Paroisse Notre-Dame du Rosaire, Saint-Maur des Fossés
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      Vivre le deuil à la lumière du Christ

Vivre le deuil à la lumière du Christ


HOMELIE POUR LE JOUR DES DEFUNTS
(2 NOVEMBRE 2011)

1- Frères et sœurs, au lendemain de la célébration de la Toussaint, nous nous rassemblons et prions pour nos défunts, ceux dont on a célébré au cours des douze derniers mois les obsèques dans cette église ou dans une autre. Nos défunts sont présents à notre esprit, notre mémoire. Certains peut-être parmi nous sont encore dans le moment du deuil consécutif à cette séparation que nous vivons plusieurs fois au cours de notre vie, mais à laquelle nous ne nous pouvons évidemment pas nous habituer.

Cette séparation, cette coupure est en effet une rude épreuve quand on perd son conjoint, lorsqu’un enfant disparaît prématurément, quand un accident violent se produit, quand quelqu’un se suicide... A chaque fois, même quand la personne que nous aimons est très âgée et comme comblée d’années, elle faisait partie de notre quotidien : nous étions bien ensemble et voilà que cette mort nous afflige.

Je viens de vous rapporter à la fois mon expérience. C’est la même que la vôtre. Prêtres, comme vous nous sommes atteints par cette loi de la vie qui conduit à la mort. Me revient à l’esprit cette parole de Montaigne : «  Vivre, c’est apprendre à mourir. » Il y a là comme un propos de sagesse chez un homme qui a vécu au 16ème siècle dans un univers bien différent du nôtre parce que la mort était plus quotidienne du fait de la précarité des soins que l’on pouvait alors dispenser aux malades, du fait d’épidémies mortelles fréquentes, de guerres dont les gens de ma génération n’ont pas idée.

Aujourd’hui, nous nous sommes habitués à repousser la mort hors de notre horizon comme s’il s’agissait d’une faute de parcours. Comme nos cimetières toujours plus éloignés de nos villes transformés en jardins paysagers et quelquefois peu visités.

En cette journée de commémoration des fidèles défunts, nous avons peut-être pris le temps d’aller nous recueillir sur nos tombes familiales. Nous l’avons peut-être fait hier ou le ferons prochainement. Notre mémoire est alors sollicitée et les souvenirs défilent. Les questions que nous portons restent ouvertes.

J’ai choisi de vous faire entendre deux passages du Nouveau Testament que j’aimerais maintenant vous commenter en espérant que cela puisse à la fois vous apaiser et faire grandir votre foi et votre espérance car après tout n’est-ce pas ce que nous venons chercher dans une église ?


2- D’abord un passage de l’Evangile selon Saint Marc (15,33-39 ; 16, 1-6) :

Ce passage d’Evangile rapporte la mort de Jésus et l’annonce de sa résurrection.

Il me semble qu’un pareil texte est spirituellement riche pour nous. En effet, si les affres de la mort peuvent nous tenailler, si les derniers moments ont pu être éprouvants pour nous, les deux paroles prononcées par Jésus et par le centurion sont à tenir ensemble : « Mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné  ? » et « Vraiment cet homme était le fils de Dieu ».

« Mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné  ? »

J’entends souvent, en rencontrant des familles pour préparer la célébration des funérailles, des personnes meurtries, ayant le sentiment d’avoir été abandonnées par Dieu, seules en face d’elles-mêmes pour affronter la mort. Jésus, aussi étonnant que cela puisse paraître a emprunté à un psaume (Psaume 21/22) ce verset : « Mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? » (verset 2) Il nous rejoint dans nos peurs, dans nos doutes. Il est avec nous. Cette solitude, ce que nous ressentons comme un abandon parfois, il l’a habitée de sa présence.

C’est pourquoi il nous faut être présent aux souffrants, aux malades, aux personnes âgées, aux mourants. Dans les maisons de retraite, les hôpitaux et cliniques, dans nos immeubles..., soyons présents les uns aux autres afin que ce sentiment rude d’être abandonné puisse se transformer en autre chose : le véritable abandon. «  Mon Dieu, je m’abandonne à Toi. Tu n’es pas loin dans l’humanité de ceux qui m’entourent.  »

J’ai ressenti encore cela il y a quelque temps en allant visiter une personne qui est morte deux jours après : une fille et une amie étaient présentes à ses côtés dans sa chambre. J’ai parlé normalement à celle qui semblait endormie. Je lui ai serré la main. Nous avons dit ensemble avec ses proches les prières familières qu’elle avait dites toute sa vie. Je lui ai imposé les mains pour lui exprimer cette présence du Seigneur à ses côtés et jusqu’en elle. J’ai fait l’onction d’huile des malades sur son front et ses mains. J’ai eu en retour un sourire, des yeux qui se sont entrouverts et un sentiment de paix suivi d’une profonde communion avec celles qui étaient là.

