Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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Prier pour les ennemis


HOMELIE POUR LE 7ème Dimanche du Temps ordinaire (A)
(23 février 2014)

Ce dimanche, nous poursuivons, frères et sœurs notre lecture et notre écoute du fameux sermon sur la montagne qui est le premier des cinq grands discours structurant l’Evangile selon Saint Matthieu.

Spontanément en écoutant l’extrait de ce jour (Matthieu 5,38-48), nous pouvons penser que Jésus nous ordonne une mission impossible : aimer nos ennemis  ! Est-ce que les ukrainiens révoltés en butte à un pouvoir autiste et répressif -au point que les européens et les russes se donnent rendez-vous en hâte auprès du pouvoir politique aux abois pour lui faire entendre raison et arrêter si possible le bain de sang- peuvent pardonner à leur président corrompu et l’aimer ?.

Plus près de nous : comment aimer nos ennemis ? Je connais des chrétiens un peu angéliques prêts à dire : « Je n’ai pas d’ennemis ! » On a envie de leur répondre : « Tant mieux pour vous, mais dans quel monde vivez-vous ? » Il y a des haines héréditaires dans les familles comme il y a eu des haines héréditaires entre français et allemands auxquels nous donnions quelques surnoms peu amicaux il n’y a pas si longtemps encore ! Il y a des haines entre groupes politiques comme au sein des entreprises. Il y a des mésententes notables qui peuvent aller très loin parfois entre voisins !

Alors, le discours de Jésus est-il décidément celui du « doux rêveur de Galilée » dont Ernest Renan parlait au XIXème siècle, lui qui avait rompu avec l’Eglise qu’il n’aimait guère et qui le lui rendait bien d’ailleurs !

Et si nous élevions un peu le débat pour ne pas faire de l’Evangile un livre de morale impossible…

En effet, dans ce discours, avez-vous remarqué qu’en transparence, on devine une personne : celle de Jésus lui-même confronté à des ennemis qui instruisent depuis le début de son ministère son procès. Pourtant n’est-il pas celui qui marche et va toujours plus loin à la rencontre de tous sans exception : voleurs, adultères, prostituées, opposants religieux, étrangers, malades impurs. Lui, peut nous dire qu’il a vaincu la haine en marchant, en « mouillant sa chemise », en offrant son regard qui aime. Pensez au jeune homme riche imbu de lui-même et dont l’Evangile nous dit qu’il le regarda et se mit à l’aimer (cf. Marc 10,21).

Durant la Passion, point de haine en lui jusqu’aux fameuses paroles en croix : «  Père pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ! » (cf. Luc 23,24) La sagesse de Jésus n’est pas celle d’un philosophe ou d’un discoureur. C’est celle que lui inspire son Père ou mieux encore celle qu’il puise dans cette relation unique qu’il vit de toute éternité et qu’Il vient nous révéler : oui , Il est le visage, la pensée, les mains du Père saint et parfait que toute la Bible depuis l’Ancien Testament a découvert progressivement à travers des vies données, des paroles de prophètes et de sages livrées car puisées dans le cœur à cœur avec le Père.

Nous pouvons réduire l’Evangile à une morale : la politesse, la fameuse « béa » parfois un peu trop « fleur bleue ». L’appel de l’Evangile est plus fort puisqu’il nous invite à aimer les nôtres bien sûr : cela toutes les sagesses humaines le disent et ce n’est pas à négliger. Mais, nous qui croyons avoir rencontré le Dieu vivant, nous qui venons le prier avec des frères dans la foi, nous qui venons ici pour nous nourrir de son corps eucharistique blessé et ressuscité nous pressentons bien qu’il nous faut aller plus loin comme Jésus et sans crainte puisqu’il nous a promis l’assistance de l’Esprit et que Saint Paul nous le confirme : «  N’oubliez pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous. » (cf. 1 Corinthiens 3,16).

Que pouvons-nous faire ?

  • Prier pour les ennemis –nos ennemis- héréditaires : la force de la prière est déjà une montagne de bonté et d’amour. C’est une énergie qui, comme un feu, se diffuse rapidement. En puisant sa force au cœur de Dieu, la prière rayonne sur le monde. Lorsque les chrétiens disent : « Père, délivre-nous du mal », ils sont déjà victorieux du mal qui abîme le monde.
  • Nous pouvons encore et toujours et à tête reposée lire et relire l’Evangile pour qu’Il nous transforme à force de l’avoir médité, et « mâché ». Ainsi, nous pourrons faire quelques pas nouveaux vers ceux qui nous insupportent.
  • Nous devons certainement à une époque où les communautarismes risquent de s’installer comme des barrières de protection, ouvrir des brèches de rencontre : au Secours catholique ou à la Conférence Saint Vincent de Paul, nous ne choisissons pas « nos » pauvres. Dans notre paroisse comme dans toutes nos rencontres, demandons-nous s’il y a de la place pour des gens différents –handicapés, étrangers, jeunes-, nouveaux venus et osons croire que l’Eglise est toujours plus belle quand elle se porte vers de nouvelles terres ou comme dirait notre pape vers les «  périphéries existentielles ».

Portons ainsi dans notre prière tous ceux qui vivent des divisions (à commencer peut-être par nous-mêmes) et les cardinaux réunis autour du pape François pour déjà parler du futur synode sur la famille d’octobre prochain.

Amen.


Père Stéphane AULARD

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