Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      Les racines de Nöel

Les racines de Nöel


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  • 9 décembre 2010

DEUXIEME DIMANCHE DE L’AVENT (Année A)
(4 et 5 décembre 2010)

Lecture : Isaïe 11,1-10
Psaume 71
Romains 15,4-9
Matthieu 3,1-12

Le temps de l’Avent est revenu et à travers ses quatre brèves semaines qui précèdent Noël, la liturgie veut nous en découvrir plusieurs aspects :

La mémoire d’Israël espérant le Messie,
La préparation de la venue du Christ venu en notre chair,
L’espérance de sa venue à la fin des temps et de l’histoire.

Cette pluralité d’approches est complémentaire. Il ne faut pas le perdre de vue, car que serait la célébration de Noël si elle ne s’inscrivait pas dans un terreau : celui de la Bible et des prophéties, notamment celles d’Isaïe, par exemple ?
Que serait la célébration de Noël si elle n’était que l’image furtive, même au demeurant charmante, d’une famille mettant au monde un enfant sans plus de précision ?
Que serait la célébration de Noël si elle n’inscrivait pas un point zéro sur la ligne du temps par ailleurs orienté vers la plénitude qu’est le Seigneur ?

Beaucoup aujourd’hui ne retiennent pas grand-chose de la fête de Noël, vous le savez vous qui cherchez justement à creuser le sens de cette fête inouïe : Dieu s’intéresse tellement à l’homme qu’il s’est fait homme. Réinscrivons donc Noël dans cette dimension foisonnante et pourtant essentielle que je viens de rappeler.

J’aimerais vous inviter à retenir quelques aspects fondamentaux des lectures bibliques de ce jour. Le style de ces lectures déjà a de quoi nous stimuler :

La prophétie d’Isaïe (chapitre 11) nous établit dans l’histoire d’Israël avec l’évocation de Jessé et du roi David son fils. Nos cathédrales sont remplies d’ « arbres de Jessé » en particulier sur les vitraux. Je ne suis pas certain que ces éléments iconographiques nous parlent encore beaucoup. Qu’est-ce que signifie l’arbre de Jessé si ce n’est que notre foi au Christ descendant de la souche de Jessé, comme un « rejeton », est entée sur l’Histoire de ce peuple d’Israël qui d’ailleurs, ces jours-ci, à travers la fête de Hanoukka, célèbre un pan de son histoire.

Ce qui peut paraître aux yeux des profanes comme une simple fête des lumières rappelle la consécration du Temple de Jérusalem précédemment souillé par les païens au temps de la dynastie des Maccabées (2ème siècle avant Jésus-Christ) : en cette occasion une lampe à huile brûla en continu pendant huit jours et donna naissance au rituel juif du chandelier à huit branches donc huit lumières allumées successivement chaque jour de cette fête.

Nous sommes les descendants de ce peuple. Nous devons connaître nos racines. Nous l’avions tellement oublié au cours des siècles passés. Justement, le texte d’Isaïe présente David comme quelqu’un qui a des « racines » puisqu’il a un ascendant clairement identifié en la personne de Jessé. Nous savons d’où nous venons. Et, c’est grâce à cette connaissance de nos racines qu’il nous appartient de ne pas oublier ni mépriser que la grande Histoire nous est ouverte.

Isaïe le savait bien et il l’exprime dans la deuxième partie de son texte lorsqu’il évoque les qualités du Messie attendu : un prince de paix qui va établir ce que le philosophe Kant appela plus tard la « paix perpétuelle ». Notre célèbre La Fontaine, lui, au XVII ème siècle n’y croyait pas puisqu’il disait à propos du loup et de l’agneau dont il est question dans la prophétie contre Isaïe que «  la raison du plus fort est toujours la meilleure. » Isaïe nous invite à méditer durant l’Avent et sans doute au-delà : nous sommes le peuple de la mémoire. Nous savons d’où nous venons et avec le Christ l’histoire humaine n’est pas fermée. C’est Lui le Christ qui nous ouvre l’avenir. C’est Lui qui remet le monde à l’endroit. Ce ne sont pas les cyniques ou les assassins des chrétiens qui auront le dernier mot !

