Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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Ne cachez pas la lumière


HOMELIE DU CINQUIEME DIMANCHE ORDINAIRE (ANNEE A)
(9 février 2014)

Frères et sœurs en ce cinquième dimanche du temps ordinaire, nous célébrons avec l’Eglise tout entière la journée mondiale des malades que l’on aime bien aussi sous-titrer « dimanche de la santé ». Ainsi sont soulignés deux aspects :

D’une part la prière pour les frères malades alors que nous approchons de la fête de Notre-Dame de Lourdes si chère à notre cœur. En effet, à Lourdes, la Vierge Marie s’est fait connaître et reconnaître de Sainte Bernadette Soubirous en février 1858. Bernadette était une jeune fille pauvre et déjà souffrante. Mais la Vierge Marie s’est donnée à voir selon son témoignage comme une personne regardant une autre personne. Fidèles à l’enseignement du Seigneur Jésus nous sommes invités à visiter nos frères malades car en les rencontrant, c’est Jésus lui-même que nous rencontrons (cf. Matthieu 25,36.39)

D’autre part, la prière avec et pour tous les soignants quels qu’ils soient comme une reconnaissance bien sûr pour la tâche qui est la leur -et qui tôt ou tard nous sera sans doute précieuse-, mais aussi comme une communion, mieux une prise en charge spirituelle de ceux qui prennent en charge bien souvent la douleur, le poids des années, la souffrance de leurs semblables dont la santé est chancelante.

Le livre d’Isaïe le prophète dont nous avons entendu un extrait (chapitre 58) nous invite fortement à ne pas nous dérober à nos semblables pauvres, affamés, sans abri, malheureux, bref, dans tous leurs états. Cette liste n’est malheureusement pas close et nous fait penser une fois encore aux propos du Christ dans la scène dite du Jugement dernier que j’évoquais déjà il y a quelques instants : j’avais faim ou soif, j’étais étranger, nu, en prison, malade… et vous êtes venus me visiter, vous préoccuper de mon être. Comme dit Isaïe, « de ma chair » Or, la chair dans toute la Bible évoque tout à la fois l’être humain dans sa corporéité, son psychisme, son intelligence bien sûr, mais aussi dans sa dimension spirituelle qui en fait un fils, une fille de Dieu. La chair qui est donc plus que le corps est fragile…, et c’est cette chair qu’est venu habiter le Fils de Dieu lorsqu’il a pris chair de notre chair dans son Incarnation, ne l’oublions pas.

La prise en charge par le Christ de la chair de l’humanité constitue à proprement parler la lumière qui est venue dans le monde pour le sauver de sa finitude et ultimement de la mort. Toute la Bible n’arrête pas d’inviter l’homme à se charger de son prochain, à en avoir le souci durable. Obéir à ce commandement est une exigence de la Loi de Dieu. C’est aussi une lumière comme une visite à une famille en deuil, à un ancien trop seul, un voisin qui ne sort plus, à ses parents âgés atteints par le poids des ans, un malade quelle que soit sa maladie.

Vous avez remarqué que l’Evangile de ce jour (Matthieu 5,13-16) nous parle aussi de lumière pour nous dire : ne la cache pas. Nous pouvons penser : sois fier de ta foi, montre-la, n’aie pas peur des moqueries dans un pays par ailleurs libre où l’expression de la foi est libre. Mais, en rester là serait bien court : me revient en tête ce fameux verset de l’épître de Saint Jacques : «  Montre-moi ta foi qui n’agit pas ; moi je te montrerai ma foi qui agit !  » (cf. Jacques 2,18)

Si l’on regarde de près les quelques versets du passage évangélique de ce jour, ne lit-on pas : Que votre lumière brille, alors en voyant le bien que vous faites, les hommes rendront gloire à Dieu. » Le bien que vous faites, c’est l’attention désintéressée à son prochain, gratuite comme le fut l’action du Christ à l’égard de tous ; l’amour véritable des autres et pas seulement des nôtres. Voilà ce qui est lumineux et plein de sens. Voilà ce qui donne prix et goût à la vie que le Seigneur est venu habiter et racheter. Voilà notre programme. Voilà le programme de l’Eglise appelée à être, selon les propres mots du Concile à son sujet, « lumière des nations »

Aujourd’hui des enfants viennent de recevoir le signe sacré de la croix du Christ qui n’est pas un signe de mort, bien au contraire puisque c’est le signe de l’amour infini de Jésus pour ses frères, capable de se donner entièrement pour eux. Aujourd’hui des frères et sœurs souffrants, membres de notre communauté paroissiale ne viennent pas s’exhiber ou faire de la publicité pour un sacrement appelée autrefois extrême onction. Ils viennent recevoir sur leur front et sur leurs mains le signe sacré de la croix avec l’huile des malades qui va pénétrer physiquement et spirituellement leur être et les fortifier, les rendre forts de la force du Seigneur. Prions les uns pour les autres pour avancer dans notre vie en nous portant les uns les autres. Elle est belle l’Eglise de Jésus, elle est lumineuse quand des frères et sœurs prient les uns pour les autres et actualisent ce que le Seigneur fit il y a 2000 ans : elle est vivante et elle invite chacun et chacune à la vérité, la foi, l’espérance et la confiance !

Amen.

Père Stéphane AULARD

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