Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      Toussaint 2009 - Homélie du Père Stéphane Aulard

Toussaint 2009 - Homélie du Père Stéphane Aulard

Fête de la Toussaint

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  • 1er novembre 2009

Depuis plusieurs jours, frères et sœurs, en préparant cette homélie de Toussaint, une image m’habite, une réflexion suite à des rencontres avec des chrétiens protestants et un passage de Saint Paul que l’Eglise nous a invité à davantage découvrir depuis plus d’une année

L’image
 : il s’agit d’un tableau conservé à Florence et représentant la scène du Jugement dernier de Fra Angelico (XVème siècle). En cherchant à évoquer la « béatitude »(beatus veut dire heureux en latin et nous venons d’entendre l’évangile des Béatitudes en Matthieu 5, 1-12) Fra Angelico peint comme un cortège joyeux et dansant des bienheureux, rassemblés en Dieu pour la célébration de son Nom qui est saint dans le Ciel qui nous est promis- « Notre Père qui es aux cieux, que ton Nom soit sanctifié » (Matthieu 6,9-13).

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Bien des passages de l’Ancien Testament déjà évoquent pareille fête éternelle. Je songe au fameux passage d’Isaïe 25 (« Le Seigneur prépare pour tous les peuples un festin sur sa montagne...Exultons, réjouissons-nous du salut qu’Il nous a donné. » (Isaïe 25,6.9) ou encore à ce verset superbe du Psaume 16(15) : « Tu m’apprendras le chemin de vie, devant Ta face, plénitude de joie, à ta droite, délices éternelles. » (verset 11).

On pourrait multiplier les exemples qui évoquent un au-delà de notre vie terrestre, un état plus qu’un lieu de rencontre entre les créatures de Dieu que nous sommes et leur Seigneur. Le Paradis où prennent place les rachetés porteurs de tuniques blanches. « Ils viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l’Agneau. » (Apocalypse 7,2...14) selon les images très fortes de l’Apocalypse qui cherche à lever le voile (c’est le sens du mot « apocalypse ») sur la rencontre ultime où les saints entrent en communion parfaite avec Dieu en Jésus Christ. La fresque de notre église représentant le Christ entouré des vivants et des saints s’essaye précisément à rendre compte de cette vision de l’Apocalypse.

La réflexion  : j’ai souvent l’occasion de parler avec des chrétiens protestants de tendances diverses (luthériens, réformés ou évangéliques). Ils ne célèbrent ni la Toussaint ni le jour des défunts car ils estiment que nous ne pouvons appuyer notre foi que sur la seule Ecriture Sainte (la Bible) et le seul Jésus Christ. Cela doit nous faire réfléchir. Pourtant, nous catholiques, comme les chrétiens orthodoxes, avons toujours estimé que les saints et saintes sont comme des icônes de Jésus Christ, c’est-à-dire des modèles imitables, qui disent d’une certaine manière l’actualité du Christ et de son Evangile au cours des siècles dans tous les domaines de la vie que le Christ lui-même a connus : le témoignage de la foi jusque dans la persécution, jusqu’au don de la vie, jusqu’au martyre. Le combat pour la vie dans la charité toujours inventive qu’il s’agisse de l’enseignement, de la santé ou de l’attention aux démunis de toutes sortes.

Rien qu’en évoquant tout cela, vous pouvez voir défiler devant vous plus d’une figure de saints : Saint Hilaire, confesseur de la foi précisément persécuté et grand docteur (théologien) de la foi, après les apôtres. Ce sont les saints martyrs qui ont planté la foi dans notre pays (en 177 à Lyon avec Saint Pothin et sainte Blandine), mais aussi en Afrique (les martyrs de l’Ouganda), en Asie (les martyrs du Vietnam, de Corée ou de Chine et tant d’autres), en Amérique et en Océanie.