L’Evangile, l’avez-vous remarqué, nous montre un autre
personnage (le héros des deuxième et troisième dimanche de l’Avent) : Jean-Baptiste ? Ici, nous ne sommes plus dans la méditation sur l’Histoire, mais sur l’imminence de la décision. Jean-Baptiste vitupère et interpelle. Je l’aime bien car il n’y va pas par quatre chemins ! Il ne vous aura pas non plus échappé que lui aussi parle de « racine » : « Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. » Au moins, les choses sont claires. Parfois, il faut arrêter de parler si je puis dire la « langue de bois » !

Digne héritier des prophètes, ultime prophète, Jean-Baptiste invite à la conversion et propose un baptême pour se repentir de ses fautes et ainsi se disposer à accueillir le Messie qui vient. Or, Jean-Baptiste n’était pas à la crèche de Noël. Il nous montre bien en ce temps de l’Avent –comme lorsqu’il se mit à prêcher et baptiser alors qu’il était, âgé tout comme son cousin, de trente ans- que nous pouvons accueillir le Christ. Ce dernier, dans son ministère, a d’ailleurs, lui aussi appelé à la conversion des cœurs.

Nous avons déjà reçu pour l’immense majorité d’entre nous le baptême de feu et d’Esprit : c’est le baptême des chrétiens. L’Esprit Saint comme un feu nous brûle d’amour pour le Seigneur et pour notre prochain et il y a du travail devant nous. Si Jean-Baptiste nous dit dans un langage direct que les mauvaises souches vont être dégagées et brûlées, il nous presse avant tout de porter du fruit – ce que Jésus aussi ne cessera pas de dire-.

En ce temps de l’Avent peut-être pourrions-nous entendre ces invitations pressantes à porter du fruit. Etre dans une attitude non de consommation effrénée, mais de maturation et de production de fruits, de beaux fruits qui réjouissent nos proches et le Seigneur. Des fruits de tempérance, d’amitié, de grâce, de joie partagée, de don : les fruits qui caractérisent l’être chrétien...

Terminons avec le passage de Paul aux Romains : il ne s’agit ni d’une méditation ni d’une interpellation, mais plutôt d’un propos de sagesse adressée à une communauté chrétienne qui a besoin –et cela est vrai de tout temps- d’entendre l’invitation à l’entente fraternelle et à l’amour mutuel.

Il n’est pas question de « racines » dans ce texte, même si l’espérance d’Israël (« nos pères ») est encore évoquée et de façon tout à fait étonnante à travers cette expression : «  Si le Christ s’est fait le serviteur des Juifs, c’est en raison de la fidélité de Dieu. » Ce service du Seigneur s’est accompli dans l’ouverture de la promesse dont nous sommes depuis 2000 ans bénéficiaires nous les fils des païens.

Ne soyons pas ingrats. Que ce temps de l’Avent dans sa brièveté et en ces temps inquiets nous aide à porter du fruit les uns et les autres à la face de Dieu et du monde. Que ce temps de l’Avent nous donne le désir de la Parole de Dieu. Certains, cette semaine sont venus s’intéresser à la proposition de partage d’Evangile faite par notre évêque dans notre diocèse –les «  Maisons d’Evangile  ». Je suis heureux d’avoir partagé avec 7 personnes qui se disposent chacune à partager une fois durant l’Avent l’Evangile avec un groupe à constituer... Nous pouvons faire sans doute mieux... Notre trésor est grand, et il nous appartient d’entretenir l’arbre de la foi qui, ainsi portera de nouveaux fruits pour la génération qui vient.

Père Stéphane AULARD



Homélies antérieures



- A Notre-Dame du Rosaire le dimanche : 9h messe tridentine, 11h, 18h messe des jeunes, samedi : 18h

- En semaine

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  • mardi, jeudi, vendredi, samedi : 8h30

- A la Chapelle St-Joseph le dimanche 9h30

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