Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      Mercredi des Cendres 2009 - Homélie du Père Stéphane Aulard

Mercredi des Cendres 2009 - Homélie du Père Stéphane Aulard


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  • 29 mars 2009
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HOMELIE DU MERCREDI DES CENDRES
(25 février 2009)

Frères et sœurs avec cette liturgie des cendres commence le carême de cette année 2009. Nous avons souvent entendu des « prédications de carême » qui disent toutes : le carême est ce « temps favorable » (2 Corinthiens 6,2) par excellence pour tout chrétien lui permettant de se mettre davantage et surtout mieux à l’écoute de la Parole de Dieu... Autrement dit de la Bible !. Faites donc une retraite de carême personnelle chez vous avec comme pour compagnon durant cette quarantaine préparatoire à Pâques un évangile...Il existe des retraites « en ligne » sur Internet, mais pourquoi ne pas lire en quelques heures l’Evangile de Marc ou en 32 jours les 16 chapitres que comporte cet Evangile ! Il ne vous restera plus alors que 8 jours pour arriver à Pâques et relire les précieux versets que vous aurez peut-être consignés sur un carnet. A moins que vous ne les ayez cousus dans votre manteau comme le grand Blaise Pascal qui avait ainsi cousu dans la doublure de son manteau au XVII ième siècle le mémorial de sa conversion de feu face au Seigneur longuement contemplé et assurément écouté ! Vous connaissez sans doute ce texte admirable. Un texte de conversion d’un chrétien déjà baptisé..., comme la plupart d’entre nous. A quelques exceptions près peut-être que nous pouvons saluer. Vous qui sans être chrétien cherchez le Dieu vivant et vrai ou vous catéchumènes qui vous préparez au baptême.

Je ne résiste pas à vous donner lecture de quelques extraits de ce texte daté de 1654 : Le mémorial d’une conversion d’un baptisé sans doute pendant le temps de l’Avent. Mais qu’importe. Un texte qui est surtout la trace d’une prière nourrie de la Bible.

« Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants. Certitude. Certitude. Sentiment. Joie. Paix. Dieu de Jésus Christ... Oubli du monde et de tout hormis Dieu. Il ne se trouve que dans les voies enseignées dans l’Evangile... Mon Dieu me quitterez-vous ? Que je n’en sois pas séparé éternellement. Cette est la vie éternelle, qu’ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ... »

Des témoignages de conversion comme celui de Pascal, il y en a des centaines. Alors, souhaitons-nous d’y être attentifs et de les recueillir. Souhaitons-nous que ce carême puisse obtenir notre conversion ! Nous aurons peut-être la possibilité au cours de ce carême de découvrir la conversion de Paul Claudel au travers d’une mise en scène tout à fait suggestive le samedi 21 mars au soir dans notre église.

Oui, frères et sœurs, On ne le dira jamais assez : le carême est le temps de conversion par excellence compris comme retour à Dieu et découverte renouvelée de sa miséricorde, de sa présence . Où donc ? Dans l’eucharistie, dans le quotidien, dans la vie de ce monde et bien sûr de l’Eglise qui ne passe pas dans les médias, mais aussi dans le cœur à cœur de la prière évidemment. L’extrait de l’Evangile selon Saint Matthieu (6,1-8.16-18) que grâce à la réforme conciliaire nous pouvons entendre aujourd’hui dans une version longue - on ne lisait en effet jusqu’en 1962 que la partie concernant le jeûne - nous rappelle les trois appels fameux que Jésus notre maître lança à ses disciples sur la montagne. Ils sont liés et j’aime à croire que le second qui est l’invitation à la prière est comme le cœur commandant les deux autres : c’est-à-dire l’aumône qui n’est rien d’autre que le partage charitable de nos biens par le biais de l’expertise des œuvre charitables de notre Eglise et pas seulement la pièce furtive que nous déposons sans trop y penser à la personne attitrée qui tend la main chaque dimanche à la sortie de l’église et enfin le jeûne. Y a-t-il une progression dans le sens d’une excellence de l’aumône jusqu’au jeûne en passant par la prière ? Je pense que non. La prière en tout état de cause reste le coeur de la réflexion proposée par Jésus. La preuve, c’est que le texte extrait de notre lectionnaire n’est pas encore complet puisque l’enseignement de Jésus sur la prière est tronqué. En effet, nous n’avons pas entendu les versets 9 à 15 -la prière du Notre Père-Or, il s’agit de la prière même de Jésus qui nous étant enseignée par Lui devient la prière fraternelle, la prière communautaire, mais aussi le modèle de la prière personnelle qui nous établit toujours en relation avec nos frères et sœurs et « Notre Père... ». Laissons-nous donc instruire par Jésus qui nous invite à modeler notre prière sur sa prière, qui nous propose d’entrer dans son cœur à cœur : « Mon Père et votre Père... Notre Père... »

