Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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L’eau de la Samaritaine


HOMELIE POUR LE TROISIEME DIMANCHE DE CAREME
(23 mars 2014)

Avec ce troisième dimanche de carême notre marche vers Pâques s’accélère et cela se traduit d’une façon concrète : nous venons d’entendre une grande page de l’Evangile selon Saint Jean proposée à notre méditation et à celle de nos catéchumènes qui recevront le baptême durant la Veillée pascale le 19 avril prochain. Nous renouons ainsi avec la plus grande tradition qui veut mettre devant les yeux des fidèles comme des catéchumènes les grands récits et discours de Saint Jean et ce dimanche l’entretien de Jésus avec la Samaritaine (Jean 4,5-42).

Le troisième, le quatrième et le cinquième dimanche, les catéchumènes peuvent rejoindre l’assemblée dominicale pour le temps dit des « scrutins ». Rassurez-vous la campagne électorale ne s’éternisera pas pendant trois semaines car les scrutins dont il s’agit existent depuis bien plus longtemps dans l’Eglise que nos votes démocratiques auxquels nous sommes malgré tout tenus de participer !

Les scrutins dont il s’agit veulent rappeler la qualité du regard du Seigneur qui «  scrute les reins et les cœurs  » de l’homme non pas pour le tenter, mais pour lui apprendre à résister à la tentation et le délivrer du mal. C’est pour cette raison que nos trois catéchumènes, Mathilde, Laurianne et Alexis nous rejoindront le samedi 5 avril à la messe de 18 h pour vivre au milieu de nous un scrutin liturgique qui se traduira essentiellement par une prière de délivrance et l’imposition des mains sur chacun d’eux.

En attendant, frères et sœurs nous sommes aussi comme des catéchumènes en ce temps de carême invités à ne pas récriminer contre le Seigneur : « Aujourd’hui, ne fermons pas nos cœurs, mais écoutons la voix du Seigneur », dit le Psaume 94 en écho à la première lecture (Exode 17,3-7) qui rappelle précisément les récriminations d’un peuple –Israël- délivré de la servitude et qui apprend difficilement à vivre en hommes libres.

C’est le Seigneur qui nous a libérés par le baptême et nous libère encore dans la pénitence, l’aveu de nos fautes et le pardon de nos péchés. Nous savons combien cela nous coûte d’entrer dans le processus de la libération du cœur et combien ce chemin est parsemé d’embûches ! C’est pourquoi Saint Paul peut rappeler aux baptisés d’hier et d’aujourd’hui : «  L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit saint qui nous a été donné. »(cf. Romains 5,5) C’est bien le Dieu d’amour qui, non seulement nous ibère, mais aussi fait de nous des temples de l’Esprit Saint remplis de Lui, nourris par Lui, abreuvés par le Seigneur qui n’abandonne aucun de ses fidèles.

Nous nous préparons certes à la fête de Pâques, mais nous n’oublions pas que déjà nous avons été libérés, déjà nous vivons de l’Esprit Saint, déjà comme dit Jésus : nous sommes les adorateurs en Esprit et en vérité du Seigneur puisque nous avons reçu le baptême d’eau et d’Esprit Saint qui unit tous les fidèles du Seigneur faisant d’eux le Peuple de Dieu, le Corps du Christ et le Temple de l’Esprit Saint. Que tout cela est enthousiasmant de se savoir greffés à Dieu Notre Père par le Christ et dans l’Esprit Saint.

Dans ce récit et ce dialogue entre Jésus, la Samaritaine et les Apôtres, j’aimerais attirer votre attention sur trois points qui pourraient susciter en nous réflexion et conversion :

Jésus se présente à la Samaritaine venu puiser de l’eau en plein midi et les paroles qu’il prononce sont loin d’être banales alors que l’on pourrait le croire : « Donne-moi à boire ! » Bien des personnes imaginent que la rencontre avec le Christ est mystérieuse voire ésotérique ou bien qu’il va nous demander l’impossible. Y avez-vous songé ? Il sait que cette femme passe une bonne partie de sa vie à puiser et porter de l’eau. C’est précisément là dans cette tâche qu’il vient la rejoindre.

