Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      S’ajuster à Dieu pour mieux s’ajuster à notre prochain

S’ajuster à Dieu pour mieux s’ajuster à notre prochain


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  • 20 février 2010

Homélie du mercredi des cendres 2010

1 - L’Evangile de ce jour inaugural du carême nous fait parcourir une grande partie du chapitre six de Saint Mathieu (Mt 6,1-8.16-18), autrement dit le « Sermon sur la montagne », le premier des cinq grands discours du Christ dans cet Évangile.

Le verset introductif du passage entendu aujourd’hui est très incisif :

« Si vous voulez vivre comme des justes, éviter d’agir devant les hommes pour vous faire remarquer. »(Mt 6,1)

L’enseignement du Christ tout à fait conforme à celui des prophètes qui l’ont précédé peut se résumer ainsi : Que ta religion, que ton action, soit discrète, secrète, non ostentatoire. Qu’elle soit le signe d’un coeur qui se retournant vers le Seigneur se convertit véritablement. Ce que le Seigneur attend de toi, c’est cet engagement intérieur premier que tu prends parce que sa Parole t’a touché. Alors ton action ira sans cesse à la recherche et au service de ton prochain avec modestie, détermination, mais aussi sans volonté de t’imposer ou de te faire valoir.

Tout le sens de la vie chrétienne et du carême chrétien s’expose ici : il s’agit de mieux s’ajuster à Dieu pour mieux s’ajuster à son prochain. La pénitence(le regret de nos fautes), le coeur à coeur dans la prière, le retrait dans le silence et la prise de distance sont sans doute les conditions de cette cure spirituelle, si je puis dire.



2 - Le pape Benoît XVI dans son «  Message de carême » nous invite à méditer une parole de Saint-Paul dans la lettre aux Romains : «  La justice de Dieu s’est manifestée moyennant la foi au Christ. » (Romains 3,21-22)

Alors que nous avons souvent le sentiment que l’injustice mène le bal à travers toutes sortes d’affaires dans lesquelles la malhonnêteté, l’égoïsme,l’irrespect semblent toujours l’emporter contre les plus faibles et les innocents, nous sommes tentés, souligne Benoît XVI, « de pointer l’origine du mal dans une cause extérieure. En y regardant de plus près, on constate que de nombreuses idéologies modernes véhiculent ce présupposé : puisque l’injustice vient du dehors, il suffit d’éliminer les causes extérieures qui empêchent l’accomplissement de la justice. »

Or, nous préviennent le Pape et toute la tradition biblique : «  Cette façon de penser est naïve et aveugle. L’injustice, conséquence du mal, ne vient pas exclusivement de causes extérieures ; elle trouve son origine dans le coeur humain où l’on y découvre les fondements d’une mystérieuse complicité avec le mal. »



3 - Une fois ce constat fait, devons-nous en rester là ? Benoît XVI nous invite à un double regard qui pourrait bien inspirer notre carême.

D’abord un regard sur la justice au sens biblique de ce mot (la tsedaqah) qui est toujours adhésion à la volonté de Dieu en même temps que justice envers le prochain (charité). Notre démarche pénitentielle et d’accueil de la miséricorde de Dieu durant le carême, notamment le jour de notre journée du pardon (samedi 20 mars de 9 h à 18 h), nous aidera chacun et tous à retrouver cet équilibre qui est à la fois acquiescement à la loi de Dieu et service charitable du prochain.

Mais cette justice est d’abord à accueillir comme un don (c’est le deuxième regard) puisque «  ici la justice divine se montre profondément différente de la justice humaine. Dieu a payé pour nous, en son Fils, le prix du rachat, un prix vraiment exorbitant. »

Le temps du carême nous prépare à la célébration du mystère pascal où nous découvrons en plénitude Celui qui est allé jusqu’au bout de l’amour, de l’amour comme un don de la personne tout entière. Les diacres de Saint-Maur nous proposent chaque dimanche de carême de méditer un extrait de l’encyclique de Benoît XVI « L’amour dans la vérité ». Qu’il s’agisse de notre propre conversion ou de celle de notre société, souvenons-nous que «  se convertir au Christ, croire à l’Évangile (les paroles qui accompagnent le geste d’imposition des cendres), implique d’abandonner vraiment l’illusion d’être autosuffisant, de découvrir et accepter sa propre indigence, de découvrir la nécessité du pardon de Dieu et de son amitié. »

Je souhaite que cette réflexion autour de cette « encyclique sociale »du Pape nous aide à articuler notre regard chrétien qui doit toujours être préoccupé et de Dieu et de notre prochain.Tout ce travail des diacres que je salue nous conduira à une table-ronde diocésaine le 18 mai prochain.

Enfin, en cette année sacerdotale,prenons le temps de clarifier notre regard sur les prêtres. Dans leur ministère paroissial, ils sont sans cesse à l’interface de ce service du Seigneur et du prochain en vous rencontrant, en vous aidant à prier, en prêchant l’Évangile, en célébrant avec vous les sacrements du Salut, en vous accueillant, en vous consolant, en vous relançant dans votre vie. Nous pourrons le 10 mars prochain approfondir cette spiritualité du sacerdoce ministériel et du sacerdoce des fidèles lors de la conférence que présidera notre évêque Mgr Santier à la Maison paroissiale.

En attendant, dans cette eucharistie, dans ce rite pénitentiel d’imposition des cendres, commençons notre marche vers Pâques : « Grâce à l’action du Christ, nous pouvons entrer dans une justice plus grande, celle de l’amour, la justice de celui qui, dans quelque situation que ce soit, s’estime davantage débiteur que créancier parce qu’il a reçu plus que ce qu’il ne pouvait espérer. »

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Père Stéphane AULARD



Homélies antérieures



- A Notre-Dame du Rosaire le dimanche : 9h messe tridentine, 11h, 18h messe des jeunes, samedi : 18h

- En semaine

  • lundi, mercredi : 19h
  • mardi, jeudi, vendredi, samedi : 8h30

- A la Chapelle St-Joseph le dimanche 9h30

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