Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      Tout le portrait de son Père !

Tout le portrait de son Père !


LE BAPTÊME DU SEIGNEUR
12 janvier 2014

Le baptême du Seigneur : quel beau titre pour une belle fête !

Beauté, profondeur, début du ministère de Jésus vont bien ensemble. Me vient à l’esprit ce texte de Charles Péguy :

« Le premier jour est le plus beau jour. Le premier jour est peut-être le seul beau jour. Et le baptême est le sacrement du premier jour. Et le baptême est tout ce qu’il y a de beau et de grand. » (Dans, Le porche du mystère de la deuxième vertu) Et ce commencement de l’action apostolique de Jésus consécutif à son baptême exprime le cœur de son être, de son mystère :

« Dieu l’a consacré par l’Esprit Saint et rempli de sa force. Là où Il passait Il faisait le bien, et Il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon. Car Dieu était avec Lui. » (Actes 10,38)

La liturgie restaurée du Concile Vatican II nous permet d’entendre les différents récits ou évocations du baptême de Jésus dans les évangiles et cette année, c’est Saint Matthieu le narrateur. Les deux autres lectures : le passage d’Isaïe et l’extrait des Actes des Apôtres non seulement précèdent et annoncent l’Evangile, mais aussi détaillent les traits du portrait de Jésus.

1- Ainsi, le passage d’Isaïe, extrait des fameux chants du Serviteur (chapitre 42), nous apprend que ce Serviteur est un personnage singulier : en effet le Seigneur s’adresse à lui et le tutoie tout en lui confiant une mission précise : Il sera l’alliance entre Dieu et son peuple ; il est la « lumière des nations » (‘lumen gentium’ est cette expression que le Concile a reprise et qui sert de titre au grand texte consacré à l’Eglise qui poursuit le Christ comme son corps). Il est celui qui guérit et libère les personnes blessées de son peuple. Voilà assurément le portrait d’un grand homme.

Le passage des Actes des apôtres (la prédication de Pierre chez un centurion romain converti du paganisme et agréé par Dieu en Actes 10) précise qui est ce serviteur annoncé de manière prophétique par Isaïe : Il s’agit de Jésus de Nazareth consacré par Dieu lors de son baptême où Il reçoit l’Esprit Saint.

Or, Jésus accueille tout le monde, ne fait exception de personne : il fait le bien partout où Il passe et guérit ceux qui sont sous le pouvoir du démon. Il guérit donc de maladies bien plus graves encore que nos maladies qui minent pourtant notre santé corporelle. Il libère du mal.

D’où lui vient tout cela : de ce qu’Il est « tout le portrait de son Père. » Vous vous souvenez de ce verset de Saint Jean : « Qui m’a vu a vu le Père. »(Jean 14,9) C’est Jésus qui s’exprime ainsi. Lui qui est l’image de son Père, son icône –Vous comprenez au passage pourquoi nous pouvons représenter Jésus en peinture, en icône-. Parce que Jésus nous montre le Père. Il est le visage, la main, la bouche du Père.

Dieu n’est pas une idée lointaine, une sorte de force tellurique ou céleste. Dieu n’est pas davantage une idée, un « corpus d’idées. » Dieu est quelqu’un et en Jésus nous avons tout le portrait du Père en qui réside le Bien et qui nous aide à combattre toute forme de mal.

2- Le Nouveau Testament, les Evangiles singulièrement, nous invitent à approfondir la scène du baptême du Seigneur non pas seulement comme si nous faisions un arrêt au cours de notre voyage en Terre Sainte au bord du Jourdain là où Jésus fut baptisé, ou encore un pèlerinage sur les lieux des baptêmes familiaux où nous pourrions dire : « C’est là que ma grand-mère ou que moi-même j’ai été baptisé en 1920 ou en 2005 ! »

L’Evangile nous dit qu’à son baptême Jésus -qui est entièrement du côté de son Père comme Fils- nous a été donné comme frère.

Je ne sais pas si vous y avez déjà réfléchi, mais nous disons souvent que lors de son baptême Jésus a reçu l’Esprit Saint (C’est d’ailleurs les mots de l’Evangile selon Saint Matthieu : « Il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur Lui… ») N’est-ce pas étrange cette formulation : comme si Jésus n’avait pas l’Esprit Saint avec Lui qui a été conçu du Saint Esprit et qui est Seigneur dans la communion parfaite des personnes divines de la Trinité : un seul Dieu en trois personnes, Père, Fils et Saint Esprit ?

Jésus voit l’Esprit Saint descendre -et tout le monde avec lui -comme une colombe pleine de douceur, pour que cela soit manifesté , pour que la douceur prenne le pas sur tout le reste. Pour que tous les fruits de l’Esprit Saint soient manifestés comme des promesses à tous ceux qui suivront Jésus « doux et humble de cœur. » (cf. Matthieu 11,29)

3- Voyez-vous frères et sœurs, nous vivons dans un monde de brutes épaisses et nous risquons de devenir des bêtes, avant de devenir bêtes ! L’actualité française nous en donne des exemples patents ces derniers jours.

Etre baptisé, ce n’est pas faire chorus avec cela.
Etre baptisé d’après la Parole de Dieu de ce jour, c’est accepter de se faire instruire par Dieu et non par la bêtise.
Etre baptisé, c’est être doux comme des colombes et rusés comme des serpents. C’est ne pas écraser l’autre par esprit de vengeance ou pour jouer des gros bras.
Etre baptisé, c’est fondamentalement vouloir faire le bien et essayer de passer notre vie à cela en élevant nos enfants sérieusement, en servant les autres, en restant honnêtes.

C’est aussi dire plusieurs fois par jour dans la prière : « Ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre nous du mal », parce que nous découvrons que nous avons besoin de notre Dieu pour lutter contre le mal.

Etre baptisé, enfin et peut-être d’abord, c’est entendre la voix douce du Seigneur continuer de résonner depuis le jour de notre baptême et nous dire comme à Jésus le Fils : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en Lui j’ai mis tout mon amour. » A notre baptême, le Seigneur nous a dit : «  Ecoute, regarde Jésus, attache-toi à mon Fils bien-aimé. »Et si, au cours de cette messe du Baptême du Seigneur, nous disions à voix basse ou du fond de notre cœur au Seigneur après la communion :

«  O Père, je suis ton enfant à la suite de ton Fils Jésus. il y a plus ou moins longtemps que je te connais… Jamais je ne t’oublierai. Donne-moi, je t’en prie, de passer ma vie à choisir et essayer de faire le bien comme Lui.  »

Amen.


Père Stéphane AULARD

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