Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      Laissons-nous mettre en mouvement par l’Ascension !

Laissons-nous mettre en mouvement par l’Ascension !


HOMELIE POUR LA FETE DE L’ASCENSION
JEUDI 9 MAI 2013

1- La fête de l’Ascension du Seigneur n’est pas un conte pour enfants ou un phénomène relevant de l’hallucination collective ! L’Ascension du Seigneur clôt le cycle pascal constitué par ce que l’on appelle couramment les « apparitions  » de Jésus après sa résurrection. Je n’aime guère pour ma part ce mot « apparition » qui me paraît trop faible et donne justement à croire que « ce n’est pas bien sûr tout cela ! » Je lui préfère l’expression : «  rencontres du Christ ressuscité  » avec ses Apôtres.

Vitrail de l’église Notre-Dame du Rosaire

L’Evangile selon Saint Luc et le début du livre des Actes des apôtres du même évangéliste- présente l’Ascension de Jésus comme cette ultime rencontre qu’Il eut avec ses Apôtres et le cercle des disciples au terme des quarante jours au cours desquels Il s’était déjà donné à voir ressuscité à maintes reprises : à quelques-uns (pensez aux pèlerins d’Emmaüs qui cheminent sur la route en Luc 24,13-35) ou au groupe des onze apôtres (à la fin de Saint Luc à partir –Luc 24, 36 - qui se conclut par le récit de l’Ascension).

Saint Marc, dans ses derniers versets dit de manière très sobre : « Donc, le Seigneur Jésus après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu.  » (Marc 16,19)

L’Evangile selon Saint Jean ne rapporte pas le moment de l’Ascension, mais dans les discours après la Cène Jésus dit à plusieurs reprises aux Apôtres qu’Il s’en va, qu’ils ne Le verront plus, qu’Il reviendra. Jean précise même : «  Il vaut mieux que je m’en aille, en effet si je ne pars pas le Paraclet ne viendra pas à vous ; si au contraire je pars je vous l’enverrai. » (Jean 16,7). Jésus ne s’en va pas vers la mort, mais Il va vers son Père et le nôtre (cf. Jean 20,17) et l’Ascension exprime parfaitement cela.

C’est Saint Matthieu qui rappelle l’ordre de Jésus convoquant ses apôtres en Galilée pour les envoyer en mission avant de leur confier ce fameux verset qui clôt cet évangile : « Et moi je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. » (Matthieu 28,20)

Que retenir de cette brève enquête ?

Deux fils, si je puis dire, qui constituent la trame de l’Ascension :

  • le premier fil concerne Jésus qui s’en va, se sépare de ses apôtres, est enlevé pour monter au ciel. Ce fil n’est pas sans rappeler l’enlèvement d’Elie dans l’Ancien Testament (cf. 2 Rois 2) qui confie son esprit à Elisée son disciple… Des prophètes en sont témoins. Elie est resté dans la tradition d’Israël comme le grand prophète à imiter tellement bien qu’on le retrouve avec Moïse à entourer le Christ transfiguré sur la montagne (cf. Luc 9,30). Il y a là une annonce de l’Ascension du Seigneur.
  • Le second fil concerne les disciples qui vont recevoir l’Esprit. Il s’agit bien sûr de l’Esprit Saint décrit par Saint Luc comme une force, un vêtement qui va revêtir les apôtres (cf. Luc 24,49). Le livre des Actes qui reprend pour le poursuivre l’Evangile selon Saint Luc se fait plus explicite puisqu’il dit que les apôtres vont bientôt être baptisés (c’est-à-dire « plongés ») dans l’Esprit Saint. Dès lors, ils seront témoins de Jésus et de la Bonne nouvelle « jusqu’aux extrémités de la terre  » (cf. Actes 1,4.8). Ici Saint Luc rejoint d’ailleurs Saint Matthieu dans le fameux verset qui a mis en marche tant de chrétiens au cours des siècles : «  Allez de toutes les nations faites des disciples, baptisez les…, Et moi je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » (cf. Matthieu 28,19-20)

2- Frères et sœurs, je vous ai rappelé tous ces points pour que nous prenions le temps en cette fête de l’Ascension de porter notre regard sur Jésus et que nous prenions, reprenions conscience de notre mission de disciples comme nous y invitent les lectures de l’Ascension.

Beaucoup en effet s’arrêtent au « phénomène » de l’Ascension (comment Jésus fut-Il propulsé pour s’élever au-dessus de la terre ?)Il est vrai que notre peinture classique a cherché à représenter cette scène parfois de manière un peu naïve. Et comme cela semble impossible, beaucoup s’arrêtent là.

Pourtant, songeons-y : le Seigneur en disparaissant de nos yeux achève le mouvement même de l’Incarnation et de la Rédemption, les deux grands mystères de notre foi qui, en fait, ne font qu’un  : Il est né en venant chez les siens (cf. Jean 1,11), dans ce monde créé par Dieu, voulu et aimé de Lui pour venir à notre rencontre et nous sauver en s’immergeant dans la vie des hommes, en partageant tout ce qui nous constitue à l’exception du péché.

