Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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Les chemins de Marie


HOMELIE POUR LA FETE DE L’ASSOMPTION

(15 août 2013)

1- L’Eglise, en ce jour, célèbre l’Assomption de la Vierge Marie « élevée en son corps et en son âme à la gloire du ciel », selon les termes du dogme de l’Assomption défini par le pape Pie XII en 1950. Est-ce à dire qu’avant 1950, on ne célébrait pas dans notre Eglise l’Assomption de la Vierge ? Bien sûr que si ! C’était même en France notre « fête nationale » si l’on peut dire surtout depuis que le roi Louis XIII avait demandé, suite à la naissance inespérée du dauphin et qu’il attribuait à l’intercession de la Vierge Marie, que l’on organise des processions partout en France en l’honneur de la Patronne principale de notre pays.

La France a partie liée avec la foi chrétienne depuis des siècles –même si certains feignent de ne pas le savoir- et singulièrement avec la Vierge Marie, la « Mère de Dieu » (selon la belle expression du Concile d’Ephèse en 431), la « Théotokos » (littéralement, celle qui « enfante Dieu ») comme le disent nos frères orientaux.

N’est-il pas heureux que chrétiens catholiques et orthodoxes se retrouvent –entre autres- autour de la Vierge marie en chemin vers l’unité pour laquelle le Christ a lui-même prié la veille de sa passion (cf. Jn 17,21) ?

2- L’Evangile qui vient d’être proclamé (Lc 1,39-56) est aussi celui de la fête de la Visitation (le 31 mai) : il nous rapporte la rencontre simple et joyeuse d’Elisabeth et de Marie, la bénédiction qu’Elisabeth adresse à Marie, « la mère de mon Seigneur » (Verset 43) : « Tu es bénie entre toutes les femmes » (Verset 42). Nous aimons reprendre ces mots dans la prière de l’Ave Maria.

Puis vient le célèbre Magnificat de Marie qui proclame la grandeur de Dieu se déployant dans l’humilité de sa servante et plus largement dans la vie de tous ceux qui vivent de cette humilité. C’est d’ailleurs sur cette « humilité » (humilitas en latin ; tapeinôsis, en grec) que nous pourrions nous arrêter en ce jour où nous contemplons en Marie l’œuvre de Dieu. Je reprends donc les versets du Magnificat qui vont nourrir notre méditation :

« Il s’est penché sur son humble servante, désormais tous les âges me diront bienheureuse. » (Verset 48)
« Il renverse les puissants de leurs trônes ; Il élève les humbles. » (Verset 52).

3- Marie, fille d’Israël, dès sa Conception, à l’Annonciation et à la Visitation est la « toute humble » à l’image du Christ son fils qu’elle va enfanter. Saint Paul, dans la célèbre hymne au Christ qu’il adresse aux Philippiens (cf. Ph 2,6 ss.) présente en effet le Christ comme Celui qui aurait pu revendiquer d’être traité à l’égal du Père dont Il partage la nature divine –c’eût été au niveau le plus haut-. Bien au contraire, Il « s’est abaissé » (Verset 8) dans son service de l’humanité qu’il vient rétablir dans sa dignité première en s’offrant à elle.

L’humilité de la Vierge Marie procède de celle de son fils, elle qui est la parfaite disciple, en menant une existence cachée, de service et joyeuse.

Dans notre langue « humilité » est un mot forgé sur « humus » et désigne la terre dans sa fertilité. La « nouvelle Eve », comme se plaît à l’appeler Saint Irénée, n’a donc pas oublié sa condition de créature qui a partie liée avec la terre qu’elle habite tout en étant porteuse d’une manière unique du projet de Salut de Dieu. Son double service comme parfaite disciple du Christ et comme créature assumée s’exprime dans cette humilité dont elle fait preuve.

