Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      Le mariage comme révélation et bonne nouvelle pour l’humanité

Le mariage comme révélation et bonne nouvelle pour l’humanité


HOMELIE DU 27ème E DIMANCHE ORDINAIRE (ANNEE B)
(7 octobre 2012)

On aurait voulu le faire exprès que l’on ne s’y serait pas pris autrement !

En effet en plein débat – si ce mot est encore à l’ordre du jour dans les médias en particulier- sur le mariage entre personnes du même sexe, la liturgie de ce 27ème dimanche du temps ordinaire de l’année B nous fait entendre Marc, chapitre 10, versets 2 à 12. On trouve dans l’Evangile selon Saint Matthieu le parallèle de ce texte (chapitre 19, versets 3 à 10).

1- Ce passage évangélique nous est particulièrement précieux parce que Jésus y est sommé par les pharisiens de s’expliquer (« mis à l’épreuve » dit l’évangéliste en Mc 10, 2, c’est-à-dire, éprouvé, tenté (c’est le même mot en grec)… sur le mariage, plus précisément sur la lettre de répudiation qu’un homme peut être amené à remettre à sa femme selon son bon vouloir (« pour n’importe quel motif  » précise Matthieu (Mt 19,3).

Réfléchissons-y un instant frères et sœurs : des hommes interrogent le rabbi (le maître) Jésus sur le mariage non pas en général, mais en présentant un cas aberrant : pouvons-nous, nous les hommes nous démarier uniquement parce que nous en avons décidé ainsi, selon notre bon vouloir de mâle ?

La réponse de Jésus ne se fait pas attendre : elle est cinglante. Elle refuse de se faire prendre au piège des tentateurs qui diront quelle que soit la réponse du maître qu’il n’y connaît rien –il est célibataire-, qu’il ne respecte pas l’enseignement du grand législateur que fut Moïse, qu’il est totalement idéaliste , donc irréaliste !

Notez bien d’ailleurs que dans la version de Matthieu, ce sont les apôtres qui prennent le relais des pharisiens à la fin de l’entretien. Un verset terrible l’atteste : « Ses disciples lui dirent : ‘si telle est la condition de l’homme par rapport à sa femme, il vaut mieux ne pas se marier. ‘ » (Matthieu 19,10)

2- Mais que dit donc Jésus dans ce passage d’Evangile qui est si insupportable ?

Il s’exprime sur le mariage en prenant les choses non par le petit bout de la lorgnette, non pas en légiférant à partir de cas particuliers comme le prévoit le livre du Deutéronome que les pharisiens ont bien en tête (cf. Deutéronome 24,1-2). Il part de la deuxième page de la Bible (la première lecture de ce jour en Genèse 2,18-24). Il la cite et la commente.

Prenons la mesure de cette manière de citer et de commenter de Jésus. Pour lui, il ne s’agit pas de se livrer à des arguties, mais bien d’aller à l’essentiel en citant l’Ecriture sainte dans ce qu’elle offre « en tête » (c’est le sens du mot Genèse en hébreu : « berechit »). Le propos de Jésus n’est donc pas de nous servir un discours sur l’apparition de l’être humain comme nous serions tentés de le croire en prenant ce récit de la Genèse comme une gentille fable.

JPEGEn effet, si l’on en reste là, on peut tout de suite se désintéresser de ce texte alors que la préoccupation des auteurs bibliques est bien de situer le couple humain –homme et femme- comme le sommet de la création où la ressemblance et la différence se conjuguent admirablement tant il est vrai qu’une femme ressemble à un homme de bien des manières et réciproquement.

Et pourtant la différence fondamentale entre le masculin et le féminin loin de se transformer en opposition est au contraire à la source de l’attirance et du désir en vue de la communion. La Bible nous offre la révélation divine qu’il n’y a d’humanité que dans ce « semblable » et ce « différent » fondamental, dans ce « même » et cet « autre » qui se cherchent, s’appellent pour se conjuguer. Cette conjugaison, ce mariage est au service de l’union du genre humain, de la communion.