Or, qu’est-ce qui nous constitue ? La naissance, la croissance, l’éducation, le travail, la rencontre et les relations humaines, l’amour comme un don de soi, la souffrance, la mort. Il retourne au Père dont Il vient (cf. Jean 14,12 ; 16,5.28) car c’est le mouvement même de la résurrection qui proteste contre l’abandon, la trahison, la condamnation, le meurtre, l’oubli, la honte. Si la résurrection de Jésus exprime à la fois son réveil (on peut dire que Jésus est l’Eveillé) d’entre les morts et sa dignité car Il est debout, son Ascension exprime son exaltation.

Ne nous y trompons pas : il ne s’agit pas de porter aux nues un « exalté » au mauvais sens de ce mot, mais de reconnaître son relèvement définitif, son retour dans les mains du Père qui est le véritable sanctuaire comme dit l’épitre aux hébreux (Hébreux 9,24) ; le Ciel. Oui, en osant croire à cette grandeur, à cette « hauteur de vue », ouvrons notre regard pour croiser celui du Père des siècles et de l’histoire : Dieu est plus grand et ne saurait être ravalé à peu de choses. Son amour est plus grand et ne saurait être ravalé à peu de choses. Comme il est bon de croire à cette immensité, à cet océan d’amour qui n’est pas une perte mais un geste : celui des bras ouverts pour accueillir ce qui ne saurait disparaître.

Une carmélite à propos de sa propre mort écrivait ceci : « Ce qui se passe de l’autre côté, quand tout pour moi aura basculé dans l’éternité, je ne le sais pas : je crois seulement qu’un amour m’attend… » C’est l’amour de Dieu. Jésus, dans son Ascension, nous dit qu’au-delà de cette terre, de ses affres et de ses petitesses, il y a vraiment du plus grand, du plus haut qui nous élève et qui nous appelle. Tout cela n’a rien d’angoissant ; bien au contraire c’est très bon.

Dès lors nous pouvons vraiment comprendre, dans le dialogue qui précède la Préface, grande entrée dans la prière eucharistique, ces mots que nous entendons sans y prêter véritablement attention : « Elevons notre cœur (« sursum corda ») : cela est juste est bon !  »

Ne voyez-vous pas combien le devenir du Ressuscité ouvre nos cœurs, Il s’élève pour nous indiquer notre propre devenir !

3- Mais, en attendant une tâche nous est offerte tant que nous sommes dans ce monde  : pour trois ans peut-être comme la durée du ministère du Christ, pour des dizaines d’années, pour quelques jours : peu importe ! Cette tâche, c’est de reprendre la route, notre route, habités de l’Esprit Saint qui, comme dit Jésus dans l’Evangile (cf. Actes 1,8 ; Jean 14,26), nous est promis et qui nous fait souvenir de ses propres paroles. Il nous assiste, Il nous habite et nous permet d’envisager aussi de grandes choses à accomplir à la suite de notre Maître. C’est cela être témoins.

Dans ce temps liturgique qui nous sépare de la Pentecôte, fête du don de l’Esprit Saint et de la naissance de l’Eglise, exposons-nous déjà à l’Esprit Saint. Nous exposer en Eglise à L’Esprit Saint risque de nous brûler sans doute ; pour autant nous risquons certainement moins un cancer à pratiquer ce genre d’exposition qu’à nous exposer parfois sans précaution et pourtant avec délice au soleil durant l’été !

Lorsque je rencontre des confirmands, je leur propose de prendre un temps de silence et d’écrire une parole de Jésus qu’ils ont mémorisée et qu’ils estiment ne pas devoir oublier : c’est l’Esprit du Père et du Fils qui imprime en nous ces paroles si précieuses qui nous font vivre, nous bousculent, nous dérangent et nous emmènent plus loin.

Et si dans cette « neuvaine » ( neuf jours) qui nous sépare de la Pentecôte nous aussi faisions cette expérience de nous asseoir un peu à l’écart, de laisser le Seigneur venir à notre rencontre au point que cela nous saisisse et qu’une parole du Maître vienne dans notre cœur pour remonter jusqu’à nos lèvres.

Cette parole nous fera certainement du bien, nous consolera quelquefois et fera peut-être de nous de simples témoins au milieu de nos frères et sœurs qui sont notre quotidien. Faisons le pari que nous allons oser prendre ce temps d’ici la Pentecôte !

Vous voyez, frères et sœurs, combien l’Ascension du Seigneur nous parle de Jésus notre Maitre et notre ami ; mais aussi de nous. Laissons-nous mettre en mouvement par l’Ascension !

Soyons enfin en communion avec les 12 000 pèlerins rassemblés à Lourdes –à l’occasion du Rassemblement Diaconia- . Ils réfléchissent et prient avec les Apôtres et la Vierge Marie pour que le service de nos frères demeure le plus grand cadeau que nous puissions leur faire au nom de Jésus aujourd’hui.

Amen.


Père Stéphane AULARD

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