Le second verset que j’ai cité il y a quelques instants (« Il élève les humbles  ») élargit la prière de la Vierge Marie en envisageant tous les serviteurs humbles du dessein de Dieu qui vont être élevés par Lui. En Marie, il n’y a aucune gloriole, aucun orgueil, aucune autosatisfaction, mais uniquement la disponibilité et l’action de grâce pour les grandes choses –les merveilles ; cf. Verset 49- que Dieu accomplit dans ses créatures lorsqu’elles n’oublient pas qu’elles ont été voulues par Lui « à son image et ressemblance » (cf. Gn 1,26).

Donc, Marie voyant que Dieu élève les humbles n’attire pas les regards vers elle. Pourtant, c’est bien elle que nous voyons « élevée » (« hypsôsen », verset 52) en tête de cette grande procession des ressuscités évoquée par Saint Paul dans la deuxième lecture de ce jour (cf. 1 Co 15,23) en tête de laquelle se trouve le Ressuscité.

Depuis des siècles, certes avec affection et reconnaissance, mais aussi avec le (bon) sens de la foi (sensus fidelium), nos ancêtres dans la foi ont vu immédiatement après le Christ ressuscité, Lui qui est, selon les mots de Paul, « souverainement élevé » («  hyperhypsôsen », cf. Ph 2,9), la Vierge Marie, icône de l’Eglise militante, en marche (comme aime à la présenter la constitution conciliaire Lumen gentium sur l’Eglise dans son chapitre 8 : «  La bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu dans le mystère du Christ et de l’Eglise  »)et donc promesse d’un triomphe offert que l’on ne s’attribue pas, où l’on ne s’élève pas, mais où l’on est élevé par la main tendre et miséricordieuse du Seigneur qui ne saurait oublier les siens.

Oui, frères et sœurs en cette solennité de l’Assomption de la Vierge Marie, célébrons la toute-belle et toute-simple : Notre-Dame. Empruntons les chemins évangéliques qui sont les siens et qu’elle a reçus de son fils : service, vie cachée, joie profonde d’être connu de Dieu. C’est cela que le Seigneur couronne en Marie à l’Assomption.

Pour conclure cette homélie, j’aimerais vous citer un extrait des paroles du pape François à l’Angélus qui conclut le 28 juillet les JMJ de Rio. Il s’adresse aux jeunes et à nous tous, je pense. Il nous présente la Vierge Marie, disciple, servante et joyeuse.

« La Vierge Immaculée intercède pour nous au ciel comme une bonne mère qui garde ses enfants. Marie nous enseigne par son existence ce que signifie être disciple missionnaire. Chaque fois que nous prions l’Angélus, nous faisons mémoire de l’événement qui a changé pour toujours l’histoire des hommes. Quand l’ange Gabriel annonça à Marie qu’elle deviendrait la Mère de Jésus, du Sauveur, elle, même sans comprendre la pleine signification de cet appel, s’est confiée à Dieu, elle a répondu : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole  » (Lc 1, 38). Mais immédiatement après qu’a-t-elle fait ? Après avoir reçu la grâce d’être la Mère du Verbe incarné, elle n’a pas gardé pour elle ce don ; elle s’est sentie responsable, et elle est partie, elle est sortie de sa maison et est allée en hâte pour aider sa parente Élisabeth, qui avait besoin de soutien (cf. Lc 1, 38-39) ; elle a posé un geste d’amour, de charité et de service concret, en portant Jésus qui était dans son sein. Et ce geste elle l’a fait en hâte !

Voilà, chers amis, notre modèle. Celle qui a reçu le don le plus précieux de la part de Dieu, comme premier geste de réponse va servir et porter Jésus. Demandons à la Vierge de nous aider nous aussi à donner la joie du Christ à nos proches, à nos compagnons, à nos amis, à tous. N’ayez jamais peur d’être généreux avec le Christ. Cela en vaut la peine ! Sortir et aller avec courage et générosité, pour que tout homme et toute femme puisse rencontrer le Seigneur. »

Bonne fête de l’Assomption à tous.

Père Stéphane AULARD

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