaie et accéder à la face éternellement lumineuse promise à l’humanité tout entière. Nous pouvons y communier ce soir en accueillant le Ressuscité qui se tient au milieu de nous dans sa Parole toujours vive et peut-être aussi pour ceux qui feront ce pas en communiant de grand cœur à sa vie qui n’est pas hors de notre portée. Je vous laisse maintenant sur la conclusion du Père de Chergé :

« De qui donc est cette effigie de vie ?
Elle est celle même de Dieu, notre ESPERANCE sur le visage de chacun de nous. Et si la mort s’identifie à ce souffle qui expire une dernière fois, elle se laisse tout entière aspirer par cet autre Souffle qui murmure une bonne fois : « Viens vers le Père !
 »

Père Stéphane AULARD



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