C’est pourquoi Jésus reprenant le texte de la Genèse qui dit : « c’est pourquoi l’homme quittera père et mère pour s’attacher à sa femme et ils deviendront tous deux une seule chair. » (Genèse 2,24) commente en précisant : «  Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. » (Marc 10,8-9)

3- En Jésus la révélation de la vérité sur l’être humain devient bonne nouvelle : l’union, la communion qui est en devenir («  Ils deviendront tous deux une seule chair…  »), devient une réalité au présent car cette union dans le mariage de l’homme et de la femme est un don de Dieu («  Ils ne sont plus deux, mais une seule chair. »). Il est dans le projet de Dieu que l’être humain sans fusion romantique, mais aussi sans défiance mortifère s’approche de la communion qui est le mystère même du Dieu unique, du Dieu trinitaire qui s’est révélé progressivement à l’homme : Dieu un et communion des personnes divines.

J’ai coutume de dire aux mariés à chaque mariage que je célèbre que leur histoire unique qui leur paraît quelquefois très intime -voire privée- a bien partie liée avec le devenir de l’humanité puisque le mariage fait advenir l’union dans le genre humain qui y aspire malgré toutes ses divisions et ses conflits récurrents. Un couple humain marié fait grandir cette communion, cette unité bien plus il la réalise. Et le fruit, la fécondité de cette communion paraît lorsque le couple « met au monde » ses enfants.

Vous voyez, frères et sœurs, pourquoi l’Eglise tient au mariage comme révélation et bonne nouvelle pour l’humanité : parce qu’il en va de l’être humain et de Dieu. Voilà pourquoi, nous ne pouvons pas imaginer que le mariage se transforme en s’ouvrant aux personnes de même sexe.

Lorsque l’Eglise demande que l’on ne sacrifie pas cette institution divine et humaine qu’est le mariage, ce n’est pas parce qu’elle rêve et qu’elle ne connaît pas les difficultés de la vie des personnes : il y a dans nos assemblées dominicales des personnes seules suite à un veuvage ; il y a dans nos assemblées des personnes divorcées et parfois remariées. Qui a dit que nous ne les aimions pas ? Qui a dit qu’elles n’avaient pas leur place ici ? Bien au contraire ! Qui a dit que les personnes homosexuelles n’avaient pas leur place dans nos assemblées ? Il y en a : qu’elles sachent que nous les considérons comme des frères et des sœurs et que le mieux que nous puissions faire est bien d’apprendre à prier et partager ensemble. Mais, de grâce, ne bradons pas le mariage comme l’union de l’homme et de la femme !

Je sais que beaucoup d’entre vous se demandent ce que pense l’évêque de Créteil. Il propose aux prêtres, diacres, laïcs chargés de mission, laïcs chargés de la préparation au mariage une journée de travail le 25 octobre sur le mariage afin que nous nous redisions les convictions qui sont les nôtres sans oublier les difficultés de beaucoup à l’égard du mariage.

Il nous invite aussi nombreux à la grande veillée de prière qui aura lieu à la cathédrale de Créteil le mercredi 28 novembre à 20 h 30  : venez nombreux. Un certain nombre d’entre nous veulent manifester au grand jour qu’ils ne sont pas d’accord avec le projet gouvernemental : écrivez à vos élus, signez les pétitions qui circulent, demandez-leur rendez-vous.

Les évêques de France ont quant à eux rendez-vous le 2 novembre à Lourdes pour leur conférence annuelle. Nul doute qu’il sortira de cette assemblée plénière un certain nombre de repères qui nous aideront à prendre la parole. Peut-être nous inviteront-ils à manifester. Patientons encore un peu et suivons plus que jamais nos pasteurs.

Amen.


Père Stéphane AULARD

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