Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      Pour que Noël soit enfant

Pour que Noël soit enfant

Homélie de Noël 2011


Chers frères et sœurs venus nombreux dans cette église célébrer Noël en famille et avec la famille chrétienne que l’on appelle l’Eglise invitée sans cesse par le Seigneur à se rassembler, je vous redis : Bienvenue ici dans la maison du Seigneur où beaucoup viennent en sachant d’instinct qu’elle est sacrée parce que sa Parole y résonne, parce que les voûtes y conservent bien plus que les traces de notre respiration ou des volutes de l’encens, mais bien le souffle de nos prières et de nos chants de louange. Bienvenue dans cette maison qui est la vôtre quand vous passez pour la prière silencieuse et solitaire et surtout quand vous rejoignez vos frères pour l’assemblée dominicale, la messe !

L’Eglise est la famille des enfants de Dieu. La crèche de Noël cette année veut évoquer cette Eglise à travers ses voûtes stylisées et contrastées à l’image de notre diversité et aussi à l’image de ce que deviendra notre actuelle cathédrale trop petite à Créteil lorsque nous l’aurons déployée en la surélevant pour lui donner volume et forme de mains jointes comme les mains de Marie et de Joseph en prière pleins de reconnaissance devant leur enfant qui n’est autre que le Seigneur lui-même. Un petit Philippe que je visitais il y a deux jours en vue de son baptême (il a 7 ans) et à qui je demandais qui est Jésus m’a répondu sans hésiter : «  Jésus, c’est le Fils de Dieu ! » ».

1- Mesurons-nous la portée de cette expression : Dieu en Jésus est enfant non pas comme ces divinités de tous les panthéons qui croissent et se multiplient à force d’accouplements fort peu moraux ! Non, Dieu est enfant en Jésus Christ car Il semble vouloir commencer une ultime étape avec l’humanité qu’Il a voulue et qu’Il ne cesse de créer. Dieu en entrant dans le cours du temps (cf. Hébreux 1,2) épouse sa créature pour mieux la racheter de l’intérieur. Ce n’est pas un faux semblant. C’est le chemin de l’Incarnation.

Naître, c’est le meilleur chemin à emprunter chez les hommes puisqu’il s’agit de la voie de l’humilité, de la fragilité, de la simplicité, de la promesse. Les mots me manquent pour décrire cette voie de l’enfance si bien explorée depuis par de nombreux spirituels dont Sainte Thérèse de Lisieux. Dieu enfant, Dieu gracieux, mais ne nous y trompons pas Dieu aussi malmené, Dieu pauvre, Dieu en danger comme beaucoup d’enfants et de nourrissons dans le monde parce qu’affamés, ballotés, mal aimés.

Nos crèches modernes n’ont vraiment rien à voir avec la grotte de Bethléem sorte de hangar pour les animaux doté de mangeoires bien peu hygiéniques pour nous autres occidentaux passionnés d’hygiène pendant que nos ancêtres étaient passionnés par les symboles. La crèche de Bethléem est un symbole fort : ne serait-elle pas l’invitation à se concentrer sur l’essentiel : la famille qui accueille un enfant comme un don du ciel, une vie offerte que l’on a acceptée de porter et de mettre au monde pour que cette terre continue de se transformer.

C’est bien dans la succession des générations livrées avec amour à ce monde que Dieu ne cesse de le créer en nous demandant de participer à son œuvre de création : « Pour faire un homme, des hommes, un monde, mon Dieu que c’est long  », dit la chanson. Pourtant, c’est bien dans cette histoire humaine que le monde de Dieu advient ! .

2- Avec quoi sommes-nous venus ici aujourd’hui ? Avec nos joies et nos peines, avec nos rêves de paix et notre désir d’aimer. Sans doute aussi avec notre soif de justice et de vérité. Pauvres pécheurs que nous sommes, tout cela nous habite sincèrement et pourtant demeure précaire en nous car nous faisons souvent le contraire de ce que nous annonçons.

Les anges de la nuit de Noël eux s’exclament en chœur : «  Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix aux hommes de bonne volonté » Dans cette formule qui a donné naissance au chant du Gloria se trouve concentré le projet de Dieu. Sa gloire, sa réussite tient dans la paix qu’Il dépose dans le cœur des hommes comme un germe prometteur.