Le 11 octobre, le Pape a canonisé, c’est-à-dire nous a donné en exemple et non pas « en idoles » qui pourraient prétendre remplacer le Christ, cinq nouveaux saints parmi lesquels Jeanne Jugan, française, qui au XIXème siècle a démarré l’œuvre des Petites sœurs des pauvres proches des personnes âgées et seules. Le même jour il a aussi canonisé un belge le Père Damien de Veuster qui a passé sa vie dans les îles du Pacifique auprès des lépreux au point de le devenir lui-même ! Nos amis luthériens ne s’y trompent pas eux qui n’ont pas de culte des saints donnent pourtant souvent le nom d’un saint martyr à leurs lieux de culte C’est ainsi qu’il y a au Perreux-sur-Marne une église (et non un temple) luthérienne appelée Saint Etienne (le premier martyr).

Tous nos saints des premiers siècles même après la première période apostolique sont des martyrs en ce sens qu’ils ont porté un témoignage explicite à la foi et qu’ils ont tous donné leur vie comme le Christ. Notre culte des saints ne devrait-il pas toujours être, comme dans la litanie des saints, rappel et union avec les saints comme autant de frères et sœurs aînés ? La communion des saints que nous affirmons dans la profession de foi (le credo) n’est rien d’autre en effet que la communion entre l’Eglise terrestre à la peine et en situation de témoignage et l’Eglise du ciel entrée dans la gloire du Christ.

Un passage de Saint Paul  : pour ne pas oublier Saint Paul et pour mieux entrer dans la compréhension de l’année sacerdotale que nous recommande le Pape Benoît XVI. J’aimerais vous lire un verset fameux et sans doute essentiel de la lettre aux Romains (Romains 12,1) : «  Je vous exhorte donc, frères, par la miséricorde de Dieu, à offrir vos personnes en hostie (victime) vivante, sainte, agréable à Dieu : c’est là le culte spirituel que vous avez à rendre. » Benoît XVI a commenté très finement ce texte lors de ses catéchèses (le 7 janvier 2009) en montrant que la vie chrétienne est un culte rendu à Dieu. Frères et sœurs,les chrétiens ne peuvent pas considérer leur mariage, leur engagement professionnel, leur militance dans une association ou tout autre lieu social, leur engagement dans l’Eglise et cela va sans dire, leur vie religieuse ou sacerdotale, autrement que comme notre manière de répondre à la donation du Christ au monde par notre propre donation à Dieu dans ce monde. C’est cela notre culte saint, vivant et agréable à Dieu.

Le Pape précise que pour autant notre culte dans l’Esprit Saint véritable et apprécié de Dieu n’est pas du pur moralisme, mais une adhésion à la personne de Jésus Christ découverte, accueillie, priée, aimée par chacun d’entre nous. Notre culte dans toutes les dimensions de notre vie et pas seulement à l’église le dimanche est saint s’il se nourrit précisément de Jésus Christ découvert dans son Evangile, inscrit en nous par le baptême, accueilli dans l’eucharistie et la pénitence même si nous y résistons. S’il y a un service que les prêtres de Jésus Christ peuvent vous rendre à vous, frères et sœurs du peuple saint en chemin, c’est de faire retentir sans cesse jusqu’à vous la Parole du Seigneur pour que nous recentrions tous nos vies sur Lui. C’est aussi au milieu de vous vous inviter à unir vos vies à celle de Jésus Christ dans l’offrande eucharistique que nous présentons en votre nom à l’autel.

Que la célébration de la Toussaint ravive donc en nous le désir de ressembler toujours davantage au Christ entièrement tourné vers son Père et entièrement tourné vers ses frères. Les saints et saintes de Dieu chantent la louange de Dieu, célèbrent sa grandeur à jamais parce qu’ils ont déjà ici servi dans la pauvreté du cœur (cf. Matthieu 5,3) le Nom de Dieu parmi leurs frères. C’est pourquoi nous les aimons et ne les oublions pas. C’est pourquoi dans la communion des saints nous n’hésitons pas à leur demander de prier pour nous le Seigneur.

Sainte Marie, Mère de Dieu et vous saints et saintes de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs !

Père Stéphane AULARD



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