Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      Sans Pâques, notre foi est vaine

Sans Pâques, notre foi est vaine


HOMELIE DE PAQUES
(20 AVRIL 2014)

Je suis à mon bureau et je viens de relire, comme je le fais depuis bientôt vingt-huit ans quelques jours avant la fête, les textes bibliques de ce Dimanche de Pâques.

Je me demande depuis un moment : « Comment leur annoncer la nouvelle de Pâques ? Comment faire pour qu’ils saisissent profondément que, sans Pâques, notre foi est vaine ? »Mieux, que Pâques n’est pas un petit article de foi au milieu d’autres. Pâques, c’est le cœur de la foi chrétienne. Un de mes professeurs d’exégèse biblique au séminaire disait : « L’Evangile est écrit à l’encre de la résurrection ! » Car la Résurrection, la Résurrection du Christ, exprime pleinement qui est le Christ : « Moi, Je suis la résurrection et la vie. Qui croit en moi, même s’il meurt, il vivra. » (Jean 11,25)

Comme l’entend Saint Jean - celui qui court avec Saint Pierre vers le tombeau vide au petit matin de Pâques- dans la première vision du Christ rapportée par l’Apocalypse et qui semble le terrifier : «  Sois sans crainte. Je suis le Premier et le Dernier, Je suis le Vivant : j’étais mort mais me voici vivant pour les siècles des siècles et je détiens les clefs de la mort et du séjour des morts. » (Apocalypse 1,17-18).

Nous pressentons bien qu’il y a ici bien plus qu’un grand homme au Panthéon des gloires internationales pour lequel nous aurions de la reconnaissance.

Nous pressentons bien que la Résurrection du Christ, c’est autre chose que le souvenir vivant d’un grand maître de sagesse aux paroles bienfaisantes à déguster de temps en temps pour un meilleur développement personnel !

Nous pressentons bien que si nous arrivons à mieux saisir –à tous les sens de ce mot « saisir »- ce « Vivant », notre vie pourrait en être transformée : notre vie personnelle certes, celle des nôtres et celle de l’Eglise ; celle du monde fasciné par les puissances de mort et prêt à jongler comme un apprenti sorcier avec le mystère de la vie.

Et pourtant malgré ce juste pressentiment –qui nous fait dire : « Ah si je vais de ce côté, je vais toucher à l’essentiel »- il semble que notre culture veuille s’étourdir dans l’oubli de ses racines comme si l’on pouvait vivre et se construire hors sol. N’est-il pas tout à fait stupéfiant que l’on veuille du « bio » en toutes choses, de l’authentique, du savoureux, des organismes non génétiquement modifiés et qu’au même moment l’on refuse ce qui fonde notre culture et qui s’appelle la Résurrection du Christ devenue une étrangeté, une vieillerie découverte à la foire aux trouvailles alors qu’il s’agit de la puissance comprise comme immense potentiel, grande geste qui explique et fonde tout le reste.

Attention, je ne vous parle pas de la résurrection chiquenaude à la façon : «  On efface tout (y compris la mort) et on recommence !  » Je vous parle de la résurrection de Jésus Christ Maître et Seigneur de l’Univers visible et invisible où Dieu fait homme épouse notre condition jusque dans notre mort pour y inoculer de nouveau le principe de vie qui est en Dieu et qui a été vicié par le péché originel. Oui, Il est bien mort le Christ pour que nous soyons vivants de sa vie et que nous lui soyons configurés. Dès lors, la foi chrétienne affirme ceci et je vous l’annonce ce matin :

En Jésus Christ, depuis sa Résurrection, la mort est terrassée : elle a reçu un coup fatal dont elle ne se relèvera pas. Même si elle n’est pas totalement éradiquée à la manière d’une épidémie, la mort comme instinct vicieux, comme fascination peccamineuse, la mort comme « culture » comme disait Jean-Paul II est touchée et elle ne s’en remettra pas.

Beaucoup d’entre nous sont ici des baptisés ; trois adultes ont reçu hier soir ici le baptême et il en a été ainsi pour plus de 3600 adultes hier soir partout en France. Qu’est-ce que le fait d’être baptisé signifie pour nous ? C’est bien le jour de nous poser la question puisque Pâques est le moment de l’année où il nous est demandé de renouveler notre profession de foi baptismale : Crois-tu en Dieu notre Père et notre créateur ? Crois-tu en Jésus Christ notre Sauveur ? Crois-tu en l’Esprit Saint consolateur et sanctificateur ? Crois-tu que l’Eglise catholique est ta mère qui t’apprend cela, t’éduque et te nourrit par la prière et les sacrements qui te sont vitaux faute de quoi tu te dessècheras !