« Vraiment, cet homme était le fils de Dieu. »

C’est le cri du centurion au moment de la mort de Jésus. Cri de foi. Frères et sœurs, nous sommes les enfants de Dieu. Du Dieu amour. Les signes du baptême nous l’ont attesté : « Bien-aimés, nous sommes enfants de Dieu  » dit Saint Jean (1 Jean 3,1).

Que notre foi soit confiance en Dieu notre Père qui ne rejette pas ses enfants puisqu’au contraire Il veut les rassembler. Qu’au moment de la mort des nôtres, nous ayons la simplicité dans un grand mouvement de confiance de remettre à Dieu notre Père l’un de ses enfants. C’est là ce que nous pouvons nous souhaiter les uns les autres.

C’est ce que nous pouvons dire souvent au Seigneur en prononçant par exemple le prénom familier de l’être aimé. Quelque chose comme : « Accueille en ta présence, en ta lumière, ô Père Saint, celui, celle que j’ai aimé (e). Il (elle) est ton fils, ta fille. Tu n’es pas un Père monstrueux. Tu n’abandonnes aucun de tes enfants. Et si le péché, si, la faiblesse ont pu l’atteindre, purifie son âme pour qu’elle puisse s’unir à toi le foyer d’amour, le volcan d’amour dont nous sommes aussi le reflet à nos plus belles heures.  »

Dans l’annonce de la résurrection de Jésus au matin de Pâques, j’aime tout particulièrement ces paroles de l’ange : «  Vous cherchez Jésus, le Crucifié. Il est ressuscité. Il n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait été déposé. » Pensons-y lorsque nous allons visiter les tombes de ceux qui nous précèdent. Lorsque nous allons nous recuillir devant la case qui contient l’urne cinéraire de notre parent ou dans un jardin du souvenir.

Nous avons besoin de ces lieux de mémoire et pourtant, nous pressentons en y allant que cette tombe familiale, ce lieu ne saurait nous dire la fin d’an parcours. Il (elle) est au-delà de cet espace clos. Son âme s’en est allée. Son être est promis à la résurrection à la fin des temps. Cette résurrection générale à la fin des temps scellera, nous l’espérons de toutes nos forces, la communion entre tous les êtres dans l’amour du Dieu vivant.

Prions pour notre parent en attendant. Prions avec lui, pour lui. Parlons-lui peut-être sans oublier de nous adresser aussi à Dieu. Offrons des messes et participons-y puisque chaque messe est un instant où l’amour de Dieu manifesté en Jésus s’offre à nous.


3- J’en viens au passage de Saint Paul aux Romains (14,7-12) :

Je vous l’ai fait entendre pour qu’il sollicite notre foi au Christ. Que le Seigneur soit notre compagnon de route dans tous les instants de notre vie. Quand nous sommes malheureux, endeuillés, souffrants bien sûr, mais aussi dans la joie au moment des naissances, lorsque nous aimons, lorsque nous réalisons des projets, dans notre quotidien fait de rencontres. Soyons familiers de Jésus Christ que nous pouvons rencontrer chaque jour dans les détails de notre vie.

Je citais hier les propos de Sainte Bernadette Soubirous qui a dit : « J’aime tout ce qui est petit. » Je crois de plus en plus que c’est là dans l’intime, le beau, le simple que réside le Seigneur qui dit la qualité d’un être. Allons jusque là pour mieux rencontrer les autres et le Seigneur. La transcendance réside sans doute dans l’ordinaire bien souvent transfiguré quand nous y consentons.

« Tous nous comparaîtrons devant le tribunal de Dieu. », dit Saint Paul. N’en ayons pas peur puisque pour une fois il y aura de l’égalité entre tous ! Et puis ce tribunal s’apparente plus à un espace liturgique qu’à un prétoire puisque nous aurons tous la parole pour acclamer Dieu et non pour nous défendre âprement devant un Dieu supposé dur comme nous savons l’être parfois...

Oui, chacun devra rendre compte pour lui-même..., au lieu de juger l’autre. Mais surtout n’oublions pas la parole de Saint Jean de la Croix : «  Au soir de notre vie nous serons jugés sur l’amour. » Connaissez-vous beaucoup de juges préoccupés de récolter les élans d’amour, les gestes de charité ? Voilà notre Dieu : Il est amour. Il ne nous veut que préoccupés de cela. Il veut que nos amours rejoignent son amour dans un volcan dont nous n’avons pas idée ! Essayons en ce jour de faire le pas de la foi pour y consentir. Amen.

Père Stéphane AULARD

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