Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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La porte qu’est le Christ


HOMELIE DU QUATRIEME DIMANCHE DE PÂQUES
(11 mai 2014)

Ce quatrième dimanche de Pâques, comme vous le savez, a pour sous-titre : « Dimanche du Bon Pasteur ». C’est à cette occasion que chaque année l’Eglise universelle est invitée à faire monter une prière unanime pour les vocations. Une prière adressée au Seigneur Jésus Christ le Bon Pasteur, le Bon Berger.

Le chapitre 10 de l’Evangile selon Saint Jean présente Jésus comme le Bon Pasteur. On devine en entendant les dix premiers versets aujourd’hui que lorsque Jésus dit : « Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom  » (verset 3) il parle du Bon Pasteur, du vrai berger qui connaît chacune de ses brebis, leur a donné un nom ainsi lorsqu’il les appelle…, elles le reconnaissent et le suivent.

La fin du texte nous en dit un peu plus sur l’état d’esprit, les dispositions intérieures, le projet de ce Bon Pasteur dans lequel nous reconnaissons évidemment Jésus : « Moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance. » (verset 10) Nous connaissons Jésus Christ ; nous savons qu’en lui est la source de la vie, Il est le Vivant par excellence.

Et puis, plus d’une fois dans notre vie, nous avons pressenti qu’il est bon de vivre comme Jésus, de vivre à la suite de Jésus, de vivre avec Jésus comme compagnon de route (souvenez-vous des pèlerins d’Emmaüs accompagnés par le Ressuscité et qui découvrent combien par lui leur cœur est brûlant, combien par lui la vie, leur vie est renouvelée).

Tout dans ce passage nous introduit à l’affirmation du verset 11 qui est célèbre, mais que vous n’entendrez que l’année prochaine à pareille époque :

« Moi, je suis le Bon Pasteur, le vrai berger. »

Mais, le début de ce chapitre célèbre développe une autre image qui, au premier regard, nous paraît peut-être moins suggestive : l’image de la porte. D’abord de manière apparemment banale : «  Celui qui entre par la bergerie sans passer par la porte…, celui-là est un voleur. » (verset 1), puis de manière solennelle voyant que ses interlocuteurs n’ont vraiment rien compris ce que Jésus veut leur dire : « Amen, amen, je suis la porte des brebis… » (verset 7) ; enfin de manière extrêmement concise comme souvent dans l’Evangile de Jean lorsque Jésus s’attribue une image : « Moi, je suis la porte. » (verset 9)

Vous le savez, l’auteur du quatrième évangile met sur les lèvres de Jésus des expressions toujours ciselées de la même manière : sujet verbe et attribut : « Moi, je suis le pain de la vie » (Jean 6,35) ; « Moi, je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jean 14,6) ; « Moi, je suis la résurrection et la vie » (Jean 11,25). Jésus n’est pas prétentieux lorsqu’il parle ainsi. L’évangéliste se souvient des paroles du Seigneur révélant à Moïse son nom au buisson ardent : « Moi, je suis qui je suis. » (cf. Exode 3,14).

Là est la référence fondamentale et pourtant avec Jésus les choses se précisent : Celui qui est, qui était et qui vient est la porte. Non seulement, Il vient à notre rencontre, il chemine avec nous, mais aussi, il nous faut passer par lui. Pour aller et venir (cf. verset 9) en enfants de Dieu libérés, il faut accepter de passer par le Christ.

Vous connaissez cette autre parole de Jésus en Saint Jean : « Qui veut aller vers le Père doit passer par moi. » (Jean 14,6) Le passage, le chemin pascal qui nous fait toujours aller des ténèbres à la lumière, d’une vie quelconque à une vie pleine, passe par le Christ.

-Les catéchumènes comme les personnes qui redécouvrent la foi, les chrétiens charpentés savent que de leurs propres forces ils n’iront pas loin car ils se fatigueront. La porte de la bergerie, c’est la porte de l’Eglise où les chrétiens sont rassemblés, où la Parole est annoncée, où les sacrements sont célébrés. Le portail de l’Eglise, c’est le baptême, c’est l’eucharistie et la confirmation comme sacrements fondamentaux décisifs ou réitérables. Aller à l’eucharistie régulièrement et communier au Christ, c’est passer encore et encore par le Christ, la porte de la vie éternelle.

Beaucoup rêvent d’une autonomie absolue : « je fais ce que je veux. », parole adolescente qui est aussi celle de beaucoup d’adultes, bien illusoire à l’époque où –dit-on- nous sommes surveillés de toute part, écoutés, filmés, enregistrés, évalués, contrôlés. La porte qu’est le Christ, n’est pas un portique payant muni de radar. C’est la porte munie d’un seuil où l’on peut faire la pause, se parler au soleil, s’attarder. C’est la porte entre notre vie chahutée, bruyante, riche aussi et la vie régénérée, réalimentée, ressourcée. La porte, c’est le Seigneur lui-même comme de la « belle ouvrage » : une porte en beau bois sculpté, faite pour durer et que l’on admire.

Frères et sœurs, Celui qui se tient à la porte et qui frappe, comme dit l’Apocalypse (Apocalypse 3,20) est aussi la porte elle-même, car on n’entre pas dans la vie sans s’arrêter. Aujourd’hui arrêtons-nous devant cette belle porte qu’est le Seigneur, écoutons le son de sa voix, contemplons son beau visage pour mieux reprendre la route et découvrir chaque jour combien les visages de nos frères, leurs paroles, leurs actes peuvent être aussi précieux et devenir la matière de notre action de grâce.

Prions, le Seigneur pour ceux qui reçoivent l’ordination diaconale ou sacerdotale dans notre diocèse en ces mois de mai et de juin : qu’ils soient de bons passeurs, de bons pasteurs en étant toujours davantage attachés à Celui qui est la porte et le vrai pasteur !

Père Stéphane AULARD

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