Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      Noël 2008 – Homélie du Père Stéphane Aulard

Noël 2008 – Homélie du Père Stéphane Aulard


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  • 2 janvier 2009
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Et plouf ! {JPEG}
« Cur Deus homo ? »
« Pourquoi Dieu s’est-il fait homme ? »

Cette question est celle d’un grand théologien du Moyen Age, Saint Anselme de Canterbury (+ en 1109). C’est aussi le titre d’un ouvrage théologique majeur dans lequel il tente de répondre à la question du mystère de l’Incarnation : « pourquoi... ? » Notre époque est, elle, bien plus intéressée par les questions secondes qui semblent devenir définitivement premières : « Comment s’y est-Il pris ? » et même : « A quoi cela sert-il ? » L’ultime question étant peut-être en forme d’une remarque désabusée : « « Et puis qu’est ce que cela change toute cette histoire-là ? »

En ce jour de la Nativité du Seigneur Jésus, il n’est pourtant pas inutile de revenir d’abord à la question du grand Saint Anselme : « Mais pourquoi donc Dieu s’est-Il fait homme ? » La réponse, vous vous en doutez bien n’est pas du style : Il est venu visiter sa création parce qu’Il s’ennuyait ou voulait voir comment nous nous débrouillions ici sur terre ! On trouve cela dans les mythologies païennes où les dieux ont comme par erreur ou par caprice voulu la création. Et cela les amuse de nous voir nous débattre ! Non, frères et sœurs, Il est venu sauver sa création. Et même la sauver définitivement. La sauver de quoi ? Du péché, dit toute la tradition chrétienne. En cette année consacrée à Saint Paul comme nous le recommande notre pape Benoît XVI, me revient ce verset fameux de l’épître aux Romains parmi bien d’autres : « Tous sont privés de la gloire de Dieu, mais sont gratuitement justifiés par sa grâce, en vertu de la délivrance accomplie en Jésus Christ. » (Rm 3,23-24). Les hommes « privés de la gloire de Dieu » sont en effet tous pécheurs, enfermés dans un système de mépris mutuel et d’oubli de leur Créateur comme s’Il leur faisait de l’ombre alors qu’ils s’enferment dans leur propre obscurité.

La venue du Seigneur dans notre chair, ce que nous appelons l’Incarnation, l’événement de la Parole éternelle de Dieu, du « Verbe » qui s’est fait chair, qui est devenu un homme est le commencement de notre rédemption. On peut dire, oui, que l’Incarnation est le début de notre rédemption. Je crois que c’est d’ailleurs pour cela que depuis des siècles Noël occupe une telle place dans notre calendrier chrétien semblant supplanter Pâques, alors que Noël est simplement le commencement, le germe de la rédemption. Et de cela nous pouvons nous réjouir. Oui, en notre Occident qui ne veut pas mourir, même s’il semble porter cette réalité comme une malédiction en son nom même (« occident » veut dire « tomber » parce que c’est le lieu (l’Ouest) où la lumière semble tomber quand le soleil se couche), nous avons inscrit en nous ce farouche désir de vivre en étant sauvés de la fatalité du péché, du mal qui rode, qui nous ronge, tourne autour de nous et nous atteint personnellement aussi. Pourquoi nier ce mystère du mal puisqu’il existe bien et que dans nos églises nous ne nous y complaisons pas. Au contraire, nous accueillons la nouvelle qu’en Jésus Christ, nous avons Celui qui nous en sauve, nous en libère !

Frères et sœurs, Saint Anselme au XIIème siècle avait raison : Dieu s’est fait homme pour nous sauver de l’intérieur, de Lui-même, en Son Fils Jésus Christ, Notre Seigneur et par amour, car nos œuvres même les meilleures n’y avaient pas suffi. « A la plénitude des temps », comme dit encore Paul aux Galates (Ga 4,4-5), Il s’est donné lui-même comme Dieu le fait toujours, Il s’est livré, remis entre les mains de Marie et du juste Joseph comme Il s’est ensuite remis entre les mains de ses bourreaux et se remettra à chacun de ceux qui vont communier à cette messe. Il se livre sans retenue aucune ! Il faut vraiment méditer cela et alors on doit pouvoir commencer à se livrer à ceux que l’on croit pourtant aimer, à son ouvrage quotidien, à quelques idées et projets véritablement charitables et non pas à quelques facéties qui nous « divertissent », mais ne changent rien comme dirait le grandPascal !

