Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      "S’il n’y a pas de résurrection des morts,...

"S’il n’y a pas de résurrection des morts,...


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  • 18 mars 2017
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"S’il n’y a pas de résurrection des morts, Christ non plus n’est pas ressuscité, et si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vide et vide aussi notre foi" 1 Co 15, 13-14.

C’est pourquoi nous disons dans le Credo : " Je crois à la résurrection de la chair…"
Toute la vie chrétienne ou toute la foi chrétienne ou toute la conception chrétienne de l’existence va de la chair à la chair.
Au commencement, nous disons que la Parole de Dieu ou Dieu en sa Parole a pris chair de la vierge Marie et, à la fin, que le Christ en sa chair a été relevé d’entre les morts et qu’il a été élevé auprès de Dieu.

Au commencement, Dieu entre dans la chair de l’humanité, à la fin, la chair de l’humanité entre en Dieu. Tous les Pères de notre foi, des premiers apôtres jusqu’aux plus grands théologiens et aux plus humbles chrétiens ont risqué leur parole et leur vie sur cette foi.

Au long des temps de l’histoire chrétienne, cela a pu être dit de diverses façons, exprimé autrement, mais le sens reste le même : c’est le fondement de notre conception de la vie et de notre espérance.

Mais que disons-nous quand nous employons ce mot de "chair" ?
Si nous acceptons de penser que l’âme est ce lieu immatériel où l’amour de Dieu nous rejoint, la chair c’est le support de l’âme, c’est à la fois la condition de son existence et son expression. C’est ce qui fait qu’un être humain est humain, ce qui le met en communion avec l’espèce humaine, ce qui l’inscrit dans l’histoire humaine, et ce qui fait en même temps sa singularité, le fait qu’il ou elle est unique.

En un mot simple : ce qui fait qu’il est solidaire et, en même temps, solitaire. Qu’il n’existerait pas sans cette solidarité et qu’il n’existerait plus sans cette solitude.

Qu’est-ce qui fait notre être solidaire ? Toutes les relations qui nous ont précédés à commencer par celle de ceux qui nous ont engendrés, ceux qui nous ont éduqués, formés, et surtout ceux qui nous ont aimés. Mais ce sont aussi toutes les relations que nous-mêmes avons engagées, dans notre propre amour, dans notre service des autres quelles que soient les formes de ce service, dans la souffrance aussi. La chair c’est ce tissu de solidarités sans lequel nous ne serions pas un être humain. Ce sont les liens noués qui nous font exister. Et c’est pourquoi le Christ dit que ce que nous avons lié sur la terre sera lié dans le Royaume. Mais il y a aussi des liens qui emprisonnent et détruisent et qu’il faut dénouer pour être libéré. Et c’est aussi pourquoi le Christ dit que ce que nous aurons délié sur terre sera délié dans le Royaume.

Et qu’est-ce qui nous fait solitaires, c’est-à-dire uniques ? Notre histoire personnelle qui depuis la conception jusqu’à la mort n’est comparable à aucune autre, notre vie, les liens tissés, nos amours et, à l’intérieur de tout et par-dessus tout, le regard de Dieu posé sur chacune et chacun d’entre nous, l’amour unique de Dieu pour chaque être humain, quel qu’il soit. Voilà ce que l’on veut dire quand on parle de la chair.

Ainsi, quand l’évangéliste Jean nous dit que la Parole de Dieu a pris chair, cela signifie que Dieu, en sa Parole et par sa Parole, est entré dans cette solidarité concrète avec les hommes par un enfant nommé Jésus, par sa famille, les gens de Nazareth, les disciples qu’il a choisis, les gens rencontrés sur les chemins et sur les routes, celles et ceux de Galilée et de Jérusalem, y compris les autorités religieuses et Pilate qui l’ont rejeté et condamné à mort. Bref, ce qui, en Jésus et par lui, a lié Dieu à l’humanité. Et le pardon de Jésus est la signature ultime de cette solidarité, de cette chair, de tout ce qu’il a délié en libérant les hommes de leur péché.

Tout cet engagement de Jésus, toutes ses rencontres, les attentions portées aux uns et aux autres, les gestes des uns et des autres envers lui ont tissé et nourri son humanité ; tout ce qu’il a lié et tout ce qu’il a délié : c’est sa chair. C’est cela qui demeure en Dieu pour toujours et ce sera cela qui demeurera de nous en lui au dernier jour.

Jésus, au dernier repas, l’a symbolisé dans ce geste de la fraction du pain et de la coupe partagée : Ceci est ma chair. Je fais corps avec vous pour qu’après ma mort vous fassiez corps avec moi. Symboliquement dans l’Eucharistie, spirituellement dans la prière, concrètement dans le service des frères : les souffrants et les pauvres en tout premier lieu. Dieu a pris chair, s’est fait chair pour que toute la chair humaine passe en lui et y demeure.

Et toutes les évocations de la résurrection de Jésus nous disent qu’il n’a rien laissé derrière lui de sa chair, de sa solidarité avec l’humanité et que rien de l’humanité n’est détachable de lui et, par lui et avec lui, de Dieu.

Noël et Pâques se répondent et sont inséparables. Dieu vient dans la chair humaine, dans son histoire et la chair des hommes et leur histoire passent en Dieu. Mais cela se déploie ensuite dans l’espace humain et dans le temps, dans nos vies sublimes et tragiques. Dans cette tension de toujours entre la vie et la mort, en nous-mêmes et dans l’humanité.

Les chrétiens et les chrétiennes vivent cela avec les autres mais ils ne devraient pas le vivre comme les autres car cette foi que Dieu est venu dans la chair humaine pour la sauver et la transfigurer est au fondement de leur espérance. Quoi qu’il arrive, quels que soient les abîmes que nous avons à traverser, en dépit de tout, nous mettons notre confiance dans la vie de Jésus, la parole de Jésus, la solidarité avec Jésus, la mort de Jésus et la Résurrection de Jésus, premier-né d’entre les morts.

Père Jean-Marie Ploux
Homélie de la veillée pascale 2017 prononcée dans l’abbatiale de Pontigny (Yonne), cathédrale de la Mission de France



L’abbaye de Pontigny est un ancien monastère de l’ordre cistercien. Fondée en 1114, au nord de la Bourgogne, elle est la seconde des "quatre premières filles" de Cîteaux. Fermée à la Révolution française, elle est en partie détruite ; elle conserve néanmoins la plus grande église cistercienne du monde, consacrée depuis 1941 cathédrale de la Mission de France.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_de_Pontigny


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