Comment prier ? Des personnes il y a quinze jours à l’occasion de la journée des malades ont prié à Saint Hilaire venant de tout Saint Maur et peut-être d’ailleurs durant douze heures consécutives devant le Saint Sacrement. Il s’agissait d’un temps d’adoration nocturne et silencieuse. Il n’y avait pas d’animation comme on dit aujourd’hui. Et si durant ce carême nous commencions par nous remettre en présence du Seigneur Il nous habite et nous le « transportons » littéralement partout où nous allons lorsque nous sortons de la messe après avoir communié. Et si nous venions devant le Saint Sacrement même lorsqu’il n’est pas exposé dans l’ostensoir, durant ce carême. Pourquoi ? Pour nous aider à reprendre conscience que nous sommes habités... Pour nous entraîner à la veille recommandée par le Seigneur à ses disciples lorsqu’il entra dans son « agonie », c’est-à-dire dans son ultime combat spirituel avant sa Passion ? Dans son cœur à cœur avec Dieu son Père et le nôtre ? Durant la nuit du Jeudi Saint, nous pourrons venir de nouveau faire cette expérience de la contemplation du Seigneur dans son eucharistie à Notre-Dame du Rosaire : je vous y invite.

Vous pensez peut-être que j’insiste trop sur l’intériorité, sur la prière personnelle en oubliant la dimension caritative du carême. Je ne l’oublie pas mais je recueille de la tradition de l’Eglise qu’elle ouvre ce carême d’abord par une liturgie solennelle de pénitence. C’est le sens du passage de Joël qui a toujours été lu le mercredi des cendres.Cette liturgie communautaire veut nous mettre tous ensemble sur la ligne de départ pour courir la course dont Saint Paul parle souvent dans ses lettres(cf. 2 Timothée 4,7) : « Ne savez-vous pas que les coureurs dans le stade, courent tous mais qu’un seul gagne le prix ?...Tous les athlètes s’imposent une ascèse rigoureuse ; eux c’est pour une couronne périssable, nous pour une couronne impérissable... » (1 Corinthiens 9,24-25).

Dans son livre d’entretien avec le nouveau grand rabbin de France Gilles Bernheim, le cardinal Philippe Barbarin peut nous aider à comprendre de l’intérieur le sens de notre démarche pénitentielle communautaire de ce jour. Je vous propose de l’écouter :

Il commente la déclaration de repentance de Jean-Paul II qui précéda l’an 2000 et qui, rappelons-le en a agacé plus d’un trouvant que le pape en faisait un peu trop (« ... Dans la tradition de la prière chrétienne chaque année, le 31 décembre, nous rendons grâce à Dieu pour tout ce qu’Il nous a donné de vivre au long de l’année écoulée. Mais, nous commençons par un examen de conscience, où nous demandons pardon à Dieu d’avoir si souvent déçu son attente. Puis nous chantons le Te Deum, qui est un chant de louange, pour que l’année se termine dans l’action de grâce... »

Puis, il rappelle la grande célébration de repentance durant le carême de l’an 2000 à la basilique Saint Pierre de Rome. C’est au cours de cette célébration qu’il demanda pardon solennellement aux juifs en particulier. Nous ne pouvons pas oublier cela.C’est la prière qui fut dite ce jour-là qu’il plaça ensuite dans le Mur des Lamentations lors de son pèlerinage à Jérusalem « Il y a toute une logique dans cet acte (de repentance), et cela bien sûr, doit nous conduire à l’action de grâce. » (In, Le rabbin et le cardinal, Paris, Stock, pp 214-215).

Que notre liturgie solennelle des cendres que nous allons recevons tous ensemble et chacun nous invite à la pénitence, c’est-à-dire au regret de nos fautes. Confessons notre péché durant ce carême pour entrer dans l’action de grâce à Pâques avec le Ressuscité. Une journée du pardon nous sera proposée le 28 mars à Notre-Dame du Rosaire. Durant la Semaine Sainte, les prêtres seront à votre disposition pour vivre aussi le sacrement de pénitence et de réconciliation. Faisons confiance aux sacrements de l’Eglise. Usons des sacrements qui sont autant d’occasions de rencontres du Seigneur sur terre. Ils sont un don du Seigneur pour que nous ne désespérions jamais. C’est Lui, le Seigneur de gloire, qui nous donne de croire que de notre misère, de nos coups bas, de nos errements qui ne sont que cendres, c’est-à-dire rien, jaillira le feu pascal souvent enfoui, mais prêt à se manifester. D’ailleurs, ne le savons-nous pas, il couve en nous depuis notre baptême !
Ce feu de l’Esprit Saint promis par le Christ et reçu à notre baptême comme à notre confirmation ne demande qu’à nous envahir. C’est la promesse faite aux baptisés qui ont misssion de le faire connaître à tous les hommes que Dieu Notre Père aime (cf. Luc 2,14). Amen.


Père Stéphane AULARD



Homélies antérieures



- A Notre-Dame du Rosaire le dimanche : 9h messe tridentine, 11h, 18h messe des jeunes, samedi : 18h

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- A la Chapelle St-Joseph le dimanche 9h30

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