Bien plus, le Christ, qui est le véritable époux de l’humanité, sait que Jacob a rencontré Rachel au bord d’un puits (cf. Genèse29). Ici, le Christ, à travers la Samaritaine qui est comme une étrangère pour un israélite, vient briser les frontières et abattre les murs de séparation pour s’offrir comme l’époux de toute l’humanité sans faire acception de personne. Cela ne l’empêche pas de commencer par solliciter notre participation –‘Donne-moi à boire’-.

Frères et sœurs, écoutons le Seigneur qui nous sollicite : Il a besoin de nous pour poursuivre son œuvre de Salut. Ne faisons pas les modestes. Prêtons-lui nos bras, nos corps, nos intelligences. Ce n’est pas d’eau qu’il manque ; c’est l’humanité qui lui manque. C’est Lui encore qui, sur la croix ultimement, nous dira qu’Il a soif de notre salut (cf. Jean 19,28).

La Samaritaine qualifie Jésus de « prophète » parce qu’elle a vu quelqu’un qui lui a dit tout ce qu’elle a fait… Nous imaginerions plus volontiers qu’un prophète sait prédire l’avenir, est clairvoyant sur le présent et bon connaisseur de la Parole de Dieu. Voilà qu’elle s’étonne que le Christ ait pu lui dire : « tu en es à ton sixième homme ! »

Pour elle Jésus-prophète est cet homme qui lui permet de faire la vérité sur sa vie et qui n’a pas commencé par l’invectiver, la tancer, la condamner parce qu’elle est en « situation irrégulière » ! C’est au contraire le dialogue suivi, l‘écoute aussi du Seigneur qui lui ont permis non seulement de faire la vérité sur sa situation matrimoniale, mais aussi sur son rapport à Dieu. Elle aussi va devenir une adoratrice en esprit et en vérité !

Frères et sœurs, entrons nous aussi en dialogue avec le Seigneur qui nous réclame et peut tant nous apporter si nous consentons quelque peu à ce colloque avec Lui. Depuis quand, avons-nous véritablement pris ce temps ?

Les disciples de Jésus apparaissent vers la fin du récit et ils n’ont pas vraiment la part belle : c’est comme s’ils ne comprenaient pas grand-chose lorsque le Seigneur leur parle. C’est à croire que la femme étrangère est plus immédiatement en phase avec le Christ ! Le Seigneur les invite à ne pas rester rivés sur leurs questions très terre à terre (‘Quand passerons-nous à table ?’).

Il les invite à lever les yeux et à regarder le spectacle des champs prêts à être moissonnés. Vous connaissez certainement aussi cette invitation à la prière de jésus : «  Priez le maître de la moisson pour qu’Il envoie des ouvriers à sa moisson  ! » Nous avons souvent tendance à croire que nous sommes propriétaires du champ qu’il faut ensemencer. Le Seigneur, Lui, nous parle de « moisson ».

C’est comme si la question de la propriété du champ et celle des semailles ne nous regardaient pas : le Seigneur a besoin de nous pour moissonner. Nous sommes en bout de course : nous avons à contempler les champs mûrs ! Dès lors, notre œuvre ne sera pas d’abord inquiétude parce que nous n’avons pas les bonnes semences ou parce que nous ne savons pas nous y prendre. C’est le Seigneur le propriétaire et le semeur : nous sommes les moissonneurs !

Frères et sœurs, soyons donc des moissonneurs certainement pas naïfs et incompétents, paresseux, mais reconnaissons qu’avant nous d’autres ont travaillé à l’évangélisation de notre pays, de notre paroisse. Regardons combien le Seigneur grandit dans de nombreux cœurs humains qui ont soif. Réjouissons-nous et recueillons cela pour le rendre comme une grâce à celui qui veut avoir besoin de nous.

Amen.


Père Stéphane AULARD

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