Alors, faites taire en vous aujourd’hui ce besoin ardent de toujours vouloir savoir si cela rapporte quelque chose de concevoir, de penser, de faire ceci ou cela. Essayez de concevoir que l’Incarnation de Dieu en Jésus Christ livré à notre terre est l’acte d’amour suprême et que cela commence précisément à Noël. Je sais bien que certains peuvent dire :
« Et vous trouvez que cela a changé quelque chose dans l’histoire tout ce travail, toute cette initiative inouïe de Dieu dans l’histoire ? »

Je réponds OUI à cette question pour trois raisons :

Oui, cela a changé quelque chose et qui que vous soyez vous qui m’entendez ici aujourd’hui, demandez-vous un instant pourquoi vous êtes-vous là Cela ne vous suffisait donc pas de passer directement des achats effectués dans les magasins (magasins qu’il va peut-être falloir maintenir ouverts le dimanche et pourquoi pas en permanence puisque c’est une affaire entendue que là se trouve la vie) à la « consommation » puisque cela est le véritable régulateur d’une existence moderne ! Pourtant, je vous regarde et je me dis : il reste en vous, que dis-je, il y a en vous que vous ne voulez pas vivre Noël sans un peu de réflexion, de méditation peut-être, de « recueillement » comme on dit aujourd’hui. Et peut-être aussi un désir de prière. Et peut-être encore de vous mettre à genoux devant la crèche où vous ne pouvez pas voir une naissance ordinaire car même les paysans du Ier siècle en Palestine n’ont jamais eu envie de voir naître leurs enfants dans la paille des animaux... qui n’a rien de fraîche ! Et là, regardez le Christ le « très grand » qui est « très-bas » . Il est venu et Il vient quand vous voulez, peut-être en cette Nativité, pour vous rencontrer et vous faire découvrir la « musique évangélique ». Je vous en donne quelques notes : « Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des cieux est à eux ! »(Matthieu 5,3) « Aujourd’hui, il faut que j’aille demeurer chez toi ! »(à Zachée : Luc 19,5) « Je ne te condamne pas, va et désormais ne pèche plus ! »(à la femme adultère : Jean 8,11) Votre présence est le signe que Dieu vous inquiète, ne vous laisse pas tranquille, vous fascine, a quelque chose à voir avec vous.

N’a-t-on pas entendu parler cette année de grands témoins de la foi dans notre pays ? L’abbé Pierre, le pape Benoît XVI, Sœur Emmanuelle, pour ne citer que ceux-là. Ils disent la Bonne Nouvelle de Jésus Sauveur aujourd’hui évidemment. On parle d’ « icônes » à leur sujet : c’est un peu normal étant donné qu’ils crèvent les écrans de télévision et que leurs paroles comme leur action sont signes d’engagement total. Sachez-le frères et sœurs, c’est le signe de l’actualité de l’Incarnation en ce monde. Il y a un au-delà de cette vie, une vie éternelle qui nous est promise et il y a aussi un monde remis entre nos mains par notre Créateur qu’il nous faut habiter, transformer continuer de créer car l’entreprise du Salut commencé par Jésus Christ ne demande qu’à se poursuivre. Nous avons besoins de voix fortes. Quand elles disparaissent, rendons grâce à Dieu. Quant à la voix de notre pape, accueillons-la surtout quand elle n’est pas relayée par exemple sur le dossier de la dignité de la personne humaine qui ne saurait être considérée comme un produit de marché ou un coût social risquant de grever notre budget déficitaire. Pour ma part, je suis fier que notre Eglise garde ce cap contre vents et marées. Je vous le demande, cultivez votre information concernant la voix de l’Eglise en allant puiser à la source.Ne vous contentez pas des journaux de 20 heures !

Enfin, je voudrais vous annoncer une bonne nouvelle : notre paroisse a enfin réussi, via le réseau Pax Christi, à entrer en relation avec des amis chrétiens catholiques du Kurdistan irakien. Je vous avais annoncé le Jeudi Saint mon souhait que nous nous mettions à cultiver une relation privilégiée avec des frères et sœurs souvent isolés, malmenés et maintenant aussi persécutés et déplacés. Un évêque, Mgr Raban propose à des jeunes de chez lui d’entrer en dialogue avec des jeunes de chez nous par du courrier électronique régulier pour qu’ils ne soient pas seuls ! Nous avons pris contact il y a deux jours. Je ne sais pas où tout cela nous emmènera, mais je voudrais que tous ceux qui sont intéressés pas cette présence et ce partage via Internet me le disent pour que la foi chrétienne si implantée de longue date en Irak tout simplement ne disparaisse pas sans faire de bruit. Qu’est-ce que cela change que des chrétiens frères ne soient pas abandonnés ? Je vous laisse articuler une réponse. Qu’est-ce que cela change que les paroisses catholiques de Saint-Maur avec vos offrandes dominicales aient reconstruit dans les locaux du Secours catholique deux logements passerelles (coût 80 000 euros pour les paroisses) permettant de reloger deux familles en difficulté ? Je sais qu’il en faudrait des centaines de plus ? Eh bien cela fait que nous nous emparons du problème plutôt que d’en parler !

L’Incarnation, c’est Dieu qui paie de sa personne pour nous sauver de l’intérieur. Célébrer Noël, c’est accueillir le mystère de l’efficacité qui a été initié en Jésus Christ. Communiez, priez seuls et dans les assemblées dominicales, confessez-vous, relisez votre Bible, venez rencontrer d’autres chrétiens et partagez avec eux et vos prêtres, engagez-vous dans des associations chrétiennes ou non confessionnelles. Et vous allez voir que l’Incarnation de Jésus Christ a de beaux jours devant elle ! Amen.

Père Stéphane AULARD

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