Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      Premier dimanche de l’Avent

Premier dimanche de l’Avent


HOMELIE DU PREMIER DIMANCHE DE L’AVENT 2 décembre 2012 (Année C)

  • -Jérémie 33,14-16
  • -1 Thessaloniciens 3,12-4,2
  • -Luc 21,25-28.34-36


Nous commençons aujourd’hui une nouvelle année liturgique dont les médias ne vont guère parler : il faut bien dire qu’entre l’année scolaire, l’année civile, l’année comptable pour notre calendrier, sans oublier l’année chinoise ou l’année maya, nous sommes servis…

1-L’année de prière des chrétiens commence par le temps de l’Avent qui est comme un « petit carême » scandé par quatre dimanches nous préparant à la fête de Noël. Noël signifie « naissance » et Avent signifie « avènement », autrement dit : venue. L’Avent nous prépare donc à la venue de Jésus.

Toute notre tradition chrétienne se plaît en somme à nous centrer sur l’anniversaire de la naissance de Jésus qui constitue ce qu’on appelle sa « venue dans la chair » (Dieu s’est fait homme en Jésus), sa venue dans le monde.

Vous comprenez pourquoi le passage de l’Evangile d’aujourd’hui nous dit que jésus parle de sa venue à ses disciples. Pourtant un verset qui semble décrire cet événement (Luc 21,27) n’en parle pas précisément comme de la crèche de Noël :

« Alors on verra le Fils de l’homme venir dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire. »

Et qu’y a-t-il autour de ce verset ? Des histoires de guerres et de malheurs qui s’abattent sur les hommes… Tout cela est bien sombre et peu en phase avec la « douce nuit » de Noël que nous aimons chanter…

2- C’est qu’il y a « venue » et « venue ! Nous sommes à la fin de l’Evangile selon Saint Luc. Je vous rappelle que c’est au début que Saint Luc raconte la naissance de Jésus et l’adoration des bergers par exemple dans ce que l’on appelle : « L’Evangile de l’enfance » (Luc 1 et 2) dont le Pape Benoît XVI vient de donner un beau commentaire que vous pourrez lire.

A la fin de l’Evangile, un grand discours (le chapitre 21 dont nous lisons un extrait)
précède le récit de la passion, de la mort et de la résurrection de Jésus. Dans ce discours de Jésus qu’il tient dans le Temple il est question successivement de la destruction du Temple par les Romains (qui est effectivement arrivée en l’an 70 et fut menée par les armées romaines commandées par le général Titus), de la fin de Jérusalem également rayée de la carte par les mêmes Romains.

Puis, le discours semble s’élargir (c’est notre extrait) au monde de l’époque et de tous les temps ainsi qu’aux cataclysmes et aux guerres que les hommes se font et se feront tout au long de l’histoire. A la différence des prophètes de malheurs qui jalonnent notre histoire et qui se complaisent sans cesse à annoncer la fin du monde et même à en chercher la date, Jésus se concentre sur ses disciples – donc à nous qui sommes rassemblés dans cette église- et leur dit d’une certaine manière : « Je suis venu il y a déjà longtemps renouveler l’histoire et y inscrire comme un point « zéro » à partir duquel on comptera désormais les années après moi » : ce point, c’est la naissance de Jésus (Noël).

Il y aura aussi une fin de toutes choses, une fin du monde, une fin des temps, une fin de l’histoire humaine : le Christ (c’est Lui, le Fils de l’homme) viendra de nouveau, Il reviendra pour juger le monde sur l’amour dont il aura fait preuve, sur l’amour que nous aurons mis en œuvre à la suite du Christ si bien relayé par la foule des saints et des témoins de la foi d’hier et d’aujourd’hui. J’aime cette parole du grand Saint Jean de la Croix : «  Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour … »

3- Nous sommes dans l’entre deux : entre Noël et la fin du monde en somme  ! Bien des pays sont en guerre ou dans des situations critiques. L’actualité nous le rappelle sans cesse. Bien des personnes et des groupes sociaux vivent des duretés de la vie : perte d’emploi, maladie, deuil, pauvreté, exil, ruptures familiales, mésententes… Les cataclysmes sont de toutes sortes et pas seulement climatiques ou boursiers !

La seule attitude chrétienne valable et qui puisse aider les autres consiste dans ces circonstances qui, je le répète, jalonnent toute l’histoire des hommes sur terre, c’est de se tenir debout. Dès lors, j’entends la parole de Jésus qui, j’en suis sûr, est pour chacun, chacune d’entre nous :

« Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche.  » (Lc 21,28)

Ou encore à la fin de l’extrait d’Evangile d’aujourd’hui :

« Restez éveillés et priez en tous temps… » (Lc 21,36)

La Bible nous raconte dans les premières pages (en Genèse 4) l’histoire d’Abel et de Caïn : Caïn tua son frère dont il était jaloux. C’est le premier meurtre rapporté par la Bible. Et le texte biblique nous dit que Caïn offrait un « visage abattu » et qu’il erra comme une âme en peine suite à ce meurtre. Au contraire de Caïn qui développe la jalousie et le ressentiment pour finir abattu et rasant les murs, Le Christ nous invite à nous tenir debout et éveillés. Dans le Nouveau Testament, vivre débout et éveillés signifient toujours non seulement la dignité humaine qui nous permet de « relever la tête », mais surtout la puissance de la résurrection, l’énergie divine du Christ qui se communique à nous.

Voilà la venue du Christ dans l’entre deux : c’est la venue quotidienne et comme cachée, discrète dans le fracas du monde. Comment rencontrer le Christ pour bénéficier de cette énergie ? Comment le laisser venir en nous si ce n’est en le priant en tout temps et en choisissant la veille qui est le contraire de l’abrutissement et de la perte de conscience qui nous guettent toujours ?

Alors peut-être un conseil pour le temps de l’Avent : un peu de « gymnastique spirituelle » : entrer dans une église régulièrement non seulement pour rejoindre la communauté priante des frères et sœurs autour du Seigneur pour la messe dominicale, mais aussi entrer dans sa chambre seul ou dans une église et garder le silence pour nous tenir devant le Fils de l’homme qui a rendez-vous avec chacun de nous. Osons cette rencontre qui nous permettra de traverser les épreuves qui ne manquent pas assurément.

Amen.


Père Stéphane AULARD

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