Mais, frères et sœurs, comment entendons-nous ces paroles de Saint Paul : «  Vous êtes ressuscités avec le Christ. » (Colossiens 3,1) En effet, par le baptême, nous avons été, de manière initiatique, ensevelis avec le Christ et nous sommes ressuscités avec Lui. Le chemin pascal du Christ nous est offert pour nous inspirer tant il est vrai qu’il serait étrange que le Christ ne nous formât pas quand nous acceptons de nous laisser formater par une culture bien mortifère à force d’être politiquement correcte et qui nous éloigne du dynamisme de Pâques. Laissons-nous plutôt transformer par le Christ :

  • Son service de l’homme (Il n’a pas cessé partout où « il passait de faire le bien ») (cf. Actes 10) ;
  • Sa passion et sa mort comme puissant don de lui-même, sacrifice offert de sa vie pour nous sortir de l’esclavage du péché ;
  • Son ensevelissement qui lui permet encore de rejoindre tous ses frères humains mais aussi d’aller, comme Fils de Dieu, chercher au royaume des morts (les enfers) tous ceux qui gisent dans l’ombre de la mort.

Laissons-nous guider par le Fils de Dieu dans le cœur à cœur que nous pouvons entretenir avec Lui : Depuis combien de temps ne nous Lui avons-nous pas parlé ?

Depuis combien de temps nous sommes-nous entretenus avec Lui dans le secret de la prière et de la contemplation ?

Depuis combien de temps nous sommes-nous confessés pour recevoir le pardon et la paix toujours actuels, vivants, régénérant du Seigneur ?

Depuis combien de temps avons-nous communié avec ferveur au Christ qui accepte de venir en nous comme une nourriture autrement plus énergisante que toutes ces boissons frelatées que l’on nous vante ?

Savez-vous, frères et sœurs que le Christ a rendez-vous avec nous ce matin comme Il a rejoint ses apôtres timorés, trouillards, pleutres qui l’abandonnèrent au plus fort de la tourmente. Après sa résurrection, Il les a revus lorsqu’Il s’est montré à eux et cela les a définitivement mis en marche.

Je ne doute pas qu’aujourd’hui avant notre repas de famille et pour le justifier en somme –sinon la fête de Pâques serait vidée de tout contenu et ramenée à une occasion supplémentaire de manger du chocolat-, Il ait rendez-vous avec chacun et chacune d’entre nous précisément pour nous réveiller et nous relancer.

C’est important de ne pas rater ce rendez-vous que la liturgie de Pâques nous offre. Vous vous êtes déplacés nombreux contredisant les statistiques tellement prisées par les médias qui veulent cantonner la foi chrétienne et l’Eglise au rang du folklore ou au mieux du patrimoine (les vieilles pierres et les concerts de musique sacrée)

Acceptez donc ce rendez-vous d’amour avec le Ressuscité ! Puisez à la source l’énergie vitale de Celui qui dans un « duel prodigieux » a vaincu la mort. Renouvelez-Lui votre foi qui fait naître l’espérance chevillée au corps et l’amour de charité véritable.

Bref, soyons heureux de connaître le Christ et le Seigneur, le seul qui puisse fonder notre joie, la renouveler sans cesse et nous conduire.

Je conclus avec quelques mots empruntés à Saint Grégoire de Nysse, l’un des maîtres spirituels du christianisme oriental (4ème siècle). Il me semble qu’il nous indique un bel horizon ou plutôt un sommet à rechercher une fois que l’on a puisé à la source. Je vous souhaite de grand cœur cette belle trajectoire spirituelle. Sachez que les prêtres sont toujours disponibles pour vous aider à vivre une telle ascension :

« Celui qui s’élève ne s’arrête jamais d’aller de commencement en commencement, et le commencement de biens toujours plus grands n’a jamais de fin. Jamais celui qui monte n’arrête son désir à ce qu’il connaît déjà ; mais s’élevant successivement par un autre désir à nouveau plus grand, à un autre supérieur encore, l’âme poursuit sa route vers l’infini à travers des ascensions toujours plus hautes. »

Père Stéphane AULARD

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