Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      Les rameaux dans nos mains

Les rameaux dans nos mains


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  • 18 avril 2011
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HOMELIE POUR LE DIMANCHE DES RAMEAUX ET DE LA PASSION
(DIMANCHE 17 AVRIL 2011)

1- Comment célébrer cette année, frères et sœurs, ce dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur sans avoir en tête les nombreux conflits qui agitent notre monde, en particulier en Côte d’Ivoire ?
Comment ne pas être touché par ces mouvements de libération de peuples qui aspirent à davantage de liberté d’expression, davantage de moyens pour vivre et faire vivre leurs familles ?
Comment ne pas avoir présent à l’esprit la catastrophe vécue par le Japon ?
Le « Pays du soleil levant », une des toutes premières puissances mondiales, ne vient-il pas d’être terrassé par les puissances de la nature toujours à l’oeuvre ?
Une telle catastrophe ne peut que rappeler à tous nos pays riches qui risqueraient de l’oublier, à force de vouloir tout maîtriser, que l’homme est placé par Dieu comme bon gardien et jardinier de la création dont il fait partie. Dieu nous invite à sauvegarder sa Création en en prenant soin et non en la dévorant.

C’est dans ce contexte que nous venons d’acclamer le Christ avec les rameaux que nous avons élevés en écho de ce que la petite délégation de disciples et d’habitants de Jérusalem firent lorsque le Seigneur entra dans Jérusalem au seuil de la semaine pascale juive il y a un peu plus de 2000 ans.



2- Je suis toujours heureux de vous accueillir nombreux ici pour cette célébration qui ne s’arrête pas à l’évocation joyeuse de l’entrée du Seigneur dans la Ville sainte au son des « hosannah », mot quasi intraduisible évoquant tout à la fois la supplication et l’acclamation. J’aimerais que tout à l’heure lorsque nous reprendrons comme on le fait dans la liturgie eucharistique depuis toujours ces paroles, nous brandissions à nouveau nos rameaux. Souvenez-vous alors que c’est le Christ vivant et non pas un spectacle folklorique rappelant des heures glorieuses que nous acclamons à chaque messe !

En effet, et c’est peut-être là le lien entre la fête des rameaux et la célébration de la passion au cours d’une même messe, Celui que nous acclamons, Jésus Christ, Celui qui nous inspire, Celui que nous aimons –pouvez-vous dire cela : Je t’aime Jésus Christ ? – c’est Celui qui a tout donné : sa vie, son énergie, ses forces, son amour, jusque sa divinité, à ceux qui l’ont approché.

Sa Passion est certes le moment ultime de sa vie qui commence selon les évangiles avec le récit de la Cène où il institua l’eucharistie, c’est-à-dire la messe. Vous comprenez dès lors pourquoi nous sommes attachés à la messe et pourquoi nous disons : venez écouter le Seigneur, célébrer son Repas et communier à sa vie en recevant son Corps crucifié et ressuscité, son corps sacramentel pour apprendre à ne faire qu’un en Lui.

Mais, la Passion du Seigneur est de toujours pour les hommes. Contrairement à ce que certains imaginent : Dieu n’a pas délaissé l’homme comme une sorte de conséquence et de punition de l’homme en réponse au péché originel. Bien au contraire, Dieu qui aime sa créature au sommet de la Création, l’homme, est venu à lui de bien des manières tout au long de l’histoire sainte consignée dans la Bible. Il le cherche.

Donc, Il vous cherche chacune et chacun d’entre vous, moi compris ! Et Il a fini par venir à sa rencontre de la manière la plus décisive et ultime qui soit : en se faisant homme, par son Fils Jésus Christ. Montrant ainsi combien Il est passionné par l’homme parce qu’Il l’aime. Il l’aime libre comme des parents aiment leurs enfants libres même lorsqu’ils commettent des erreurs voire pire. Il arrive que des parents n’en pouvant plus finissent par se détourner de leurs enfants. Parfois c’est le contraire.

Dieu, Lui, n’est pas ainsi puisqu’Il s’est approché de nous définitivement, passionnément ! Voilà ce que nous célébrons aujourd’hui et au cours de cette Grande Semaine, comme disent les Chrétiens d’Orient pour lesquels nous avons une tendresse toute particulière plus que jamais en ces temps d’épreuve pour eux. Ensemble, d’ailleurs nous fêterons Pâques, malgré nos divergences de calendrier, dimanche prochain 24 avril.

Je pense que nous serons évidemment tous à ce rendez-vous ici à la même heure dimanche prochain pour vivre la communion fraternelle de la grande famille des chrétiens !

3- Ce qui me frappe dans le récit de la Passion et qui ne vous a certainement pas échappé, c’est la référence sans cesse de Jésus et de l’évangéliste Matthieu aux Ecritures, c’est-à-dire à l’Ancien Testament qui est cité et qui se voit accompli en Jésus. Les Ecritures –autrement dit la Bible- sont accomplies non pas d’abord parce que telle ou telle prophétie était énoncée, annoncée et qu’elle est comme réalisée au mot près par Jésus automatiquement.

Mais d’abord, parce que l’amour de Dieu qui préside à la Création de l’homme et de l’univers s’accomplit parfaitement lorsque Dieu vient à notre rencontre oubliant nos violences, nos méchancetés, notre péché pour nous remettre à l’endroit. En réponse à l’amour qui se donne en Jésus il n’y a apparemment durant la Passion que veulerie et mensonge, violence et ignominie. Cala va du baiser de Judas au reniement de Pierre en passant par les moqueries des soldats et Pilate qui s’en lave les mains. Des attitudes passées dans nos proverbes et qui en disent long sur la bassesse humaine dont nous sommes malheureusement tous capables.

Alors que faire ? La partie est-elle perdue ? Rien n’a-t-il donc changé depuis la passion et la mort du Christ en croix ? La pierre a-t-elle été définitivement scellée au-dessus d’un corps bafoué et mort ? Non, frères et sœurs, et c’est cela que l’Eglise nous invite à accueillir durant cette Semaine Sainte.

Le Christ n’est pas mort pour rien. Il a fait de sa vie une offrande parfaite, un don de Lui-même inouï. Et sa résurrection le célèbre, l’annonce.

Il nous appartient d’aller jusque là dans notre écoute de la Parole de Dieu pour entendre une autre musique que celle qui nous inonde chaque jour et risquerait de nous faire désespérer. L’amour est en marche. L’amour de Dieu s’est répandu en ce monde. Il nous est confié et nous devons en porter les fruits qui poursuivent cette œuvre. Notre génération, comme celles qui nous ont précédés a cette belle mission rappelée dans la prière de bénédiction des rameaux que j’ai dite au début de notre messe :

« Nous tenons à la main ces rameaux pour acclamer le triomphe du Christ ; pour que nous portions en Lui des fruits qui te rendent gloire, donne-nous de vivre comme Lui en faisant le bien. »

Bonne Semaine Sainte et rendez-vous dès jeudi soir pour célébrer ensemble la Cène du Seigneur.

Amen.

Père Stéphane AULARD

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