Je vous souhaite à tous la « paix de Dieu », sa grande paix, la sérénité qu’Il nous offre pour oser en ce temps de Noël un geste d’affection, un geste de tendresse, un moment de rencontre qui permettra de se pardonner et de s’aimer mieux, un geste de charité, de solidarité comme nous aimons dire aujourd’hui.

Noël, c’est la paix de Dieu, la trêve de Dieu. Comme à l’époque médiévale, si nous le voulons bien, nous pouvons goûter à la paix en la suscitant : cela nous réjouira profondément et augurera de bonnes choses pour l’année 2012.

3- Devant un enfant, tout enfant, devant l’Enfant Dieu, le Fils de Dieu, nous sommes invités à naître et à renaître à la foi des chrétiens. La célébration de Noël nous suggère sans doute de naître à Dieu comme lui a voulu naître à l’homme. Naître à Dieu, cela passe par plusieurs attitudes que je vous propose si vous voulez développer en vous un peu de spiritualité chrétienne : Regardez Marie, Joseph, les anges dans le ciel et les bergers sur la terre.

Il y a le silence de Marie et de Joseph, leur méditation qui se fait émerveillement. Arrêtons de nous livrer à la critique systématique qui prend souvent la forme de la dérision. Apprenons de Marie le chant des merveilles de Dieu, la découverte de l’extraordinaire dans l’ordinaire.

Regardez les bergers qui passent de l’étonnement à la joie de raconter, partager, offrir aux autres ce qu’ils ont découvert à la crèche. Nous voudrions d’ici quelque temps offrir aux habitants de Saint-Maur, à ceux qui usent du RER quotidiennement, font leurs courses sur les marchés et les commerçants de la ville un journal gratuit chrétien (L’1visible). Pourrons-nous compter sur votre disponibilité pour aller à la rencontre des autres et leur offrir notre foi comme on offre son amitié ? Saint Jean dans son magnifique Prologue (Jn 1,1-18) écrit ceci :

« Le Verbe (la Parole de Dieu faite chair en Jésus) est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais, tous ceux qui l’ont reçu, ceux qui croient en son nom, Il leur a donné de pouvoir de devenir enfants de Dieu  » (Jean 1,,11-12)

Voilà que celui qui est le Fils de Dieu et qui s’est mis à notre école, à taille humaine, nous propose de devenir « enfants de Dieu » à notre tour. Il nous dit : faites-moi confiance comme j’ai foi en vous. Prêtre, je suis chargé de vous le dire aujourd’hui. Alors, livrez-vous à une plus grande foi, une plus grande confiance en Dieu.

Vous avez bien fait de venir ici pour que Noël soit enfant et non marchand, pour que Dieu soit premier servi car c’est le meilleur chemin pour servir l’homme et non l’asservir. Avec nos frères chrétiens du Moyen Orient en grand danger et qui sont d’admirables témoins de la foi, allons à l’essentiel. Honorons Dieu pour mieux nous occuper de l’homme.

Il ne s’agit pas tant de penser à Dieu quand cela nous prend que de panser l’homme en le soignant à la manière de Jésus Christ. Car l’enfant de Bethléem est devenu grand et n’a pas cessé de se mettre à hauteur d’homme pour faire reculer sa misère et son péché. Voilà ce qu’Il veut faire pour nous en ces jours de Noël.

Voilà ce qu’Il nous propose de vivre en nous associant à son grand œuvre. C’est la tâche des enfants de la famille de Dieu. C’est la tâche de notre génération et des deux milliards deux cent mille chrétiens dans le monde.

Un grand homme, Vaclav HAVEL, touché par la foi chrétienne, grand combattant de la liberté qui s’était confessé à Jean-Paul II, vient de mourir et donc de naître à la pleine lumière de Dieu. Je fais miens ses propos de décembre 1989 que j’avais recopiés alors sur un morceau de papier en pensant à la Parole de Dieu et à notre mission comme chrétiens :

«  Ne laissons pas souiller le beau visage de notre révolution tranquille. Elle est née de la révolte contre la violence, la saleté, l’intrigue, la mafia, les privilèges et les persécutions. Que la vérité et l’amour l’emportent sur le mensonge et la haine.  » (10 décembre 1989 à Prague)

Seigneur Jésus, Tu es la vérité et l’amour : viens encore à notre monde et donne-nous de venir à Toi ! Amen

Père Stéphane AULARD

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